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Full text of "Leçons de logique [microforme]"

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Microfiche 
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(Monographs) 



ICMH 

Collection de 
microfiches 
(monographies) 



liai 

Ct.nadlan Institut* for Hittorlcal Microraproductiont / Institut canadisn d* microraproductions historiquas 






Technical and Bibliographie Notes / Notes technique et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the tiest original 
copy available for filming. Features of this copy which 
may be bibliographically unique, which may alter any of 
the images in the reproduction, or which may 
significantly change the usual method of filming are 
checlœd below. 







CdouiBd covers / 
Couverture de couleur 



I I Covers damaged / 

' — ' Couverture endommagée 

I I Covers restored and/or laminated/ 
' — ' Couverture restaurée et/ou pelllculée 

I I Covertitlemissing/ Le litre de couverture manque 

I I Colouredmaps/ Cartes géographiques en couleur 

I I ColourBdlnl((i.e. otherthanljlueorblack)/ 

Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

I I Coloured plates and/or illustrations / 
Planches et/ou illustrations en couleur 

I I Bound ïKith other matériel / 

Relié avec d'autres documents 

I I Only édition availat>le / 
' — ' Seule édition disponible 

I I Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior margin / La reliure serrée peut 
causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 
la marge intérieure. 

I I BlankleavesaddedduringrastOfationsmayappear 
withln the text. Whenever possiUe, thèse hâve 
been omitted from Nming / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, lorsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas été Wmées. 



L'Institut a niicrofilmé le meilleur exemplaire qu'il lui a 
été possible de se pnDcurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent nnodifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode normale de filmage sont indiqués ci-dessous. 

I I Coloured pages /Pages de couleur 

I I Pages damaged /Pages endommagées 

I I Pages restored and/or laminated/ 
— ' Pages restaurées et/ou pelliculées 

FTl Pages discoloured, stained or foxed / 
' — ' Pages décolorées, tachetées ou piquées 

I [ Pages detached/ Pages détachées 

1/1 Showthrough/ Transparence 

I I Quality of print varies / 

' — ' Qualité inégale de l'impression 

I I Includes supplementary rraterial / 
— Comprend du matériel suppiéme,':!aire 

I I Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou partiellement obscurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc., ont été filmées 
à nouveau de façon à obtenir la meilleure 
Image possible. 

I I Opposing pages with varying colouration or 
— ' discolourations are filmed twice to ensure the 
best possible image / Les pages s'opposant 
ayant des colorations variables ou des décol- 
orations sont filmées deux fois afin d'obtenir la 
meilleur image possible. 



1^ Addttionalcamments/ 

'— -' Commentaires supplémentaires: Il y a des pifs dans le aillm des pages. 



Thi« item is lilmad at th* rtduetion ratio dncfced below/ 

Ce dociim a n t ast filmé au taux de réduction indtqui et-dettous. 

lOX 14X lax 



22X 



26X 



y 



12X 



24X 



28X 



32X 



Th* copy (llmtd h«r* hu bMn r*preduead ihanki 
to th* ganarotity of : 

National Llbrary uf Can&da 



L'axamplaira filmé (ut rtproduil grica i la 
générosité da: 

Blbllothiqua nationala du Canada 



Tha imagai appaaring hara ara tha bait quality 
poaaibla conaidaring tha condition and lagibility 
o( tha original copy and in kaaping with Ih* 
filming contract apacificatiena. 



Original copiai in printad papar covara ara (llmad 
baginning with tha front covar and anding on 
tha lasi paga with a printad or illuatratad impraa- 
«ion. or tha back covar whan appropriata. AU 
othar original eopiaa ara filmad baginning on tha 
firit paga with a printad or Illuatratad impraa- 
aion, and anding on tha last paga with a printad 
or illuatratad impraaaion. 



Tha last racordad frama on aach inicroficha 
shall contain tha symbol — » Imaaning "CON- 
TINUEO"). or tha symbol ▼ Imaaning "£N0"), 
whichaver appliaa. 

Maps. platas, charts. atc, may ba filmad at 
diffarant raduction ratios. Thoso too larga to ba 
antiraiy includad in ona auposura ara filmad 
baginning in tha uppar laft hand cornar. laft to 
right and top to bonom. aa many framas as 
raquirad. Tha following diagrams illuatrata tha 
mathed: 



Las imagas suivantas ont été raproduitas avac la 
p<us grand soin, compta tanu da la condition at 
da la nattaté da l'axamplaira filmé, at »n 
conformité avac laa conditions du contrat da 
filmaga. 

Laa axamplairaa originaux dont la couvsrtura »n 
papiar ast Impriméa sont filmés an commençant 
par la pramiar plat at an terminant soit par ta 
(larniéra paga qui comporta una smprainta 
d'imprasaion ou d'illustration, soit par la sacond 
plat, salon la oaa. Tous las autras axamplairas 
originaux sont filmés an commançant par la 
pramiéra paga qui comporta una amprainta 
d'impraaaion ou d'illuatration at an terminant par 
la darniér* paga qui comporta una talla 
amprainta. 

Un das symboles suivants apparaîtra sur la 
dernière imege de chèque microfiche, selon le 
caa: la symbole — » signifie "A SUIVRE", le 
symbole ▼ signifia "FIN*. 

Les cartes, planchas, tableaux, etc.. peuvent étire 
filmés é des uux de réduction différents. 
Lorsque le document est trop grand pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé à partir 
da l'engle supérieur gauche, de gauche é droite. 
et da haut an bas, an prenant la nombre 
d'imagea néceaaaire. Les disgremmes suivants 
illuatrent le méthode. 



1 2 3 




1 


2 


3 


4 


5 


6 





tuaocory «isoiution ibi chait 

(ANSI and ISO TEST CHART No. 2) 




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^^ 1653 Eoït Main SIreal 

^^ Rocho»t«f. N«w York 14609 uSA 

iS (716) 482 - 0300 - Phone 

^= (716) 288- 5989 -Fo« 




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^ 



LEÇONS DE LOGIQUE 



DU MKME AUTEUR 



Histoire de la Philosophie, in-12, 417 page». . . »0.78 

Leçons de Psychologie, in-12, 116 pages 0.60 

Leçons de Morale, in-12, 114 pages 0.60 



*Mà ARTIIt'M RUDBRT 

noriMin M niuHnii « i.'DinTn«T* Lt?» 

qutBEC. 



LEÇONS 



l)K 



LOGIQUE 



DtVXitlIL MOmOM 



Crf outrage a M nfpnuii par le Comité Calholùi lu Coiueil i* 

einetruetion Publique, le 13 leptembre 191i, fou: • (iitee du 

coure académique itee Êcolee Normale» et lee candidat» 

au brevet académique du Bureau d'examinateur». 



^ 



QUÉBEC 

Imp, de l'AcTtoH SociAUi LiHRic 

103, rue Sainta-Anne, 103 

19 IS 



Ri 
■\ 9/5 



Permis d'imprimer, 

Fbs Pelletier, ptre, 

Sup. Sém., Québec. 



NihU ohstat. 



A.-A. Paquet, pter, 

Censor Designatus 



Imprimatur, 



t L.-N. Cabd. Béoin, 

Arch. de Québec. 



Droits réservés, Canada, 1914 



880741 



AVANT-PROPOS 



Ce» Leçons de Logique, noua tenons à le déclarer, 
ne s'adressent pas aux étudiants en philosophie dans les 
séminaires et les collèges classiques. Au reste, nos mai- 
sons d'enseignement secondaire possèdent déjà l'excellent 
manuel du regretté abbé Lortie, écrit en latin, formant 
trois volumes et rédigé d'après le programme du bacca- 
lauréat de l'Université Laval. 

Le petit volume que nous présentons au public a sur- 
tout pour but de mettre la philosophie aristotélicienne et 
thomiste à la portée des élèves des cours académiques des 
Ecoles Normales et des couvents, et aussi, de la classe 
instruite en général. 

Les manuels de philosophie en français ne manquent 
■pas. Mais la plupart — pour ne pas dire tous — ne 
répondent pas au programme de notre enseignement pri- 
maire. Les uns, trop volumineux, les autres, moins con- 
sidérables — à part de nobles exceptions — ne sont pas 
toujours conformes aux immortels principes de la philo- 
sophie scolastique si souvent recommandée par les papes. 

Sans avoir la prétention de combler une lacune, notre 
travail, nous l'espérons, sera de nature à rendre quelques 
services aux instituteurs et institutrices, religieux ou 
laïques, qui se dévouent avec tant d'intelligence et de 
savoir-faire à l'éducation de la jeunesse. 

Est-U besoin de dire que ces Leçons exposent dans 
un ordre peu différent la matière qui fait l'objet de tous 
les manuels de philosophie scolastique. Notre seul 



VI 



LBÇON8 DE LOGIQUE 



mérite est d'avoir condensé, réaumé U w, ; ■ 
possibU la doctrine n», r ^'"* '^"'"ment 

dee auteur». '"' '"" '"''"'"'"''« «*« '« plupart 

mai, des chapithes se,Jl«^\ ^ ^ "* <« abticles, 

W^* op,«,rt«r • * '*««?«'»««<» î«. no«, avons 

Nous n'avons qu'une seule ambition- ,.',./ J 
p/«* connue et mieux apvréciée In^rïT ' î ^^ "''"' 
telle, la seule vrai. Zf- P'''^'<'pf^^ tradition- 



A. R. 



LEÇONS DE LOGIQUE 



INTRODUCTION 



1. Définition de la philosophie. — La phiiosophie 
est la science de toutes choses par leurs causes ultimes. 

La philosophie est une tcience. Le propre de la science est de 
chercher les eautei des choses, d'en étudier les prineipet intrin- 
tèqitet et d'en découvrir les firu. La simple connaissance, au con- 
traire, est tuptrficielle, elle ne s'arrête qu'à la conttaiation des faits 
aans eu dire le pourquoi. Aussi bien est-elle le partage de tout le 
monde, tandis que la science est le privilège du petit nombre. A 
tout il est possible d'obterver une éclipse de soleil, mais peu en ont 
la tnence. La philosophie réalise admirablement ces conditions. 
Les vérités qu'elle enseigne, elle ne se contente pas seulement de 
les énoncer, mais elle les démontre, elle en donne le pourquoi, les 
cautea. 

Science acquise par les teulei lumiirea de la raiton, la philosophie 
se distingue de la théologie qui a pour fondement les vlritéi de la foi. 

La philosophie — contrairement aux autres sciences — ne s'oc- 
cupe pas seulement d'une classe d'êtres en particulier ou d'une 
•eule chose ; elle embrasse Vuniverealitt det Itret, l'eiuembU du 
tkoeee pour en trouver les causes. 

Et ces causes qu'elle cherche, ce sont les causes uUimei et dernièrei. 
Les autres sciences s'arrêtent aux raisons prochainet et immédiatet, 
la philosophie remonte aux premiers principes, aux raiwns les plut 
timple* et les piuê généralet. 

2. Objet de la philosophie.— L'objet d'une science 
est matériel et formel. Comme son nom l'inaique, 
l'objet matériel est ce qui fait la matière des recherches 



2 

MÇ0N8 De U>0IQC11 

uUime. et demies. Ce Ïot/T.""""^" f" '*^ '"'«"' 
o^></omri. Et donc les cC! fl "' '^^^^ "'«PP»»» 
I'o6ie//ormrf de la philorphfe ' "' '''"'''" """^ 

I*. corp. .ont 1. matiire de ll^h!-'^""'''^'"»'" «'>>«>••. 
«t-di. leur ™».po«/J J41^„t'^"T,!' '" '• ''^°''' = «"-" 

vent sa grande utilité. ^ °" "Arôi^nn,, prou- 

A. Influence de la philosophie « q , • . 
«rf««. I/intelliBence et I« , , °™'^- — ' Sur Ue indi- 
nobles focultés de l>hom J "^ """' '"' '^^"'' P'"* 
(intelligence), l'autre ^rV !."°%'«°d vers le vrai 
«cience qui Vrmët 1 oh« T ^^°'°"*^)- ^t la 

d atteindre so'^o'm plu, s: '^'=''' ^'"^ ^'"="'«» 
lui est certainemenf pS aï ~ !/ P ^ '^"^unt. 
Philosophie. En donnant à r« '. l *'*• '" '^'" <*" '» 
pour bien juger et wrnrâ.-.n '^"* ''"'°"° '«" ^«ks 
montre le che.^in\':rcoXtTî;T-:r'''".^"' «"^ '- 
elle fe met en possession d.! ''^"'^' •"""• '!<' P'"». 

.urmonter les obstaTs o .'•r^''"' '^"""^'^^ "« '"' ^"''^ 
Faut-il ajouter qte gr^e àT^-r" T '" ~"*- 
gence «,quiert l^aucouo 1 P'?''°«<'Pl'ie, l'intelli- 
pas là un ^r.S ^ connaissances. N'est-ce 
un grand avantage? Aussi bien la r^i^^^l 



INTBODCCTION 



3 



des cautet premièrei est encore pour elle une excellente 
gymnastique qui lui fait contracter peu à peu l'habi- 
tude de la réflexion. Quant à la volonté, elle subit la di- 
rection de l'intelligence. Nous voulons bien ou mal sui- 
vant que nos idées sont bonnes ou mauvaises. C'est la 
philosophie qui fournit à l'intelligence les saines notions 
que l'homme fait passer dans ses actes. — «> Sur la société. 
En exerçant sa salutaire influence sur les individus, la 
philosophie ne peut manquer d'atteindre la société, 
parce que celle-ci est un tout dont les individus sont 
les parties. — Au surplus, telle vie telles mœurs,- Cet 
adage est encore plus vrai pour la société que pour 
les individus. Certes, en elles-mêmes, dans leur forme 
abstraite, les idées ne sont guère contagieuses, mais 
elles se concrétisent dans le journal, dans le livre, et 
ainsi pénètren; dans les foules qui — l'expérience le 
prouve — vont toujours au bout de leurs principes. 
Comme l'écrit Lamennais dans son Essai sur l'indif- 
férence, « tout sort des doctrines : les moeurs, la litté- 
rature, les constitutions, les lois, la félicité des États 
et leurs désastres, la civilisation, la barbarie et ces 
crises effrayantes qui emportent les peuples ou les 
renouvellent.» C'est pourquoi, si l'on veut comprendre 
l'histoire d'un peuple, que l'on examine bien sa phil- 
osophie. 

B. Avantages de la fbilosopbie. — • '> Pour les 
sciences. Ces avantages sont généraux et spéciaux selon 
qu'ils sont propres à toiUes les sciences ou à chacune 
d'elles, y) Avantages généraux. Les sciences supposent 
certains principes premiers, certaines notions fonda- 
mentales qui sont comme leurs bases. Ces principes, 
ces notions, c'est la philosophie qui les fournit. Tels 
sont les principes d'identité : ce qui est, est ; le principe 
de contradiction : une chose ne peut pat être et n'être 



LBÇ0N8 DE LOGIQUE 

thématiques L 1l„T ?•"""• ^' "««'>«"' ma- 
relles. lessi;";~es'er'"f' '" "■'"'"'"'' -"- 
taires de la ph losoph" c n"" '' 'T """"' *"•"- 
thématicienceqSrétenduÏT '" f"'."^'' "" """■ 
elle enseigne au ^h^ icie„l J '':"*"°!"«' '" 1"«°tité; 
cause et de loi In^éZl T '°°' ^"^ ""bstance. de 
la définition de' la Me df' "" 'T'°«"*'' ""« ''°°-'« 
elle initie le IralU ; et f!? '', '^ '"""P^'^'' = -S"' 
bien, de devoir, de iVé'etVlutr ""'= ''^'^^ ^«^ 

d'état ? A cause d. 1° • • • ^"''"•" *' * l'homme 
corps et l'àme ,a oivëhoT '"""'' •>"' '="^*«' «»*- '<» 
science médTcale Et t T' ^■"'' "" '^'=°"" ^e la 
«s traiteme^s devra êt~'r°' P°"/-- dans 
du moral sur le Xs£e eV^"* '* '"'"""^''^'^ 
exemple, il devra conn^re le lôlf/ "i"''"*'^""' ' "" 
des passions auprès du ,v.7a ' •mag.nation et 

C'est pourquÔ" Bacon .f-f"" °"^'"'^ '* ■*" ="^««"- 

corarr'îoT'/ûi^-^' ^*'""'"^^'' '■•™*- «^-t 

mécanisme des plions rrrr^r^'"*'*!"*) «» le 
vain, avant que' d^:riJ7t:°«")- t''"' ^ '•^'="- 
Or l'art de penser c'eia„l ^PP^^'^^'^re à penser. 

la morale «ontr:r;?S.;mr d'ir '"1?°" ^' 
-ienc_e si difficile du grrnlttSrj'.f ^^ J^ 



(1) Cfr. Uhr - PUloaophie, T. I. pp. g, 9, 10. 



INTBOOUCTION 5 

religion ehrUienne. La philosophie démontre les vérités 
qui sont les préambvlei de la foi, telles sont l'existence 
de Dieu, l'immortalité de l'Ame. Ces vérités, solide- 
ment prouvées, acheminent l'esprit vers la croyance 
aux dogmes de foi. — Elle fait voir aussi tout le bien- 
fondé de nos mystères en expliquant qu'Us sont non 
contrairei mais au-de»ua de l'humaine raison. — Comme 
la plupart des objections contre le christianisme vien- 
nent des snphismes courants, lesquels, ni plus ni moins, 
ne sont que de fausses définitions, la philosophie rend 
-encore un signalé service à la religion en restituant 
-aux vérités leur saine et juste notion. 

4. Diviiion de U philoaophie. — La philosophie 
comprend trois parties qui sont la logique, la méta- 
phytiqu» et la mora/« 



L'ensemble des êtres, l'universalité des choses, objet matériel de la 
philosophie (2), peut se diviser en trois classes. Il y a d'abord les 
êtres de la nature qui existent indépendamment de not<a. Ces 
êtres, nous les étudiotu, uous ne les créons pas. La recherche du 
dernier pourquoi de cette réalité dont nous ne sommes pas les auteurs, 
s'appelle philosophie tpéeulatim, réelle. Viennent ensuite les êtres 
qui dépendent de nous, que nous produisons, que nous pratiquons. 
L'étude approfondie de ces êtres se nomme philosophie pratique. 

La philosophie comprend donc deux parties ; la philosophie spé- 
culative et la philosophie pratique. La philosophie spéculative 
s'appelle métaphysique. La philoaophie .pratique se partage en deux 
groupes: Logique et Morale. En effet, ces êtres dont nous som- 
mes les auteurs, sont les actes de l'intelligence (Logique) et de la 
"Volonté (Morale). 



LOGIQUE 

ou 

PHILOSOPHIE RATIONNELLE 

5. Définition de U lofflaua — t . i • 

science ou un aH ,ui .^H^Z^J^^JZrriiZ 
humain dans la recherche du vrai ^ 

mais, en plus, elle démontre cette bi. — L'art en ai,^t 
T^\.eneHgne à bien faire une chose. Il est\° fe„ 
semble dérègles directrices de l'action » < . Or Ub • 
enseigne à bien ordonner le. arZZT ."'„'» '"«'«ï"* 

donc vraiment un art Cerwn^»„t i- -T 

J^ a pour obiet les opératirtt-ir,.n:~ 

IWt'Vl " "'='" îf'^""' '- opé-tionsd": 

!«ri:îrraL;r"'' ^"^ ^^ - - ^-^^p- 

7. 1» logique est une science pratlaue -l«. 
log^ue a pour but la conquête du'^."'' El pour 
(1) Mercier — Logique, p. 74. 



PHILOSOPHIE RATIONNELLB 



arriver à cette fin, elle énonce des lois, elle formule 
des principes qu'elle applique à l'esprit humain. Son 
oeuvre, son rôle est do;ic de conduire l'intelligence à 
la possession de la vérité ; œuvre et rôle certes émi- 
nemment pratiques, bien différents de l'œuvre et du 
râle de la science spéculative qui considère son objet 
pour la seule satisfaction désiniérettée de le contem- 
pler, sans en faire aucun emploi. 

8. Objet d« la logique. — L'objet d'une science 
est matériel et formel (2). La logique, d'aprè.« sa défi- 
nition, étudie les opération! de l'esprU humain : celles-ci 
sont donc la matière de ses recherches, partant, cons- 
tituent son objet matériel. Les opérations de l'esprit 
humain, la logique les considère à ce point de vue spécial 
qu'elle les ordonne, les adapte à la conquête de la vérité. 
Cette ordonnabilité, cette adaptabilité des actes de l'in- 
telligence en vue du vrai à posséder sont Vobjet formel 
de la logique. 

9. Utilité de la logique. — La logique a une double 
utilité : SUBJECTIVE et objective. L'utilité subjective 
concerne le sujet qui se conforme aux lois fourmes par 
cette science, c'est-à-dire Yesprit humain ; l'utilité ob- 
jective regarde l'objet vers lequel tend ce même sujet, 
c'est-à-dire la vérité. 

A. Utilité subjective. — " La logique éduque l'es- 
prit humain. Ëduquer, c'est développer, perfectionner 
les facultés natives d'un être intelligent. Or la logique, 
par ses lois, développe, perfectionne cette aptitude 
iiinée de toute intelligence à rechercher et à découvrir 
la vérité. Cette aptitude naturelle est appelée bon 
sens. Excellente gymnastique intellectuelle, la logique 
donne encore à l'esprit humain cette clarté, cette pré- 
cision, cette rigueur que l'on admire chez les philo- 



I 



* LBÇONI DX LOaiqVE 

^f »"*■ ~^." •''" '"'*»"* '■*n/o«« no(a>n)nen{ la puitianee 
tnielUduelU. S.n. l'étude de. rtgle. de 1. logique. 
le.pnt humain ne dépaMerait guère le« borne, du 
.impie bon Mm, et partant, combien restreint Mrait 
le domaine de «.n in.truction. La logique fait auui 
découvnr à I intedigence de. aptitude. in.oupçonnée.. 
1. étude, en effet, exige de. effort», de l'attention, de 
U réflexion : autant d'acte, qui arrivent à d'heureux 
résultat.. Que de gen., faute de culture, n'ont jamai. 
pen.é avoir les Ulent. qu'il. po..*dent réellement I 

B. Utilité objective. - "la logique rend la virUi 
plut acce,:Me San. doute le bon sene arrive .ouvent 
4 la venté. Mai. ne lui est-U pa. plu* facile d'y 
atteindre lor.que les loi» de la logique vienneiit i .on 
Mcour.? Le voyageur qui a de bon. ysux voit cer- 
tainement le. obstacles sur son chemin. Seulement, 
ces obstacles, il les évitera plu» facilement s'il y a des 
« poter ,x indicateurs.» Eh bien « le. règle, de logique 
wnt comme des poteaux indicateurs qui forcent de 
vo„. les fossés et les poudrières, qu'on n'aurait peut- 
être pas remarqués sans cela ». <■> •) La logique rend la 
vénti plu» »ûre. Le pourquoi d'une vente — s'il est 
connu --fait que cette même vente est assise sur des 
base» plu. solide.. L'éclipsé de lune ou de soleil dont 
appantion attire les regards des mortels est, pour 
1 astronome, une vente »ûre, ferme, qui exclut toute 
hésitaUon Ce phénomène n'offre pas la même certi- 
tude à celui qui ignore le premier mot des sciences 
physiques. Or la logique apprend le pourquoi de la 
vente, elle enseigne à résoudre l'objection et à réfuter 
1 en«ur. Grâce à elle la vente est donc mieux établie. 

(1) £Ue Babier, Letoni de riiilcxophie, Logique, p. 92. 



rniLOSOPHIE RATIONNCLLK 



Il «t bon de noter cependant que eau U conntiunnee dri loi* 
d'une icience et dei rèflee d'un art, un (rand nombre de pereonne* 
peuvent avoir une certaine habileti dau cettt icience ou dau cet 
art. Ainii beaucoup lavent "mpter aani avoir jamau appris 
l'arithmétique, d'autre* joueUb un initrumsnt de musique lana 
avoir regu aucune lefon. De cei faita pouvo.ii-noiia déduire l'inu- 
tilité de ta Kience mathématique et de l'art mutical f Certainement 
non II en ett de même pour la logique. 

Au reite, la logique, comme toute acience et tout art, ne doit 
jamaîe contredire le bon un». Celui-ci i demeure un précieux ini- 
trument de contrôle, toujours bon i consulter dans les questions 
de sa compétence ; car, s'il a la vue un peu courte, du moins l'a-t-il 
claire, et l'on peut conclure d'avance que toute proposition qui lui 
est évidemment contraire, l'est, par li même aussi, i la saine logi- 
que ». <» 

10. Diviiion de la logique. — La logique étudie 
les opérations de l'esprit à ce point de vue spécial 
qu'elle les conduit à ).a vérité (8). Ces opérations, 
elle les considère d'abord en ellet-mimei, et ensuite, en 
vue du vrai à conquérir : pour bien conduire ces opé- 
rations il lui est nécetiaire de lei bien connaître. 
C'est dire «^ue la logique se divise en deux parties. 
La première partie (étude des opérations de l'esprit 
en elles-mêmes) s'appelle Logique formelle ou Logique 
générale. On nomme la deuxième partie (étude des 
opérations de l'esprit en vue de la vérité) Logique 
malérielle, Logique appliquée. Logique spéciale, Métho- 
dologie. — Plus couramment la première partie est con- 
nue sous le nom de Dialectique, et la deuxième sous le 
nom de Critique. 

La logique se divise encore en logique naturelle et en 
logique scientifique. La logique naturelle est l'aptitude 
innée de toute intelligence à découvrir la vérité. La 
logique scientifique est cette même aptitude développée 
et perfectionnée par l'étude. 

(1) Lahr, ouv. cit. I, p. 406. 



LOGIQUE FORMELLE 



on 



DIALECTIQUE 



11. Dltinltton d« U dlalaotiqu*. — L* dialectique 
est la tcience dea opérationa de l'eapril humain en elle*, 
mimet et dea loia gui lea régiaaent. 

12. DMiioii d« U dlalactiqua. — L'esprit humain 
s trois opérations : la simple appréhenaion, le jugement 
et le raiaonnemeni. A la simple appréhension se ratt 
chent la difinUion et la division. Le raisonneme. 
comporte le syllogisme et ses difiérentes espèces. Nous 
diviserons la dialectique en dix chapitres : Ch. i, La 
ai iiple appréhension ; ch. ii, La définition ; ch. m, La 
diviaion ; ch. i v. Le jugement ; ch. v, vi, vu, vtii, 
IX. X, Le raisonnement. 



CHAPITRE PREMIER 



La nmpli a/ réhtnêion 



13. Définition dt U timpU appréhaniion.— La 
■impie appréheniion est Vacte par Itqutl l'intelligenct 
perçoit l'eutne» d'une chose tan» affirmer et eane -'er 
quoi que ce toit de cette etienee. 

Cett« pnmiin optntion de l'inteUigence nt uppclée (imjib 
parce qu'elle n'iffirme rien et ne nie rien de l'objet qu'elle connaît. 
Quand nous affirmons, dans notre eeprit, nom uniaaoni enaemble 
deux choiei : celle di aui l'on affirme (le luieti et celle que l'on 
affirme (le régime). Cette union ut une compnaUion. — Ce que l'in- 
telligence perçoit, dans la première opération, n'est pas un objet 
que noua pouvona voir avec les yeux du corps ou palper avec nos 
mains, par exemple. Non, c'est une réalité cachée dans l'objet vu 
par les yeux, touché par les mains. Cette réalité s'anpelle tutiut, 
l'intelligence r<zlrat( des choses sensibles qui nous entourent. 

14. Définition de l'idée. — L'idée est la simple 
repritentation d'une chote faite dont l'intelligence. La 
chodc représentée est cette réalité cachée, cette etience 
que l'intelligence extrait du sensible. 

Pour parler le langage de la philosophie, disons que l'essence 
est ce par quoi un être est ce qu'il est. Ainsi ur homme n'est pas 
un homme parce qu'il a telle j!;ure, tel nom, telle orii/ine, telle pa(n'«. 
etc., mais bien parce qu'il a VanimalUi et la raûonnabilité. Ces 
deux éléments forment Yttience de l'homme. Eh bien ces deux 
éléments incinble; impalpiUet, représenté.4 dans l'intelligence se 
nomment idée. L'idée est donc l'effet de la simple appréhension. 

15. Idée et image, — L'idée et l'image d'un objet 
diffèrent entre elles. L'une ne doit donc être jamais 
prise pour l'autre. 



12 



LEÇONS DE LOOiqnX 



1) L'image de l'encrier qui est devant moi est sen- 
nble, peut être vue, touchée. L'idée du même encrier 
est spirituelle, immatérielle, imperceptible aux sens. 
L'intelligence seulement peut l'atteindre. 

2) L'image de l'encrier est singulière, ne peut con- 
venir qu'à cet encrier devant moi. L'idée de l'encrier 
est universelle. Elle convient à tous les encriers qui 
ont été, qui sont et qui seront. L'idée de l'encrier, 
c'est son essence représentée dans l'intelligence. L'es- 
sence de l'encrier, c'est d'être un vase dans lequel on 
met de l'encre. Cette définition fait abstraction de la 
forme de l'encrier, de la matière dont il est fait et il 
sera toujours vrai de l'aflSrmer de tous les encriers. 

16. Compréhension et extension de l'idée.— La 

compréhension ou le contenu de l'idée est l'ensemble 
des éléments que comprei^d ou que contient une idée. 
L'idée de pape contient deux éléments : chef et Église 
Le pape est le chef de l'Église. Ces éléments s'appel- 
lent aussi notes constitutives d'une idée. L'extension 
de l'idée est l'ensemble des individus auxquels l'idée est 
attribuable. Tous les prêtres, passés, présents, à venir 
ou simplement possibles, sont contenus sous l'extension 
de l'idée d'homme. 

17. Idée intuitive. — L'idée intuitive est celle que 
Von conçoit immédiatement par la vue de l'objet lui- 
même. Ex. : L'idée de Dieu pour les bienheureux dans 
le ciel. Ils voient Dieu immédiatement, face à face. 
Dieu lui-même, sans aucun intermédiaire, est connu 
par les anges et les saints. L'idée du papier sur lequel 
j'écris est intuitive. L'idée intuitive s'appelle immé- 
diate. 



18. Idée abstractive. - 

que l'on conçoit non ^ar 



- L'idée abstractive est celle 
la vue de l'objet lui-même 



DIALBCTiqCE 



13 



mais au moyen d'un autre avec lequel il a une certaine 
ressemblance. Ex. : L'idée de Dieu que nous avons en 
ce monde. Nous connaissons Dieu au moyen des choses 
qu'il a créées et dans lesquelles nous trouvons une 
similitude bien imparfaite de lui-même. De ces mêmes 
choses nous abstrayons l'idée de Dieu. L'idée bonne 
ou mauvaise que nous avons de quelqu'un après 
l'avoir vu agir. L'idée abstractive est médiate. 

19. Idée directe. — L'idée directe est celle gui est le 
résultat de la première considération de l'esprit. Ex. : 
L'idée de Vencrier placé devant moi. 

20. Idée réflexe. — L'idée réflexe est celle qui 
est le résultat de la réflexion, ou du retour de l'intelli- 
gence sur l'idée directement perçue. Ainsi, déjà en 
possession de l'idée d'encrier, après réflexion sur cette 
idée, l'intelligence lui trouve des propriétés qu'elle 
n'avait pas encore découvertes. 

21. Idée positive. — L'idée positive est celle qui 
exprime une réalité, une entité quelconque Ex. : L'idée 
de vivant, l'idée de savant. 



22. Idée négative. — L'idée négative est celle qui 
exprime une absence ou une privation. Ex. : L'idée de 
mort, l'idée d'ignorant. 

23. Idée abstraite. — L'idée abstraite est celle qui 
représente, séparé de l'objet, un élément qui est partie 
constitutive de cet objet. Ex. : L'idée de blancheur. La 
blancheur est un élément constitutif de l'objet blanc. 
Séparée de l'objet blanc, et représentée comme telle 
dans l'esprit, elle est une idée abstraite. 



14 



LEÇONS DE LOOIQUE 



24. Idée conorèt«. — L'idée concrète est celle gui 
représente l'objet lui-même, tout entier, avec les élément» 
qui le constituent. Ex. : L'idée de prêtre, de médecin. 

^ 25. Idée réelle. — L'idée réelle est la représentation 
d'un objet gui existe en dehors de l'intelligence dans la 
réalité extérieure. Ex. : L'idée de table. 

26. Idée logique. — L'idée logigue est la représen- 
tation d'un objet qui n'existe gue dans et par l'intelli- 
gence. Ex. : L'idée de genre et d'espèce. Quand nous 
disons que Pierre apr.irtient au genre animal et à 
l'espèce homme, cette classification n'existe que dans 
et par notre esprit. 

27. Idée âistributive. — L'idée distributive est une 
idée universelle gui représente un objet attribuable à plu- 
sieurs êtres pris séparément et collectivement. Ex. : 
L'idée d'homme est attribuable à chague homme et à 
tous les hommes. 

28. Idée collective. — L'idée collective est une idée 
universelle gui représente un objet attribuable à plusieurs 
réunis ensemble, ou pris collectivement. Ex. : L'idée 
d'armée s'afiBrme non de chague soldat, mais de 
plusieurs soldats réunis, pris en groupe. 

29. Idée unlvoque. — L'idée univogue est une idée 
universelle gui représente un objet attribuable à plusieurs 
de la même manière, ou qui exprime la même réalité 
dans tous les êtres auxguels on l'attribue. Ex. : L'idée 
d'animal représente un objet (vivant sensible) qui 
s'attribue de la même façon et à l'homme et à la brute. 
En d'autres termes, animal exprime la même réalité, 
c'est-à-dire vivant sensible, dans l'homme et dans la 
brute. 



DIALECTIQUE 



15 



30. Idée analogue. — L'idée analogue est une idée 
universelle qui, dans les êtres auxquels elle convient, ex- 
prime une réalité un peu semblable, un peu différente. 
Ex. : L'idée de tête convient au corps humain et au 
chef de la cité de Québec. Cette idée, dans le corps 
humain et dans le chef de la cité de Québec, exprime 
une réalité un peu semblable et un peu différente 
aussi, puisque la tête qui gouverne la cité n'est pas 
absolument la même que celle qui conduit le corps, 
humaiu. 

31. Idée tiranscendentale. — L'idée transcenden- 
fale est une idée qui représente- un objet attribuable à 
tout ce qui existe ou peut exister. Ex. : Les idées d'être, 
de chose, de quelque, de bonté, de vérité, voilà les cinq 
transcendentaux. Ce nom leur vient de ce qu'ils ne 
sont pas localisés dans aucun genre, dans aucune 
espèce ; ils sont au-dessus de tous les genres, de toutes 
les espèces, ils les dépassent tous (transcendere) — ils 
conviennent à tous. 

32. Définition du terme. — Le terme est le signe 
de Vidée et de la chose perçue par la simpL appréhension. 
Immédiatement le terme signifie l'idée, et, médiatement, 
la chose perçue. Le terme livre signifie d'abord l'idée 
que l'intelligence a du livre, et ensuite, au mo;-en de 
l'idée (médiatement), il signifie le livre. 

33. Terme en philosophie et en grammaire. — 

En philosophie le terme est un signe logique parce 
qu'il représente un être logique, c'est-à-dire un être qui 
n'existe comme tel que dans l'intelligence. En effet, 
l'être que signifie le terme, c'est Vidée. Celle-ci, comme 
telle, n'existe que dans et par l'intelligence. Cette 
signification du terme s'appelle formelle. En gram- 



16 



LEÇONS DE LOGIQUE 



maire le terme est étudié au point de vue naUnd, 
c est-à-dire en tant qu'il est composé de syllabes. 

34. Bmplol d«8 termes.- Les termes d'une phrase 
peuvent être pris en différents sens. Pour éviter toute 
erreur, i importe de connaître les lois qui régissent 
leur emploi. Dans une phrase ils sont ou aujet ou altn- 
bvt. II y a des lois qui concernent le sujet et l'attribut, 
a. a fois ; d autres qui se rapportent au sujet seul ; enfin 
ceUes qui regardent l'attribut. 

I. Lois du sujet et de l'attmbut. Il faut bien s'en- 
quérir du sens de ces deux termes. Et pour ce faire 
■1 est nécessaire de tenir compte : a) de la mentalité dé 
orateur ou de l'auteur ; 6) du génie de la langue dans 
laquelle il parle ou il écrit ; c) du sujet traité ; d) des 
circonstances. Après le sens des termes, c'est leur 
extension qu'il importe de connaître. Chaque terme 
pris séparément a son extension propre. Voici leurs 
lois. Il va sans dire qu'il s'agit d'un sujet et d'un 
attribut qui ne sont déterminés par aucun signe ex- 
tensif. * 

II. Lois du sujet. •) Dans toute phrase dont l'attribut 
conviera ou répugne nécessairement au sujet, celui-ci est 
un, terme universel. La raison est parce que ce qui con- 
vient ou répugne nécessairement à un sujet, doit ex- 
ister ou ne pas exister partout où se trouve ce sujet 
ou tous les autres qui sont de même nature. Ex • Les 
chrétiens sont ceux qui ont reçu le baptême. Il est vrai 
de dire : Tous les chrétiens — parce que « ont reçu le 
baptême » convient nécessairement à « les chrétiens » 
en est inséparable. - Les cercles ne sont pas des carrés 
Ça revient à dire : Tous le., cercles. . . _ .) Dans toute 
phrase dont l attribut ne conment pas ou ne répugne pas 



DIALECTIQUE 



ir 



nécessairement au sujet, celui-ci est un terme particulier. 
Si l'attribut ne convient ou ne répugne pas nécessaire- 
ment, c'est signe que parfois il convient ou ne convient 
pas, et parfois aussi répugne et ne répugne pas ; par 
conséquent, le sujet, et tous ses semblables, n'ont pas 
toujours cet attribut — quelques-uns l'ont, quelques-uns 
ne l'ont pas. Ex. : Les riches sont heureux — dites — 
Quelques riches. . le bonheur ne convient pas néces- 
sairement à la richesse, il n'en est pas inséparable. 
Les pauvres ne sont pas instruits. Être instruit ne 
répugne pas nécessairement aux pauvres, c'est un attri- 
but qui leur convient, et que plusieurs possèdent. 
Cette phrase équivaut à la suivante: Quelques ou plu- 
rieurs pauvres ne sont pas instruits. 

III. Lois DE L ATTRIBUT. " Dans toute phrase affirma- 
tive l'attribut a une extension particulière. Quand une 
(îhrase est affirmative, l'attribut contient le sujet dans 
soii extension. Ex. : Les hommes sont mortels. L'idée 
« mortels » contient dans son extension « les hommes ». 
Mais du moment que l'attribut « mortels » contient 
« hommes », cela ne signifie nullement qu'il ne contient 
qu'eux. Et donc les hommes sont quelques êtres con- 
tenus dans l'idée « mortels ». En fait, à part les hommes, 
il y a les brutes qui sont mortelles. => Dans toute phrase 
négative l'attribut a une extension universelle. Quand 
une phrase est négative, l'attribut exclut, de toute son 
extension le sujet. Voilà pourquoi cet attribut tout 
entier ne convient pas à tel sujet. Ex. : Les anges ne 
sont pas des corps, c'est-à-dire, tous les corps excluent les 
anges de leur extension. 



APPENDICE 



PrédicabUt tt PrédicamenU 



Un p«u d aiulTM. — Analysons grammaticalement la phrase 
iuivante : Pierre e,t aimaUe. Pierre est un nom sujet de «t 
Ett est un verbe euhetanlif, h la troisième personne de l'indi- 
cauf présent, il unit Pierre à aimaUe. AimMe est un adjectif 
qm qualifie Pierre. Et donc au sujet de cette phrase, on s'est fait 
trois questions : V Qu'est-ce que Pierre ; 2° qu'est-ce que aima- 
We : 3 quelle est la relation entre Pierre et aimable. On a mis 
Pterre dans la partie du discours qui s'appelle nom ; aimable, on l'a 
placé dans la partie qui se nomme adjectiS ; et on a dit que la rela- 
Uon entre cet adjectif et ce nom. était une relation de qualification. 

Déiinltion des prédicablm et das prédlcMnent». — L'ana- 
lyse faite dans le numéro précédent nous aidera à comprendre la 
définition de ces deux termes. En lo.-ique. au Ueu des rmte Pierre 
et aimabh. on dit les idéee de Kerre et d'aimable. Le prêdicabte 
c est la relation qui exiele entre Pierre et aimable. Le prédicament. 
<■ est la classe ou la catégorie où l'on peut placer le» idées de Pierre et 
d-aimabU Les prédicaments. en logique, correspondent aux dix 
parties du discours en grammaire. Le prêdicable répond à la 
question troisième : Quelle est la relation entre Pierre et aimable f 
C est une relation de quaUfication, ou encore, aimable qualifie 
Pierre. Plu, explicitement, on peut dire que le prêdicable est la 
maniire dont Vidée aimaUc a'affirme de Pierre ou iaUribue à lui- 
même. L'idée aimable en effet est une idée universelle, puisqu'elle 
peut convemr à plusieurs. Mais l'idée universelle, attribut, n'a 
pas toujours une relation de qualification avec le sujet auquel 
elle se rapporte. Quand on dit : Pierre chante, est chantant, ici 
c est une relation d'action. Donc la manière, la façon dont l'idée 
attribut s'affirme de l'idée sujet peut être différente, et c'est pour- 
quoi on définit le prêdicable comme suit : Les différenf.a maniire. 



DIALECTIQUE 



Itf 



dont une iiUt unitenelle i'affirm» du njeti nuzquelt elle le rapporte. 
Le preâteament ripond aux quutioiu 1ère et 2e : Qu'e>t-ce que 
Pierre. qu'e>t-ce qu'aimable t Pierre r»t un mol. il eat claué d*u 
la partie du discoun appelle nom. Aimable eat un mol, il est claiié 
dan» la partie du discoun appelée ndjectif. En grammaire, Pierre 
et aimable, on les étudie comme mo.'», r., logique, on Iri, coniidère 
comme idiee. Et donc les prldieamenU eonl lee elaetee ou let cati- 
fories où l'on peut mettre toutee let idiee que l'on a et que l'on peut 
avoir. 

n y » cinq prédioablM. — Les relations qui existent entre 
l'idée attribut et l'idée sujet .^nt au nombre de cinq. En d'autre» 
termes, les différentes manières dont un attribut s'affirme de son 
sujet sont au nombre de cinq. Quatre de ces maiiiirei ou de ce» 
relatione sont nieeetairet, une autre est non-néceeiaire ou conHngenie. 
Les quatre relations nécessaires s'appellent etpiee. genre, différence 
et propre. La relation contingente se nomme accident. Il va sans 
dire que ce» cinq relations, vis-à-vis du sujet auquel elles rattachent 
l'attribut, n'ont pas toutes le même r»L>. L'imporUnce de leur 
fonction dépend de la nature de l'attribut. Et disons tout de 
suite que les relations niceesaires l'emportent sur la relation eontin- 
gente. Mais les relations nécessaires, ne le sont pas au même degré. 
Ainsi dans les exemples suivants : Pierre est homme, Pierre est 
capable de parler, la relation de homme à Pierre est plue nécessaire 
que la relation de capable de parler. — Le sujet ne peut pas exis- 
ter sans les attributs qui ont avec lui une relation néceieaire. 
Ces attributs signifient ou quelque chose du sujet ou tout le sujet. 
Dans l'exemple : Pierre est homme, l'attribut homme exprime touU 
la nature (animal raisonnable) de Pierre. Dans cet autre exemple: 
Pierre est animal, l'attribut animal exprime quelque choee, c'est-à- 
dire une partie de la nature de Pierre. Cette partie de la nature 
exprimée par l'attribut animal, Pierre la partage avec les autre» 
animaux, les brutes. Par contre, il est un autre attribut qui ex- 
prime une partie de la nature du sujet, mais partie que le sujet ne 
partage pas avec les autres, parce qu'elle est ce qui le dietingue det 
autres, tel l'attribut raisonnable dans l'exemple : Pierre est roijon- 
nable. Il y a donc trois attributs qui expriment la nature du sujet 
auquel ils se rapportent : un qui l'exprime tout entière, c'est l'eipiee; 
un qui exprime une partie de la nature que le .sujet parUge avec 
d'autres, c'est le genre ; un qui exprime une partie de la nature qui 
distingue le sujet des auties, c'est la différence. Tout en n'entrant 



LBÇONB DB LOOIQtTI! 



fitm nt 



PM dau l> couUtulion cHcntiella du NJat, il y • cependant UD 
qiutrième attribut qui <<fciHib néenninmmt d< » lujet. c'cit la 
liropr. î comme la fanUi d, parltr que powtdc Piem. Enfin, 
reete le cinquième attribut qui n'appartient pu nècenairement au 
•ujet. C'eit l'attribut f«i ptui m nt ptul pu adUrtr au lujtl, la 
■ahif. dt etlui-ei ntant intact, : l'attribut «araa< dam la phraae 
Pierre nt ««aal. c'cit Vaetidnt. U tableau luivant r«aume tout 
M numéro. 

'"""""' cpè™ 1 nérrMaire 

""'"l"' genre 2 nécriiaire. 

raiionnable différence 3 n^craiaire. 

capable de parier. propre 4 néceuaire. 

■ «avant accident .... S contingent 

n 7 a dix prIdiMunuta. — Le. pr<dicament. aont le tujH 
et I altnbut ; lei prédieabltê lont lea relation! qui exiitent entre la 
•ujet et l'attribut. C- iKJet et cet attribut, comme tout ce qui exiete. 
■ont dei itr„. Mail tout ce qui exiite ou peut exiater («tre) exiité 
m lut-mime ou dam un au«r«. U tabl, eit un «tre qui exiete en 
tut-mim: U forme, la couleur de la Ubie n'eiùtenl paa en eliei- 
même., mail bien dan, la tabU. Op appelle ,ub,lan<; l'être qui 
exute en lui-même, et anidmt prédieammtal celui qui exiite dau 
un autre. On compte neuf accidenti. Ce qui fait en tout dix 
prtdicamenti ou dix clauei. dix catégoriel dam leiquellei on peut 
placer toutei ici idéei que l'on a ou que l'on peut avoir. Ce sont • 
a «».(o«ce, la quantité, la ^uoiiM, la rd<aion. l'ocdon, la pamon, 
le fi«i, le quand, le ,it,, Ykabit. — Il ne faut pai confondre exiiter 
m «. et «»(«■ par toi. Dieu leul exiite par lui-mim,, parce que 
lui aeul n a pai M cauié. Et donc l'eiiitence en «oi n'exclut pai 
une cause productrice diitincte. 



(I) L'ctft Ht 



IflHcrtiturd) Imm' ^lubtUnc. 



>mu « min /uoldut 



.On ptat «liitw 



Uuutll* 

<|U>lit« 

^•ctloo 
piMlea 
rdallM 
1 



(1) Cfr. Bévue Thomiite. NoT.-d<e. 1912, p. 728. 



DIALKCTlqUB 
La phrue lulvants moferme Ici dii pr«<li«inenti : 



!»t 



Hlw «prti-niiili— «u j«rdin — Moniicur X —ru «-«pot île fourrure— 
Quand Un lubtlanci kabU 

•urvcillait — en marchant — une centaine — d'«calien — 
adion tilt quantité triatian 

fort jiiyeun — et en ricellente lanté. 
qualité panêion. 

OlkHlfloation du pr«dto»blH. — Nom uvom il«jà qu'il 
y a cinq pr«ilir«blei ou cinq manitrei dilT«rentcii d'aflirnier 
l'attribut du lujet. Ce. cinq pr«di<al>lei .'appellent lenri, e.pi». 
diffénnet, propre et aceiJtni. l^t troi. premier, con.tituent l'e.- 
«ence. ou entièrement (e.p«cc) ou en partie (genre et différence). 
Le. deu< autre, (propre et accident) ont avec l'euence une relation 
n^oeuatrc (propre) et non-néceiiain (accident). Quand on parle 
de claMification de. prèdicable., il n'e.t queitinn que de. prtdicable. 
e..entiel.. c'e.t-i-diro du lenre, de \'eip)ce et de la ifti^^r.»».— Pour 
nou. .ervir de l'exemple d«jA employé, nou. allon. nou. demander 
quel e.t Yaltribut qui .'affirme de Pierre comme gmre, comme npicê 
et comme dijfirtnce. Nou. répondon. en diiant que le genre de 
Pierre e»t ani'maf, l'upèce de Pierre est homme, et .a différence, 
raùonnaU.. Mai. Pierre, il .on tour, où le cliu>on.-nou., dan. la 
catégorie eubtianee, ou dan. celle d'amidenl .» San. aucun doute, 
Pierre ezitte en tui-méme. Il et donc une lubitanee. Quelle .orte 
de .ub.Unce e.t-il, Pierre ? E.l-il une .ub.tance ipirUueUe ou cor- 
poreltef Évidemment Pierre est une .ubsUnce corporelle, ou un 
oorp.. Mai. il y a bien de. corpt, le livre, par exemple, e.t un 
corp.. Pierre c.t plu. que le livre, il e.t un corp. tieant, orga- 
nùiue, le livre n'a pa. la vie. Et cependant, tous les vivant, 
ne >e rewernblent pas. Parce qu'il a la vie, Pierre e.t-il nécenaire- 
ment semblable à l'arbre, vivant lui au..i, qui pouiM se. racine, 
dan» le jardin ? Certainement non, la vie de Pierre est aupérieure 
à celle de l'arbre. Sa vie est len.itive, elle agit par de. .en.. L'arbre 
du jardin, n'a qu'une vie végétative, il n'a pu de faculté. Mn.ible.. 
C'e.t dire que Pierre est un animal, et de plu., raMonno6ie. Au 
•ujet Pierre .e rapportent donc plusieurs attribut, qui ont areo 
lui une relation, néeeiiaire toujour., graduée cependant. Ce* 
attributs sont classés d'après un ordre fondé .ur leur exUniion et 
leur compréhension. Le Ubleau suivant met bien cet ordre en 
relief. 



" LBÇONB DB UMlIQfl: 

* O"» ««pr»!... , guMun _ 

"" cwporalUi dllHmn •p«fl|qu 

■ G»ni>l»lltr>l<lnpin...Ciir|n 

«■•■Iiiiit: dllltrean trtiHqat 
C 0»raiiilMllnMfttip««.VI>»l _ 

Mulbl»: dlffénsn ipirltiiiM 
D Gnra !•■■• M «piw AiImI 

'•(••■••bit: dinrann iptcjlqua 

■ ■•»♦« HOB» , 

î ïi:!' _A 

^'•"•'•'" Coiiipr*h™.ion 

1 ..'' "'."■^''^''t" '*'*" """• "f^" •» ''<^'«»« «primée p>r I» 
lettre. A, B, C. D. E. F e.t en ni.oii inrer.e de leur compréheiuion 
«xpnmfe p.r le. lettre. F, E. D. C. B. A. Cette cl.„ifi™t,on ordon- 
née de. prédic.ble. ,™re, ,^„ et diffirmc. .ou, U ctégorie 
tubHanee. d.prè. I. diminution de leur exten.ion et Vau,menialion 
de leur compiéheMion .appelle ARBRE DE PORPHYRF., en.Qu- 
venir de Porphyre. philoMphe de l'.ntiquilé (233-304) qui en e.t 

a«ir, i,wr«m« «t («nrti •ubUt.mw. - D.n. l'.rbr. de 
Porphyre, .ubHanc e.t appelée ».»« .uprime. d'abord parce qu'elle 
e«pnme une partie de re.Mnce de Pierre (genre), partie que Pierr- 
partage avec beaucoup d'autre., et en.uile parce qu'au-deMu. de 
.ub.lance, il n y a plu. de genre, mai. .eulement l'être qui e.t un 
tran.cendental. De .„„ cété. corp. e.t appelé ,e„r<, .ubaU„nf. 
parce qu il y en a un au-dcMu. de lui. ,ub,lanct. Il en e.t de même 
pour rir|.n< et animal. Vi.-*.,-!. de mvant. corp, joue le rAle de 
»enr.. A .on tour. n>an( e.t le ,«re d'animal. Animal e.t un 
genre infime, parce qu'en dewou, de lui il n'y a plu. de genre, mai. 
de. e.péce. .euleraent. Il e.t auui apèet, vi..A.vi. de vivant. 

IIP*C.I et dimnmMI.-D'.prè. le Ubie.u. corp, e.t 
#«ire et cpic, ; „pèce vi,-i-vi, de .ub.tance. il e.t une Krte. une 
npiof de .ub.tance. mai., par rapport à «fan*. Ue.t ,«r.. Sub^ 
tance, ,.nr« de corp., devient corp. par I, différence corparrllt 
Le.pecee.tdonccon.titué. ■ k genre et \h différence. Parce que 
corp. o a au-dcMu. de lui aucune «pèce, il e.t nommé e.pèce «.prim,. 



DIALBCTIQUB 



23 



Corp, «t arfonif». {Hffénnct) conitlturnt ritant qui nt une Ufict 
de Corp.. Viv.n» e>t une tijèe, de rorpi, n»ii un iipia nialltrnt 
puiiqu il y . une «pice au deinu. de lui. De ra«nie «uni animal 
al une eep^ee de vlv.nl, nptrt .,uballernt, formée de mani (genre) 
et ,nniU (différence). EnSn Kommt «t une upict d'*nim>l 
rtiulUnt de l'union d'animal (genre) et de raimnnaU» (différence). 
!.«»><« homme «t IVepéie infime, parce qu'aprii elle il n'y ■ plui 
d npéce. miiii dn individu». U iiSérmc, dont le rMe eit de l'unir 
»u genre pour conitituer l'eipéce. prrnd b nom de êujnimi, nbal- 
Itrnt et i>^fime tuivnnt qu'elle quiilille le genre êuprimt. tubaUernt 
ou Infimt. 

A quoi M réiuiiM U thlorl* dM prMioablM «t dM 

prldiMnunU. — La théorie dei prédicabir» et de. prédicament. 
n'«t que la ffliM en pratique de l'extimaion »• Je la compréhen.ion 
de» idée.. La ciauiflcatiun ordonnée de. prédicable. .on. le genre 
«upréme .ub.tanc en e.t la preuve. Celle cU»ification. il 
e.t facile de «■en convaincre, n'e.t ni plu. ni moine que la définition 
emmielle, partant, vtrilabh. de Pierre. Celui-ci est donc Gla..é 
dua la catéiioric (prédicament) «uli»tanc.> avec toui lea attributi 
(prédicabl.'.) qui noua renseignent k différent, degrés aur u nature. 
En plaçunt Pierre dana la catégorie tubetanee, de plu», en lui don- 
nant tou. les qualiflcatifa qu'exigent aa nature, on le distingue, on 
le diai» de tout ce qui n'e.t pas ou tubetanee, ou corps, ou siaanf, 
ou animai, ou homme. En d'autre, terme., c'eat dire que toute la 
théorie dea prédicablea et dea prédicumenta se ramène à bien définir 
et a bien diviier. 



*• LBÇONS DB LOOlqCC 

CHAPITRE II 

La Définition 

35. Mature de la déflnltlon. - La dtfinUion est 
un diêcouri qut exprime et qu'est une ehote. Ex • Lé 
pape eet U chef de l'Ëgliee. L« définition eit appelée 
ducourt parce qu'elle se compose de plusieurs, ou au 
moins, de deux mots. 

36 But d« la définition. - La définition a pour 
but de rendre plus claire, plus distincte, plus complète 
la connaissance d'un objet. Et ce but, elle le remplit 
en nous donnant les éléments qui constituent cet objet. 
L ensemble de ces éléments appelés notes ou idées 
constitutives forment \a> compréheniion de ce même 
objet. La définition a donc pour objet la comprihenrion 
de 1 idée et à ce titre elle a tout naturellement sa place 
dans le chapitre de la simple appréhension. 

37. DéflniUon nominale. — La définition nominale 
est celle qui donne la signification étymologique, conven- 
ttonneUe, commune, d'un mot. Ex. : La philosophie est 
l amour de la sagesse (étymologique). Le laurier est le 
stgne de la paix (conventionnelle). Le roi est celui 
qui règne — Dieu est le premier être (commune). 

38. Définition réelle. — La définition réelle est celle 
qut nous renseigne sur la nature de l'objet. Ex. : 
L'hydrogène est un gas incolore, insipide. U plus léger 
des gas connus. La philosophie est une science qui 
nous dit le dernier pourquoi des choses. 

39. Définition eseentieUe. — La définition essen- 
itehe est celle qui explique une chose au moyen des élé- 
ments constitutifs de la nature de cette mime chose. Ex. : 



DIALECTiqUK 



as 



Ltê corps sont dei tubil.i.iet» eorportlUi. L'animal eH 
un vivant tenrible. Lt vivant ttt un eorpi organiqut. 
La définition euentielle eit la définition riçoureuiimtnt 
icientiflque et philosophique. 

40. Définition dsieriptiTt. — La définition dtterip- 
tivt est l'txpliealion d'un objet toit par lei propriHét, 
toit par sei earactirei purement aeeidenleU. Ex. : Vàne 
ett un animal qui braie (définition propre). Cette 
définition de l'homme donnée par Platon : L'homme ett 
un bel animal, . . . bipède, la Ute droite, est detcriptive, 
accidentelle. — N. B. Les définitions en usage en chimie, 
en minéralogie, en botanique, en zoologie, sont des- 
criptives, et souvent accidentellet. 

41. L» définition doit être claire et jtute. — 
Si la définition n'était pas claire, elle manquerait 
son but (36). Elle doit donc bannir tout terme 
équivoque, vague, toute métaphore. Elles sont loin 
d'être claires, les définitions suivantes : La science ett la 
lumière. La vraie civilisation est le lihertl. Cette loi 
exige aussi que le mot à définir n'entre pas dans la 
définition, comme dans ces exemples : La simple appré- 
hension est une appréhension simple. La liberté, c'est être 
libre. Pour être juste, la définition ne doit convenir 
qu'au seul objet défini. N'est pas juste cette définition 
Je l'homme : L'homme est un animal. Plusieurs, à part 
l'homme, sont animaux. Cette autre : L'Université 
Laval est une institution, enfreint aussi cette loi. 

42. La définition ne doit pu être négative, 
ni trop longue. — La définition nous dit ce que 
la chose est, et non, ce qu'elle n'est pas. Quelqu'un 
aurait-il une idée bien claire de l'histoire s'il savait 
seulement qu'elle n'est pas la philosophie? La défini- 



26 



LEÇONS DE LOGIQUE 



tion négative n est acceptée que lorsque la chose 
défanie, à cause de sa grande perfection, Dieu, par 
exemple, ne peut pas être connue directement, positi- 
vement, mais uniquement par comparaison avec les 
autres dont elle n'a pas les défauts. Ainsi on définit 
la simplicité de Dieu en disant qu'elle est la végation 
de toute composition. Quant à la brièveté de la défi- 
tition, qu'il suffise de dire que la clarté l'exige. 

43. La définition essentielle doit Stre formée 
du genre prochain et de la différence spécifl- 

"^"'".rr, *^°"""^ ^°" n°™ l'indique, la définition 
essentielle nous donne les éléments constitutifs de 
essence d'un objet. Or les éléments constitutifs de 
I essence d'un objet sont au nombre de deux • le 
genre prochain et la différence spécifique. Le genre 
prochain est celui qui, dans la « classification des 
prédicables », est le plus près de l'espèce dont il est 
question. Quant à la difl^érence spécifique, c'est celle 
qui avec ce genre prochain constitue l'espèce. Pre- 
nons homme, dans la « classification des prédicables » 
cest le genre animal qui est le plus près de lui.' 
Animal est donc le gjnre prochain de homme. Et dans 
la même « classification », la différence spécifique qui 
qualifie animal, c'est raisonnable. Par conséquent • 
animal (genre prochain) +raùonna6Ze (différence spéci- 
fique) =/,omme ou espèce homme. L'espèce homme, 
par rapport à Pierre, est son essence, ou mieux toute 
son essence. Les définitions suivantes de l'homme ne 
sont pas justes : Vhomme est une substance corporelle, 
un corps organique, un vivant sensible; parce que subs- 
tance, corps, vivant sont pour l'homme des genres éloi- 
gnés ; corporelle, organique, sensible, ne sont pas ses 
différences spécifiques. 



DIAtBCTlqUE 27 

CHAPITRE III 

La Division 

44. Nature de la diviMon. -La dirision est un 
discours gm d. inlrue un tc^t en ses parties. Comme la 
définjUon (35), h J, i.,i.„ s-«ppe„e discours pa': 
qu e le se forme de plusieurs mots. Elle énumère les 
objets auxquels un tout convient. Et c'est pourquoi 
elle appartient à Ve.tension de l'idée, et partit, lia 
simple appréhension. Ex. : /... hommes se divisent en 
américains, européens, africains, etc. Américains, euro- 
peens, africains sont des individus auxquels ù tout 
hommes s'étend comme à ses parties. 

pi«««e«r«ei^m.n<«o« parties. Ex. : iiW. <a6/e. 

46. Le tout actuel et potentiel. - Le tout actuel 
est celui dont les parties sont actuelles et réelles. Ex • 
Le bureau. Le tout potentiel ou logique est celui dont 
les paHies n existent qu'en puissance, et seulement dans 

tZ Z ■ ^"- ■ ^^ '"'"' ''' "" *-* potentiel ou 
og que. Ains,, ammal, comme genre, est une notion 
logique c est-à.d,re une notion qui n'existe que dans et 

comme le bureau contient les morceaux «jui le com- 
posent. Ces espèces sont en puissance à être placées 
sous 1 extension du genre animal. Mais, elles aussi. 

TJsTes^r""''' ^°"' ''' ''''' ''"• "•-«*-* 'l- 
Les espèces sont comme si elles étaient les parties du 



28 



LEÇONS DE LOGIQUE 



47. Ls tout moral. — Le iota moral est celui dont 
les parties sont des êtres intelligents qu tendent à une 
mime fin. Ex. : La. société. 

48. La division doit être complète. — La somme 
des parties doit constituer le tout. Cette loi est fondée 
sur la nature même de la division. Toute division qui 
contient plus ou moin» de parties que n'en renferme 
la chose divisée, manque à cette loi. Ex. : Le globe 
iet restre se divise en trois parties : Europe, Asie, Afrique— 
(incomplète, pas assez de parties) — ou bien : Europe, 
Asie, Afriqus, Amérique, Océanie, Canada — (trop de 
parties). 

49. Les parties du tout doivent être distinctes 
entre elles. — Si une partie est contenue dans une 
autre, n'en est pas distincte, séparée, elle n'est pas 
réellement partie du tout divisé. Si une partie égale 
le tout ou le dépasse, elle n'est plus aussi réellement 
partie, puisque le tout est plus grand que sa partie. 
II faut donc qu'une partie ne se confonde pas avec 
une autre partie, ni n'égale, ni ne dépasse le tout. 
Les exemples suivants n'observent pas cette loi : La 
province de Québec se divise en comtés nommés : Québec, 
Montmorency, Charlevoix, etc., etc. etc. et la paroisse 
de Beauport. — Beauport est compris dans le comté de 
Québec. Montréal se divise en plusieurs paroisses et le 
diocèse. Le diocèse, partie, dépasse le tout, puisqu'il 
contient Montréal et d'autres paroisses. 

50. La division doit être brève et immédiate.— 
Quand la division est trop longue, il y a confusion, 
et elle manque son but qui est de mettre de la 
clarté dans nos idées. Elle doit d'abord partager 
le tout en ses parties primaires, immédiates, et 



DIALECTIQUE 



29 



ensuite, en ses parties secondaires, médiates. Quelqu'un 
qui diviserait la logique en simple appréhension, juge- 
ment et raisonnement enfreindrait cette loi, puisque la 
simple appréhension, le jugement et le raisonnement ne 
sont pas les parties primaires ou immédiates de la 
logique. Celle-ci, tout d'abord, se divise en Dialec- 
tique et Critique. 



CHAPITRE IV 



Le Jugement '' 

51. Définition du jugement. — Le jugement est 
un acte par lequel l'esprit affirme ou nie qu'une chose est. 
Ex. : Dieu est bon. L'homme n'est pas impeccable. 

52. Bôle du jugement. — Le jugement, deuxième 
opération H» l'esprit humain, vient immédiatement 
après la s; • i appréhension et la suppose. Son rôle 
est d'afiSrn. , i de nier l'identité entre deux idées 
perçues par la simple appréhension. 

53. Le jugement immédiat. — Le jugement immé- 
diat est celui qui est évident par lui-même, ou encore, celui 
qui, pour être admis, n'a pas besoin d'être prouvé. Ex. : 
Le tout est plus grand que l'une de ses parties. Il fait 
soleil. Le crêpe n'est pas blanc. La neige est blanche. 
Pas de discussion au sujet des jugements immédiats. 

54. Le jugement médiat. — Le jugement médiat 
est celui qui n'est pas évident par lui-même, ou encore. 
celui qui, pour être admis, a besoin d'être prouvé. 
Ex. : Dieue xiste. L'âme humaine est immorttUe. Le 
jugement médiat offre matière à discussion. 



30 



LEÇONS DE LOGIQUE 



55. Le jugement analytique. — Le jugement 
analytique est celui dans lequel l'afribut contient 
ou répugne nécessairement au sujet. On l'appelle 
analytique parce que cette convenance ou cette répu- 
gnance sont connues quand on analyse le sujet. Ex. : 
L'être infini est étemel. Le mal n'est pas le bien. 

56. Le jugement synthétique. — Le jugement 
synthétique est celui dans lequel l'attribut ne convient 
pas ou ne répugne pas nécessairement au sujet. 
On l'appelle synthétique parce que l'attribut et le sujet 
dont on l'affirme, forment ensemble une synthèse, une 
composition. Ex. : Les caractères bien trempés sont rires. 
Cette année-ci, la récolte de pommes n'a pas été abon- 
dante. 

57. Comment se forme le jugement. — Pour 
former le jugement il faut d'abord fuir la précipitation 
et la vanité présomptueuse. La précipitation chasse 
l'attention et est cause souvent des jugements faux, té- 
méraires. Quant à la vanité présomptueuse, elle se 
fait fi des appréciations des autres. Le présomptueux 
croit avoir le monopole du savoir, et c'est pourquoi il 
n'a confiance qu'en lui-même. Dieu sait où le conduit 
souvent sa sotte prétention. Il importe de réfléchir 
beaucoup, d'écouter plus que de parler si l'on veut for- 
mer son jugement. Ne contentons-nous pas de défini- 
tions à peu près, d'explications superficielles surtout 
lorsqu'il s'agit de questions vitales. Observons les 
hommos sérieux, rendons-nous bien compte de leur ma- 
nière de voir dans les diflérorts problèmes qui inté- 
ressent le monde. C'est à leur école que nous appren- 
drons à juger avec rectitude, c'est-à-dire à bien juger. 

58. La proposition. — La proposition est l'ex- 
pression du jugement. De même que nous expri- 



DIALECTIQUE 



mons l'idée par le terme, ainsi nous exprimons le 
jugement par la proposition. Elle contient plusieurs 
termes, et pour ce motif, elle est une Tphrase qui énonce 
qu'une chose est ou n'est pas. Ex. : Les communautés 
^ont utiles. Les hommes ne sont pas parfaits. 

59. Opposition des propositions. — L'opposi/ion 
des propositions est Vaffirmation et la négation simulta- 
nées du mime attribut du mime sujet, au même point de 
Due. Sont opposées deux propositions dont l'une est 
universelle, l'autre particulière (différentes par la 
quantité) — dont l'une est affirmative, l'autre néga- 
tive (différentes par la qualité). Sont encore oppo- 
iies deux propositions lorsqu'elles diffèrent et par la 
-quantité et par la qualité. 

60. Opposition contradictoire. — L'opposition 
oontradictoire est celle qui existe entre deux propositions 
dont l'une est universelle, l'autre particulière, l'une affir- 
mative, l'autre négative. Ex. : Tous les anges sont des 
itres spirituels. Quelques anges ne sont pas des êtres 
■spirituels. Les contradictoires s'opposent donc quanti- 
tativement et qualitativement. 

61. Opposition contraire. — L'opposition con- 
traire est celle qui existe entre deux propositions univer- 
ielles dont l'une est affirmative et l'autre négative. Ex. : 
Toutes ces âmes humaines sont immortelles. Toutes les 
âmes hzimaines ne sont pat immortelles. Les proposi- 
tions contraires soiit opposées qualitativement. 

62. Opposition sous-contraire. — L'opposition 
sous-contraire est celle qui existe entre deux propositions 
particulières dont l'une est affirmative et l'autre négative. 
Ex. : Quelques hommes sont instruits. Quelques hommes 
ne sont pas instruits. Les souâ-tuulraires diffèrent 
entre elles par la qualité. 



82 



LEÇONS DE LOOlqUE 



63. Opposition aubalterne. — L'opposition su- 
balterne est celle qui existe entre deux propositions 
dont l'une est universelle et l'autre particulière. Le» 
subalternes diffèrent par la quantité. Ex. : Tous les 
hommes sont sages — Quelques hommes sont sages. 
Aucun homme n'est sage — Quelque homme n'est pas sage. 

64. Tableau des quatre oppositions. — On se 
sert des quatre voyelles A E I O pour nommer les pro- 
positions qui sont opposées entre elles de quatre maniè- 
res différentes. A : La proposition universelle affirmative ; 
E : La proposition universelle négative ;I : La proposition 
particulière affirmative ; O : La proposition particulière 
négative. 

Le schème suivant représente ces quatre proposi- 



tions. 

Tout homme est sage 

A 



Contraires 



.\ucuD homme n'est lAge 



ce 

s 



i 



I 



'vV. 



.o' 



.^' 



.O^ 



% 



ï* 



s 

B 

9 



O 



Sous-Contraires 
Quelque homme est sage Quelque homme n'est pas sage 

65. Règles de l'opposition des propositions. — 
'" Deux contradictoires ne peuvent pas être à la fois vraies 
ou fausses, si l'une est vraie, l'autre est fausse, et récipro- 
quement. S'il est vrai que tout homme est sage (A), il 



DIALECTIQUE 



38 



«st donc faux que quelque homme n'est pa» lage (O). 
Dans deux contradictoires l'une est toujours la négation 
de l'autre. — "> Deux contraires ne peuvent être rraies à 
ia fois, mais elles peuvent être fausses. Si tout homme 
est sage (A) =1 est /eux de dire qu'aucun homme n'est sage 
<E). Mais en supposant qu'il soit /aux d'affirmer que 
tout homme est sage, il peut être aussi faux d'affirmer 
<iu'aucun homme 'nest sage (E). En effet, du moment 
<lu'on nie la sagesse à tous les hommes, il ne s'ensuit pas 
nécessairement que personne ne la possède. Quelques- 
uns peuvent l'avoir. — (»> Deux sous-contraires ne peu- 
tent pas être fausses à la fois, mais elles peuvent être 
vraies. Il est vrai de dire que quelque homme est sage 
(I) et n'est^ pas sage (O), parce qu'il n'est pas ques- 
tion du même homme. Mais s'il est /aux de dire que 
quelque homme est sage (I), il s'ensuit que la proposition ; 
Quelque homme n'est pas sage (O) est vraie. 

66. La conversion. — La conversion est la transpo- 
Jiition des termes de la proposition, du sujet en attribut, 
4e l'attribut en sujet, de manière que la nouvelle propo- 
rtion soit affirmative ou négative, vraie ou fausse, 
comme la première. Ex. : La justice n'est pas le cou- 
rage. — Le courage n'est pas la justice. 

67. La conversion simple. — La conversion est 
mmple, quand, après la transposition des termes d'une 
-proposition, celle-ci garde la même extension. Ex. : 
Quelques hommes sont savants (I) — Quelques savants 
sont hommes (I). Aucun homme n'est ange — ^ucun 
ange n'est homme (E) — . 

68. La conversion par accident. — La conversion 
est par accident lorsque, après la transposition des termes 
de la proposition, celle-ci ne garde pas la même extension. 



34 



LEÇONS DE LOOlqUE 



Ex. : Tout homme eal mortel (A). 
homme (I). 



Quelque mortel eit 



«9. La converiion par oontrapositton. — La 

conversion est rjor contrapoaition quand, aprè» la tranapo- 
aUion dea termea d'une proposition, celle-ci devient indé- 
finie par la particule négative non Pas. Ex. : Quelque» 
hommea sont jualea — Quelques non pas juatea aont non 
PAS hommea. 

70. Riglai d« la eonTanion dM propoiitloni. — Le» propo- 

■itions unirmelle négative (e) et partkutièrt afflrnativt (i) ae conver- 
tissent limplrment. Le» propontiom uniperêelle négùtite (b) et un»'- 
verteUe affirmative (a) se convertissent par aeeidenl. Le» proposi- 
tions iiniiiiTjf«« (^fflrmatin (a) et particulière ntgaiite (o) se conver- 
tissent par mntrapoaition. Les règle» de la conversion s'expriment 
de la man ère suivante ; 

f F. c I se convertit timplement, 
E V \ se convertit par accident, 
A st O se convertit par contrapoiition, 
.\insi s'opère toute la conversion. 



DIALECTIQUE 

CHAPITRE V 



35 



Le raitonnement 

71. Définition du raisonnement. — Le raisonne- 
ment est la troisième opération de l'esprit humain. Il 
est Vacle par leqnd un jugement est déduit légitimement 
de deux autres. Ou encore, il est Pacte par lequel 
Vesprit humain d'une vérité connue infère une vériU 
inconnue. Exemple. : 

Tout ce qui vit doit se nourrir. 
Or Charles, Annette vivent, 



vérité connue 



Donc Charles, Annette doivent se nourrir.j^.Wm.T'déd!!' 

He de la première 

Le raisonnement se définit encore comme suit : c'est 
une opération par laquelle l'esprit humain d'une con- 
naissance donnée déduit une connaissance nouvelle. 

72. Le raisonnement est un acte parfait et 
imparfait. — Que l'esprit humain puisse arriver à la 
connaissance des vérités inconnues en partant des véri- 
tés connues, c'est certainement une perfection. Et le 
raisonnement lui permet d'atteindre des connaissances 
nouvelles ; à ce point de vue, le troisième acte de l'esprit 
est donc parfait. Mais que, pour arriver à l'acquisi- 
tion de la vérité, notre intelligence doive se condamner 
à une marche parfois longue et pénible, faire des 
détours sinueux, quémander l'aide d'un tiers, c'est une 
imperfection. Aussi bien, à ce point de vue, on peut 
appeler le raisonnement, acte imparfait. Dieu, les 
anges et les saints au ciel ne raisonnent pas. Ils ont 
la connaissance immédiate des choses. 



m 



36 



LEÇONS DK LOOIQUC 



73. Lft matière du rklionnamant. — La matWre, 
ou, ce dont ett fait un raitonnement, est de deux sortes : 
matUre éloignée et matièr» prochaine. En analysant un 
raisonnement on trouve tout d'abord des jugement», et, 
entuite, des idéee qui constituent ces jugements. C'est 
dire que les jugement» sont la matière ■prochaine d'un 
raisonnement et les idées en sont la mature éloignée. 

74. La forma du ralionnement. — Comme son 
nom l'indique, la forme du raisonnement est ce qui 
lui donne ton caractère spécifique, dittinctif. Or, la 
caractéristique d'un raisonnement est qu'un jugement 
soit déduit légitimement de deux autres. Et pour 
qu'un jugement soit déduit légitimement de deux 
autres, il faut qu'il y ait un lien, un trait d'union entre 
lui et ces deux autres. Ce Hen, ce trait d'union entre 
Us deux pf v^ers jugements et le troisième, c'est la ferme 
du raisonnement. La lorme du raisonnement s'appelle 
la conséquence qu'il ne faut pas confondre avec le con- 
séquent ou la conclusion qui est le nom du troisième 
jugement déduit des deux premiers. La matière et 
la forme d'un raisonnement sont ses éléments. 

75. Di&érences entre la conséquence et le con- 
séquent d'un raisonnement. — Il y a indépendance 
entre la conséquence et le conséquent ou la conclusion 
d'un raisonnement. En effet — » La conséquence peut 
être fausne et le conséquent vrai. L'exemple suivant le 
prouve : 



Tout homme est martel. 
Or le pape est un homme. 
Donc Paris est une grande ville. 



DIALCCTIUDE 



37 



Part, cri une grande riUe, ce conséquent e.t trai. 
Par contre, la conséquence est fau„e. puisqu'il n'y a 
pa» de lier,, de trait d'union entre ce troisième jugement 
et les deux premiers. - .. La conséquence peut être vraie 
«t le eontéguent faux. Voici un exemple : 

Celui qui est libre a le droit de tout faire. 

Or l'homme est libre. 

Donc l'homme a le droit de tout faire. 

L'homme a le droit de tout faire, ce conséquent est 
faux. Mais .1 est déduit légitimement des deux pre- 
miers jugements. La conséquence est vraie. 

76 Principe, du raisonnement. - Le raisonne- 
ment s appuie sur les deux principes suivants : Deux 
choses qm conviennent à une troUième, conviennent entre 
eues. Deux choses, dont l'une ne convient pas à une 
troisième, ne peuvent pas convenir entre elles 

Faisons voir par deux exemples que le raisonnement 
«•t bien 1 application de ces principes. 

Tout homme est mortel. 
Or le pape est homme. 
Donc le pape est mortel. 

Nous concluons que le pape est mortel, parce qu'il est 
homm^. En d'autres termes, l'idée pape et l'idée mortel 
conviennent entre elles, parce qu'elles conviennent à 
une troisième idée, celle d'homme. C'est donc l'appli- 
cation du principe : Deux choses qui conviennent à une 
troisième, conviennent entre elles. 

Les hommes ne sont pas infailliblei>. 

Or les politiciens sont des hommes. 

Donc les politiciens ne sont pas infaillibles. 



88 



LBÇONa DE LOGIQUE 



Le» politieienê ne loni pat infaillMeê, c'est parce qu'il» 
•ont des hommea. Il n'y a pas convenance entre lea 
idées polilieienu ri inJaUlMen parce que l'une d'elles — 
idée Aomnie« — ne convient pas à l'idée infaillible». Ce 
second raisonnement s'appuie donc sur le principe : 
Deux chose», dont l'une ne convient pat à une Iroitième, nf 
peuvent pa» convenir entre elle». 

77. Le raiionnament luppoie une vérité imm4- 
<Uftte. — La vérité immédiate est celle qui ne se prouv* 
pat, qui s'impose tout de tuite à l'esprit, qui, pour avoir 
l'adhésion de l'intelligence, n'a qu'à se présenter. 
D'une façon prochaine ou éloignée, le raisonnement 
suppose cette vérité. S'il fallait tout démontrer, le 
chemin qui conduit à la certitude serait très long, 
voire, sans issues. Et donc, pour ne pa» procéder à 
l'infini, ce qui est absurde, il faut arriver à une ou à 
quelques vérités immédiate», indêmontrablej, base nicei- 
aaire de tout raieonnement et de toute argumentation. 

78. Espèces de raisonnements. — Il y a deux 
espèces de raisonnements : le raisonnement déductif et 
le raisonnement inductif. Le raisonnement déductif est 
l'acte par lequel l'esprit humain déduit légitimement un 
jugement particulier d'un jugement universel. — Le rai- 
sonnement inductif est l'opération par lequel l'esprit 
humain déduit un jugement universel d'un jugement par- 
ticulier. 

Ex. : 



Baiionnement 
d*duclir 

ou 
Déduction 



Tous les enfants bien élevé» sont reconnais- 
sants. 
Or Jean-Marie et Charles sont bien élevés. 
Donc Jean-Marie „i Charles sont reconnais- 
sants. 



RsiMoneineiit 
induelif 

ou 
laduetion 



DIALECnuOC og 

'•''''''■Marie et Charle. .ont reeonnaiuant, 
OrJean.Marie. Charle» sont de, enfant, 
bien élevé,. 

Donc ton, le, enfant, bien életé, .ont recon- 
nau.ant.. 



Ai^' ^■.~ P""' '* '""8"8e courant, le raisonnement 
déducMf. ou la déduction. ,e confond avec le sXTm.! 



1 î 

'i 



(CHAPITRE VI 

Le SyHogi.me 

79. Définition du syllorism* i« ■■ ■ 
«.t le .«ne .«.Ble. ^'.^^Zni.'l^^^':::: 
avTeliTJnT-'^'''"'' '' '""'' r'^oPO'^io,,. dontVune 
de.dLn, ""Z""»^'""" découle nécessairement 

de. deux autre, nommée, prémU.es ou anUcédeu. 

Ceux qui .ateni ,e vaincre ,ont heureux, 
Orle,per.onne. con.acrée, à Dieu .avent .e vaincre, 
'" V'"onne, con.acrée, à Dieu .ont henreu.eè. 

80. Terminologie du «yllogUme.- Dans le syl- 

l-J'u^me proportion. - La propo,ition majeûre.^êsl 
celle qu. contient et le grand et U moyen terme U^o^. 



40 



LEÇON DB IX>OlqUE 



tition mineure, c'est celle qui contient et le petit et le 
moyen terme. Les deux premières propositions — pro- 
positions majeure et mineure — s'appellent antécédent 
ou prémiaeee. Le grand et le petit terme sont aussi 
appelés extrêmeê, 

81. Lois du syllogisme. — Pour que la conclusion 
soit légitimement déduite des prémisses, il est nécessaire 
d'observer certaines lois, dites « lois du syllogisme ». 
Ces lois, elles sont au nombre de huit, dont quatre pour 
les termes, et quatre pour les propositions. 

A. LOIS DES TERMES : 

I 1. Troie termes sont exigée : le grand, le petit et le 
moyen terme. 
II 2. Lee termes, dan» la conclusion, ne doivent pas 
avoir une extension plus grande que dans les 
prémisses. 
III 3. Le moyen terme ne doit jamais être dans la con- 
clusion. 

JV 4. Le moyen terme doit être universel, au moins une 
fois. 

B. LOIS DES PROPOSITIONS : 

V 1. Si les deux prémisses sont négatives, pas de 

oonclusion possible. 
VI 2. De deux prémisses affirmatives on ne peut pas 
déduire une conclusion négative. 
VII 3. On n« peut rien conclure de deux prémisses par- 

tieuliir»». 
VIII 4. La conclusion suit^ujours^a partie la plus 
faible. 



DIALECTIQUE 4] 

Cent loi rrf' '" "îf"* •* '• ""y""» »•"»••- 
Cette loi est basée sur l'essence même du syllogisme 

Celu..c.. en effet consiste dans la compaSon de 

deux termes, appelés extrêmes, avec un troMme nomml 

moyen terme. Donc, s'il y a plus ou moins que Zs 

n'y a^'JaVr'T'"" "'' ^^ '"* P°'°*' «* P"*-" 
ny a pas de syllogisme possible. - Notons que es 

termes doivent être trois quant au sens. Il se peut 
rencontrer, parfois, quatre termes dont deux ont ÏÏ 
même sens. Alors la loi est observée. " 

£x. : 
Bossuet est un grand orateur. 
Or Bossuet est un mot de trois syllabes 
Donc un moi de trois syllabes est un grand orateur. 
Dans ce syllogisme, quant aux mots, il y a «rot, 
terme., mais, quant au sens, il y en a ,«<rfr,: puisque 
Bossuet orateur, et Bossuet. mot de trois .yllLs^^ 
sont deux Bossuet distincts. 

Le pape est partout respecté. 

Or celui ,u.- est partout respecté a bonne réputation. 

Donc le chef de l'Église a bonne réputation 

Quant aux mots, ce syllogisme possède quatre termes- 
<iuant au sens, il n'en a que trois, parce que ^ et 
chef de VÊglue ont la même signification. ^ 

83- Deuxième loi des termeg: Le» termes dan. 

plus grande que dus les prémisses. - La conclu 
sion donne le résultat de la comparaison faite dan, "s 
prémisses entre le petit, le grand et le moyen terme 
i». le petit et le grand terme conviennent au m"^e„ 



42 



LEÇONS DE LOGIQUE 



terme dans les prémisses, ils doivent convenir entre 
eux dans la conclusion ; si l'un ne convient pas au 
moyen terme dans les prémisses, ils ne peuvent con- 
venir entre eux dans la conclusion. Il faut donc que 
ce soient exactement les mêmes termes dans la con- 
clusion. Autrement, la conclusion ne serait pas le 
résultat de la comparaison. 

Ex. : 

ToxU prêtre a h pouvoir d'absoudre les péchés. 

Or tout prêtre est homme, 

Donc tout homme a le pouvoir d'absoudre les péchés. 

Dans les prémisses, parpe que attribut d'une propo- 
sition affirmative, homme est un terme particulier — 
en effet — • tout prêtre est quelque homme. Dans la 
conclusion, parce qu'affecté du terme tout, homme est 
•universel. Par conséquent, ayant une extension par- 
ticulière dans la mineure, et une extension universelle 
dans la conclusion, le terme homme n'est plus exacte- 
ment le même. Aussi bien ce syllogisme est-il faux. 

84. Troisième loi des termes : Le moyen terme 
ne doit jamais être dans la conclusion. — La con- 
clusion énonce que le petit et le grand terme convien- 
nent ou ne conviennent pas entre eux suivant que tous 
deux ou l'un d'eux conviennent ou ne conviennent pas, 
dans les prémisses, au moyen terme. La comparaison 
se fait donc dans les deux premières proportions. Et 
le moyen terme n'est exigé que pour la comparaison. 
S'il se rencontre dans la conclusion, il n'est donc pas à 
sa place. 



DIALECTIQUE 



« 



Ex. 



La Mire Marie de V Incarnation fut une grande eainte, 

Or la Mère Marie de l'Incarnation a été la première 

eupéneure des Vrsulines de Québec, Première 

Donc la première supérieure de. Ursulines de Québec 

Ï™. Y » ^""^ ^' V Incarnation » est le moyen 

coXir '''"°^"'"^- ^^ '^'"^^ -* <•« '-^ «la- la 

85. Quatrième loi des termes • L« «,«_.- 
terme doit être universel au m"ns u ^toiT~ù 

moyen terme est répété deux fois dans les prémisses 
Supposons qu'il soit particulier les deux fois^ dTns ce 
cas on aura quatre termes quant au sens. I^ZJ^t 
cuher est une fraction de l'universel, et deuxÏacCs 
de 1 universel sont différentes et constituent deux 
termes complètement distincts. 

Ex. : 

Tout péché est mauvais. 
Or Jean est mauvais. 
Donc Jean est péché. 

tivï""rsr IT T- """^"^ ''" propositions affirma- 
Déché ! T°" P"'i«"Ker. Aussi mauvaU 

péché, et mauves Jean, ce sont deux termes tout à 
fait distincts. Et ce syllogisme, pour n'avoir que "ro^ 
termes ,„„„, au. mots, en a réellement quatre, qTanZ 

unVersd ' "' ^O^"'"^""'' *«l-vaut à un terme 



44 



LEÇONS DU LOGIQUE 



86. Première loi dea propositions : Si les deut 
prémisses sont négatives, pu de conclusion pos- 
sible. — La conclusion est le résultat de la comparai- 
sou faite dans les prémisses. Si les deux extrêmes 
conviennent au moyen terme, la conclusion sera affir- 
mative. Si l'un des extrêmes ne convient pas au moyen 
terme, le petit et le grand terme ne conviendront pas 
entre eux dans la conclusion, et celle-ci sera négative. Il 
ne peut pas donc pas y avoir de conclusion, lorsque les 
ieux extrêmes ne conviennent pas au moyen terme, 
par ce que, dans ce cas, il n'y a pas eu de comparaison. 
Et les deux prémisses sont négatives précisément lors- 
que le grand et le petit terme ne conviennent pas au 
moyen terme. 

Ex.: 

L'homme n'eit pat un minéral. 
Le minéral n'est pas un animal. 
Done. . . 

Que conclure ? rien, c'est évident. 

87. Deuxième loi des propositions : De deux 
prémisses afiarmatives, on ne peut pas déduire 
une conclusion négative. — Cette loi est, pour ainsi 
parler, l'inverse de la précédente. Quand les deux 
prémisses sont affirmatives, les deux extrêmes (grand et 
petit terme) conviennent au troisième (moyen terme). 
C'est cette convenance qu'exprime la conclusion, et 
partant, elle doit être affirmative. 

Le vice est détestable. 
Or la paresse est un vice 
Donc la paresse est détestable. 



DIALECTIQUE ». 

C'est la bonne conclusion. Et non pas ceUe-ci • 
Donc la paresse n'est pas détestable. 

nJf* ^"*»"™ '01 de» propMltion. : On ne 
p «t rl.n conclu,, de deux prémlwe. p^cn. 
:~ ^°'""'* ' «"tension d'une proposition est la 
quantité même du sujet de cette proposition. L pro- 
positions particulières ont donc toujours com;ie su^ts 
des ternies pamculiers. - On peut supposer trois cas! 

venlTr T' 7 ^' ^T P'*""'^^ particulières peu- 
ven être néga ives. Alors, en vertu de la première 
lo. des propositions toute conclusion est impossiwê 

Deuxième cas. -Le, deux prémisses particulières 
peuvent être affirmatives. P»rucuiieres 

Ex. : 

Quelques savants sont incroyants. 
Or quelques incroyants sont illetrés, 
Donc quelques savants sont illetrés. 

La quatrième loi des termes n'est pas observée 
1^ moyen terme incroyants est pris dans deux sens 
diffé^nts. En réalité, ce syllogisme contient V^^ 
termes — quant au sens. 

DeJifr T~^' '*'"'' P'^'""'^^ particulières 
peuvent être, 1 une affirmative, l'autre négative. Ex. : 

Quelques étudiants sont paresseux. 

Or quelques hommes ne sont pas paresseux. 

Donc quelques étudiants ne sont pas hommes. 

n'e?t'°n»r .^y"°?"'"^A ''' '^•'""^'-« '°i «!«« termes 
n est pas observée. Dans la conclusion, parce que 
attr,but d'une proposition négative le terme AoZ 



M LEVONS DE LOGIQUE 

est universel. Dans les pré.aisses, il est particulier. 
Ou encore : 

Quelques étudiants ne sont pas homrh.es. 

Or quelques étudiants sont paresseux. 

Donc quelques paresseux ne sont pas hommes. 

Ici la quatrième loi des termes n'est pas observée. 
Etudiants, moyen terme, est deux fois particulier, 

89. Quatrième loi des propositions : La con- 
clusion suit la partie la plus faible. — Si l'une des 
prémisses est négative la conclusion est négative ; si 
l'une des prémisses est particulière, la conclusion est 
particulière. En effet, si l'une des prémisses est néga- 
tive, c'est parccque l'u^ des extrêmes ne convient 
pas au moyen terme. Et. la conclusion, nécessaire- 
ment sera négative. Ex. : 

Tous ceux qui offensent Dieu ne sont pas ordinaire- 
ment heureux. 

Or les pécheurs offensent Dieu, 

Donc les pécheurs ne sont pas ordinairement heureux. 

Cette conclusion est juste, évidemment. 

Si l'une des prémisses est particulière, c'est parceque 
l'un des extrêmes ne convient qu'en partie, ou, partiel- 
lement, au moyen terme. C'est cette partie de l'ex- 
trême convenant au moyen terme qui sera exprimée 
dans la conclusion. Celle-ci sera donc particulière. 
Ex. : 

Quelques souverains ne sont pas aimés. 

Or tous les souverains sont les représentants de l'au- 
torité. 

Donc tous les représentants de l'autorité ne sont pas 
aimés. 



DIALBCTIQDB 



if 



Il faut dire quetquêê 



Cette conclusion est fauise. 
repriaentani» de Vautorité. 

90. A quoi sert le syliori.me t^ h • 

trois pi^rascHot;:; ^^^^^l^^^ « 
chance de se faire admettre rw f ""'.""' '** 

de «rands esprits con. JÏ^l^ue^ u Tva^t" sX fe"* 
du discours « les fiitures et Ip. . ° *'*' 

parole ,. . . p„„ ^:\ JoJ "./"ïf . ^T-'^ <î<» 
dans ces ouvrages et n» i l^ * logique fait 
Selon Kant 7Zs le! v^ ^f ' rhétorique y ajoute ,. 
vrent très VcÏÏen ^.TT^ÎT' "^ '"'''^■ 
mettant un argument en forme » "Er n""r'" •'"' 
«tout raisonnement qui ne pTut être •'^°" ^°"'"'- 

tique, écrit V Cous n est uni " * ^'"* '^'''>l^^ 
donne à l'esprit Ktut erdeTXu''""""^^' ''"" 
cette mâle école que se sont form/ * !"' ^ ""* ^ 

a que de l'avantage à y rete^T °°' "*'"'' "* "' "'^ 
"ge a y retenir la jeunesse actuelle.» (i> 

91- ngures du syllorismA t .<: 

92. Différentes espèces de fleuras n . • 
figures du syllogisme En pff!n ~ " ^ a trois 



"' Cfr. Uhr. 



ouv. cit. T. 1, pp. 432-433. 



4» 



LEÇONS DB LOOIQDB 



93. Prtmiére flffure du syllogisme. — Lorsque le 
moyen terme est eujet dans la majeure et aUribut dans 
la mineure, le syllogisme appartient à la première 
figure. Ex. : 

Toute ecience mérite le reepeet, 
Or la philoiophie eet une eeience. 
Don' la phUoiophie mérite U retpect. 

Dans ce syllogisme le moyen terme est ecienee. 

94. Deuxième figure du syllogisme.— Si le moyen 
terme est attribut et dans la majeure et dans la mine ire, 
le syllogisme appartient à la deuxième figure. Ex. 

Tout homms peut pécher. 

Or aucun ange ne peut pécher. 

Donc aucun ange n'ett homme. 

Dans cet exemple le moyen terme est peut pécher. 

95. Troisième figure au syllogisme. — Quand 

le moyen terme est eujet et dans la majeure et dans la 
mineure, le syllogisme est appelé syllogisme de la Iroi- 
tième figure. Ex. : 

Tous le» pape» ont été infaillible». 

Or quelque» pape» furent des aUemand», 

Donc quelque» allemand» ont été infaillible». 

Ici le moyen terme est papes. 

96. Modes du syllogisme. — Les modes du syllo- 
gisme sont les différente» combinaiton» dont »ont iu»eep- 
tibles les prémisses d'un syllogisme eu égard à leur quan- 
tité {universelle ou particulière) et à leur qualité (affirma- 
tive ou négative). 



DIALBCTIQDB 40 

occupent la nUme plac. ^ éan, le. 3L ExT 

Ztl^ ! ' ¥ ^- ""^ i'^cUigenU et laborieux. 
Donc Ue enfante de M. X. .ont eetimahU,. 

.e.^«rr/ï'"° **'"" ''^"''^'""' "'* i^'iirecU lorsque 

La vertu ett une .ource de joie. 

Or la vertu est une bonne habitude 

Donc une oonne habitude e.t une «>urce de joie. 



CHAPITRE VII 

DifférenU. eepèces de Syllosiame. 

98. Syllogisme scolastiaua — t^ h • 

la.tique ou en forme e,t «/." ~ »y«08«sme «0- 
propoeitions an^Z^L^ZZ " T^" ''' ''"" 
^iuUenéce..airelZdtre::tlrT " '"^'"' " 

Crfm qui accomplii .on devoir e.t heureux. 
Or Jean accomplit .on devoir. 
Donc Jean eH heureux. 

99- Syllogisme oratoire. — Le «vii^,^ 
en celui qui. pour arriver à u«, 'f '"«"««e o^<^re 
proporit^n.el.Jt^. conciu«on. dUpo,e ... 

B«. . En ce monde, ceux gui ne .e .oumJtZt 



M 



LBÇOM* DE LOaiqCK 



pat à la volonté de Ditu, >ont nuMtureux. Il est tmcile 
de ramener ce syllogiime oratoire à un syllogisme sco- 
Ustique. 

>uO. Byllogiime simple. — Le syllogisme simple 
est celui qui ett formé de proporitiont eimplet. Ex. : 

La vertu ett aimahle. 

Or l'humilité ett une vertu. 

Donc l'humilité ett aimable. 

101. Byllogiime compoié. — Le syllogisme com- 
posé est celui qui ett formé de propotitiont compotéet. Ex : 

La philoiophie, l'hiitotre, tont trèt utUet, 
Or la philotophie, l'hittoire, tont det tciencet. 
Donc quelquei tciencet tont utilet. 

102. Syllogisme absolu. — Le syllogisme abiolu est 
celui qui ett formé de propotitiont abtoluet, c'est-à-dire, 
de propotitiont dam letquellea le mode de convenance ou 
de non-convenance de l'attribut au tujet, n'eit pa' ■ tpri- 
mé. Ex. : 

Les animaux ont des facultét lentitivet, 

Or le cheval est un animal. 

Donc le cheval a det facultét tentitivei. 

103. Syllogisme modal. — Le syllogisme modal est 
celui qui te compote de propotitiont modalet, c'est-à-dire, 
de propotition dant letquellea le mode de convenance ou 
de non-conven^,ice de l'attribut au tujet eit exprimé. 
Ex. : Il est impossible que l'homme descende du tinge. 
Or Jean ett nécessairement un homme, Donc il ett 
impottible que Jean descende du tinge. 



DIALECTiqUB «j 

104. Bjrlloglim* mixte. — i^. .»iu-j 

Wr yac?uM «rt Aomme (absolue). ' 

Donc a est impo,Hhle que Jacques «,.7 une pierre. 

ce qui nuit à la eanté doit être frit/ nlv,' , ". ""' 
sanU. Doncl-aUooUoiUtr/Lu- ^ ''"'-'"'«•' ^ '« 

106. ByUogisme hypothétiaue — r» . ii • 

^nJeurVe r """' "" "•'"" '« -"-/î--. Or ^^ 
n°S7A~,^ syllogisme hypothétique est condUiZ 
T^nneleTdU- "'./^^"f* P- '» Po^ic^i, eSl 

107. Lois du «yllogisme conditionnel.- 

Or, wu» ^/e» quihecquoia. 
Donc voue êtei canadien. 



52 



LEÇONS DB LOOiqCB 



■on tour, le conditionné eit X'tffti initparahU de !• 
condition. 

DEUXiixE LOI. — Si l'on affirmé le eonditionni, il ne 
t'enntU pat qu'il faiUe affirmer la eondUion ou l'anit- 
cèdent. Ex. : 

Or tout êtes canadien (conditionné), 
Donc voue été* quibecquoii i> ondition). 

Il est évident que rtUi- conclusion est fausse. La 
raison de cette loi est que la condition n'est pas la 
taute unique du conditionné. Il est vrai, en effet, 
qu' « être québecquois » est un» des causes d' « être 
canadi'^n >, mais non pas Vunique. 

THotsiÈHE LOI. — Si l'on nie le conditionné ou le eon- 
«f ruent, U faut nier la condition ou l'antécédent. Ex. : 

Or voue n'étee pas canadien (conditionné). 
Donc voue n'étee pae québecquois (condition). 

Le conditionné est Veffet inséparable de la condition 
qui en est la cause nécessaire. Donc, en niant Veffet 
on nie la cause qui en est inséparable. 

qc ATRiixE LOI. — Si l'on nie la condition, il ne s'ensuit 
peu qu'il faille nier le conditionné. Ex. : 

Or vous n'êtes pas québecquois (condition). 
Donc vous n'êtes pas canadien (conditionné). 

Le conditionné ou le conséquent est faux. — La con- 
dition est une des causes, et non pas la cause unique 
du conditionné. 

108. Lois du lyUogisme dlBJonctif . — Le syllo- 
gisme disjonctif est celui dont la majeure est une pro- 
position disjonetive. 



DIALBCTlqCB 



âS 



«/l i ^''°'" ~.^ "•'^■*"" dùjonctive doil Hre eom- 
put». La dujonctive incomplète peut «rf vraie on 
f.u,^ d.„. tou. «,. membre., et l'on ne pou'r"' 
conclure. Le .yllogMme suivant manque à cette I. ;. 

Ou voui tu, eanadien, ou vou, ttet françaU, 
Or vous n'iteê pu» canadien. 
Donc tout iUtfrançaii. 

La majeure de ce .yllogisme peut «tre fausse : Il y 

Elle „l!l'L*''"' "?"' o """' "' canadien» ni /ronçaù. 

Elle peut être vraie : Beaucoup de gens «>nt canadiens 

et /r«„ç„„. Pour conclure dan. une disjonctive. U 

^aui qu au moins un membr.. soit ou bien prai ou bien 

tive est affirmé ou mé. les autres membres doivent être 
mes ou affirmés. Si tous les membres moins „„ sont 

ilmé' °" "" """"''" ""^"' '*°''-**"' "'■< °" 

Ex : Z,« «^„« ae la classe A sont aussi studieux, ou 

Or i7* TOn< aussi studieux, 

Donc ils ne sont pas ou plus, ou moins studieux. 

Or ils ne sont pas aussi studieux. 

Donc iU sont ou plus, ou moins studieux. 

Or ils sont ou plus ou moins studieux. 
Donc ils ne sont pas ausH studieux. 

Or ils ne sont pas o« plus ou moins studieux. 
Donc ils sont aussi studieux. 



54 



LEÇONS DE LOGIQUE 



109, Lois du ayllogiame conjonctit. — Le syllo- 
gisme conjonctif est celui dont la majeure est une pro- 
position conjonctive, c'est-à-dire une proporition dojit 
Us memhrei lovi incompatibles. 

PREMIÈRE LOI. — L'affirmation de l'un des membres 
entraîne la négation de l'autre. Ex. : 

On ne peut pas à la fois aimer Dieu et haïr son pro- 
ehain. 

Or X hait son prochain. 
Donc X n'aime pas Dieu. 

DEUXIÈME LOI. — La négation de l'un des membres en- 
traine l'affirmation de l'autre s'il y a opposition contra- 
dictoire entre les deux. Ex. : 

On ne peut pas à la foii Hre catholique et bapiiste. 
Or vous n'êtes pas catholique. 
Donc vous êtes baptiste. 

Cette conclusion n'est pas légitime, parce que être 
catholique et être baptiste ne sont pas opposés contra- 
dietoirement. Tous les non-catholiques ne sont pas, 
pour cela des baptistes. Ils peuvent être des adeptes 
des autres cultes nombreux qui se partagent le monde. 

Ex. : On ne peut être à la fois théiste et athée, 
Or vous n'êtes pas athée. 
Donc vous êtes théiste. 

Cette conclusion est légitime, parce que, entre le 
théisme et l'athéisme, il y a opposition contradictoire. 

110. Bntbymène. — L'enthymène est un syllogisme 
dans lequel une des prémisses est sous-entendue. Ex. : 

Tout fondateur de séminaires mérite de la patrie. 
Donc Mgr de Laval mérite de la patrie. 



DIALECTIQUE rg 

doU): "*i*'"'*'"«- - I-'épichérème est un syllogùme 
dont lune des prémisse, ou toutes les deux sont oZmZ 
gnées de leur preuve. Ex. : accompa- 

Ceux qui savent se vaincre sont heureux : la paix et U 
^^-rrésuUent des victoires que Von remp^^^rsoÏ 
même. Or ceux qui sont fidèles à Uurs devoir, savent se 
vaincre. Donc ils sont heureux. 

de^lLf''^^'~^-'°"^^ "'"■ "" syllogisme composé 

pZ7atit ? "" '''f .'''^■'"' '" *"^" ^ l" '-^r^U 
pour arriver à une conclusion dont le sujet est celui de la 
première proposition et Vattribut celj de lalrtiLe 
proposition. Ex. : aerniere 

L'écolier studieux fait la consolation de ses maUres 
à DiZ' '" "' consolation de ses maUres est agréable 

Celui gui est agréable à Dieu est heureux. 
Donc l écolier studieux est heureux. 

c'édZTseZd" r r^"" '^" '--^' ^--^ ''-«- 

JétfZ """"'"' "'* ""* ''""'^•°" ''« P'""^^' d-ns 

L^rZ"" ^'^^Zr^"''* ""'"" «^"^ inteUectuel, 
étu^Z " "' P^""'*"*"' P«* dans les 

de »!"" T "' P^»"""»' ?«" <*«»» i«* ««de* risquent 
le manquer leur avenir. 

Donc beaucoup d'élèves risquent de manquer leur avenir. 



56 



LKÇONB DS LOGIQUE 



114. Le dilemme. — Le dilemme est un argument 
dont la maieure eit une propoaition dUjonctive à deux 
membre) qui — l'un affirmé et l'autre nié d<ina la mineure 
— donnent toujours une conclusion opposée à l'adversaire 
réel ou imaginaire. Ex. : 

Les rois, ou ils sont méchants, ou ils sont bons. 
S'ils sont méchants, quels afreux tourments ils se pré- 
parent. 

S'ils sont bons, quelles diffi,cuUés n'ont-ils pas h vaincre. 
Les rois sont donc à plaindre. 

Ce dilemme de Fénélon (Télémaque, Liv. VI) peut 
être opposé à ceux qui vantent le bonheur des têtes 
couronnées. 

115. Lois du dilemiiie. — Les loi» du dilemme peu- 
vent se ramener à trois. 

FBEMiÈBE LOI. — La majeure disjonctive doit être com- 
plète ; autrement l'adversaire pourrait alléguer une 
autre hypothèse non énoncée et échapper ainsi à la 
conclusion. 

Le dilemme suivant manque à cette loi. Ex. : 

Après ses études classiques, mon fils sera ou médecin, 
ou notaire. S'il est médecin, il mènera une existence 
misérable, puisque c'est une profession dont l'exercice est 
très souvent pénible. S'il est notaire, il sera pauvre toute 
sa vie : c'est une profession peu lucrative et très encom- 
brée. Donc mon fils ne fera pas d'études classiques. 

A part la médecine et le notariat, il y a d'autres 
carrières auxquelles conduit un cours classique. 

DEUXIÈME LOI. — • // faut qu'entre chaque membre de la 
disjonctive et la conclusion il y ait un lien logique et 
nécessaire ; chaque membre de la disjonctive est la 



DIALKCTiqUE 



67 



condition et la conclusion le conditionné. Entre la 
condition et le conditionné il y a un lien logique et 
nécessaire, relation de cause à effet. Ex. : 

Ou voua êtea sujet britannique, ou voua ne l'êtea pa». 

Si voua l'êtea, voua êtea canadien. 

Si voua ne l'êtea paa, voua êtea françaia. 

Donc voua ne méritez paa protection. 

Ce dilemme n'est pas conforme à la deuxième loi. 
De ce que quelqu'un est sujet britannique ou non, U 
ne s'ensuit pas logiquement et néceaaairement qu'il soit 
canadien et français. 

TROisiàMB LOI. — Il faut que le dilemme conclue de 
manière qu'il ne puiaae être rétorqué contre aon auteur ; 
cette loi est basée sur la nature même du dilemme. 
Le dilemme suivant manque à cette loi. Ex. : 

Ou votre vie aéra longue, ou elle aéra brève. 
Si elle eat longue, voua voua priverez d'une foule de 
plaiaira légitimea, en entrant dana l'état religieux; Si 
elle est brève, voua n'irez paa loin dana la voie de la per- 
fection, objet de voa déairs. Donc voua ne devez paa 
choiair la me religieuae. 

On répond en rétorquant. . . 

Si ma vie eat brève, je renoncerai à trèa peu de plaiaira, 
même légitimea ; Si elle eat longue, je pourrai aller trèa 
loin da.na la soie de la perfection, objet de mea délira. 
Donc, je choiairai l'état religieux. 



68 



LEÇONS DE LOGIQUE 

CHAPITRE VIII 



L'induction 



116. Définition da l'induction. — L'induction est 
un raisonnement qui conclut du particulier au général. 

Ex. : Les animaux vertébrés et invertébrés ont la faculté 
de se nourrir. Or les vertébrés et les invertébrés forment 
tout le genre animal. Donc tout le genre animal a la 
faculté de se nourrir. 

117. Induction complet*. — L'induction complH» 
est celle qui conclut à la généralité des cas en partant de 
l'énumération complète de ces même cas. Ex. : 

Chaque élève de la classe de philosophie est intelligent. 
Donc toute la classe de philosophie est intelligente. 

118. Induction incomplète. — L'induction incom- 
plète est celle qui conclut à la généralité des cas en partant 
de l'énumération incomplète de ces mêmes cas. 

Ex. : Charles, Henri, Jean sont des êtres doués de 
raison. Donc tous les hommes sont des êtres doués de 
raison. 

119. Induction scientifique. — L'induction scien- 
tifique est une induction incomplète qui conclut au général 
en partant des particuliers considérés dans leur essence ou 
leurs propriétés essentielles. Ex. : 

La table, le livre, l'encrier sont pesants. Or la table, 
le livre et l'encrier sont des corps. Donc tous les corps 
sont pesants. — La pesanteur est une propriété essentielle 
des corps. 



DIALECTIQUE 59 

120 Induction vulgaire. - Vinduction vulgaire ert 
une induction incomplète gui conclut au général en partant 
de> partuiulier, considéré, dans Uurs qualités acciden- 

t€U€8, AX* 

CeUe table, ce livre, cet encrier, sont noirs. Or ceUe 
table, ce livre, cet encrier sont des corps, Donc tous les 
corps sont noirs. 

121. Les phases de l'Induction sdenUflque. — 

Il y a trois phases dans l'induction scientifique ■ L'expé- 
nence. la vérification et Venférence. 

"Expérience. — nu consiste à considérer les faits- 
Cette considération des faits comporte deux opéra- 
tions -.lohservtUion et V expérimentation. Observer un 
fait, cest en être Umoin. c'est explorer un phénomène 
qui s est produit indépendamment de la volonté de 
celui qui 1 observe. Vobservation existe dans les scien- 
ces astronomiques et météréologiques. On observe une 
échpse de soleil, on constate qu'il pleut. Expérimenter 
un fait, c est le produire à volonté, c'est provoquer son 
apparition autant de fois que l'on veut. L'expérimen- 
tation a suHout sa place dans les sciences expérimen- 
tales, physiques et chimiques. On expérimente qu'une 
molécule d eau eat composée de deux atomes d'hydro- 
gène et d'un atome d'oxygène. Supposons le phéno- 
mène suivant : Un fer rougi au feu se dilate. On observe 
ce fait, on \ expérimente, en faisant rougir le fer autant 
de fois que 1 on veut. 

•' Vérification. Après avoir observé et expérimenté le 
phénomène, .1 s'agit d'en faire la vérification. On 
consUte que le fer rougi se dilate. Tout naturelle- 
ment on se demande quelle est la cause de cette dila- 

t 



ii 



«0 



LEÇONS DE LOGIQUE 



tation. En répétant l'expérience, on constate i nou- 
veau que chaque foi» que le fer rougit, il se dilate. 
Alors par l'emploi de certaines méthodes, on se rend 
bien compte, on vérifie que le fer se dilate, parce que 
le feu l'a rougi. 

•> Infirence. — Cette troisième phase est Virtduction 
proprement dite. Elle est l'œuvre exclusive de la raison, 
tandis que les deux premières sont l'œuvre des facultés 
sensibles (expérience), des facultés sensibles et de la 
raison (vérification). En effet après avoir expérimenté 
et vérifié que le fer rougi au feu se dilate, on infère cette 
loi générale : La dilatation du fer rougi au feu est due à 
la chaleur. 

122. Lois de l'induction scientifique. — >> L'ob- 
servation et l'expérimentation des faits doivent être com- 
plites. Si quelques faits étaient laissés de côté, on 
s'exposerait à attribuer à un phénomène une cause qui 
n'est certainement pas la sienne. — " Les hypothèses 
doivent être possibles et ne contredire aucune loi déjà 
prouvée certaine. Une hypothèse non fondée, loin de 
conduire à la certitude, empêche au contraire d'y ar- 
river. 

123. Fondement de l'induction scientifique. — 
Le fondement de l'induction scientifique est ce sur 
quoi s'appuie l'intelligence pour passer du particulier à 
l'universel. Qu'est-ce qui lui permet de conclure, par 
exemple, à la pesanteur de tous les corps, après avoir 
constaté cette propriété dans quelques corps seulement ? 
C'est parce que la pesanteur tient à la nature même 
des corps, c'est une propriété qui découle nécessaire- 
ment de leur essence. Or, nous savons que la nature 
ou l'essence des êtres est immuable. C'est pourquoi, 



DIALECTIQUE 



«1 



une qualité propre qui découle nécessairement de l'es- 
sence, existant chez un être, doit se trouver chez tout 
les êtres qui ont même essence. C'est cette invaria- 
bilité des essences, c'est leur immiUabilUé, qui sert de 
point d'appui à l'intelligence lorsque de certains cas 
particuliers elle passe à la généralité. L'invariabilité 
des eaaences ou des nature» est donc le fondement de l'in- 
duction icientifique. 

124. Induction et déduction. — » L'induction est 
employée dans les sciences positives, d'observation, 
expérimentales. La déduction, on s'en sert dans les 
sciences rationnelles. Ainsi la physique et la chimie 
sont des sciences inductivea ; l'arithmétique et la^ géo- 
métrie sont des sciences déductives. — " Pour être diffé- 
rentes, l'induction et la déduction ne s'excluent pas ; 
loin de là, elles se complètent, elles se rendent de mu- 
tuels services. L'une ne va pas sans l'autre. L'in- 
duction fournit les principes à la déduction. Ainsi, le 
principe général Tout homme est mortel est le résultat 
du procédé inductif qui permet de constater la mort 
dans chaque homme. D'autre part, la déduction joue 
le même rôle vis-à-vis de l'induction. C'est par la 
déduction que les hypothèses sont vérifiées, c'est par 
elle que l'on applique les lois générales aux cas parti- 
culiers. Par exemple, Pierre est mortel (cas particu- 
lier) parce que tout ce qui est humain doit mourir (loi 
générale) . — »> Certaines sciences sont surtout déduc- 
tives, d'autres sont surtout inductives. Cependant, il 
y en a qui emploient indifféremment les deux procédés, 
telles les sciences politiques, économiques et morales. 
On peut démontrer les avantages de telle forme de 
gouvernement (science politique) aussi bien par des 
faits (induction) que par des principes généraux (dé- 
duction). 



M.J 



«3 



LEÇONS DS LOOiqVE 

CHAPITRE IX 

Le syllogitme dtmontiratif. 



123. La démonitrfttion. — La iémorutration ut un 
4iyUogùme qui de prémùiee vraiet et eonnuei déduit une 
«oncluaion vraie causée par cet mime» prémiite». Ex. : 

Il n'y a pas d'effet sans cause. 
Or le monde est un effet, 
Donc le monde a une cause. 

La conclusion : Le monde a une cause, procède logi- 
quement et véritablement des prémisses, elle est 
causée par elles. 

126. Démonstrfttion parfaite. — La démonstration 
parfaite est celle dont les prémisses sont la cause nécessaire, 
intrinsèque, prochaine, adéquate, propre, de la conclusion. 
Elle répond à la question : Quelle est la nature d'une 
chose f Ex. : La démonstration de l'immortalité de l'àme 
par sa spiritualité est une démonstration parfaite. 

127. Démonstration imparfaite. -— La démons- 
tration imparfaite est celle dont les prémisses sont la 
cause contingente, éloignée, extrinsèque, de la conclusion. 
Elle répond à la question : La choee existe-t-clle f Ex. : 
La démonstration de l'existence de Dieu par l'existence 
du monde, est une démonstration imparfaite. 

128. Démonstration a prio^'i. — La démonstration 
a priori est celle qui va de la cause aux effets. Ex. : 
Prouver l'immortalité de l'àme humaine par la spirit 'U, 
c'est faire uru démonstration a priori, puisque, réelle s(, 
la spirituali',' est la cause de l'immortalité. 



DIALECTIQUB 



129. Démonitrfttlon » posteriori. — La dimoni- 
iroiton a poiteriori ert ceUe qui ta de» effet» à la caute. 
Ex. : Démontrer l'existence de Dieu par l'existence du 
inonde, e'e»t une démon»tTation a poiteriori, puisque le 
monde est l'effet de Dieu. 

130. Dimonitration directs. — La démonetration 
directe eit celle dont les prémiaiee eont la cauie positive, 
directe, de la conclueion. Ex. : Prouver que l'homme 
«st libre parce qu'il est intelligent. La liberté découle 
directement de l'intelligence. 

131. Démonitrfttion indirecte. — La démonetra- 
iion indirecte ou par l'absurde ett celle dont lee prémittet 
sont la cause indirecte, négative, de la conclusion. Ex. : 
Prouver l'immortalité de l'âme par la négation de l'in- 
justice en Dieu. Il est absurde de dire que Dieu est 
injuste. C'est ce que, cependant, il faudrait admet- 
tre, si l'âme humaine était mortelle. 

132. Rétorsion de l'argument. — La rétorsion de 
l'argument consiste à prendre l'argument de l'adversaire 
jmur démontrer It contraire de ce qu'il veut prouver. 
Ex. : Les tenants de l'école gratuite et obligatoire 
essaient de démontrer leur thèse en disant que l'état 
doit promouvoir la cause de l'éducation. Avec le même 
raisonnement il est facile de prouver le contraire, 
c'est-à-dire la non-nécessité de l'école gratuite et obli- 
gatoire. 

133. Démonstration rationnelle. — La démons- 
tration rationnelle est celle dont les prémisses sont des 
vérités d'ordre abairaii, rationnel. Ex. : 

Les êtres contingents sont finis. 

Or ks êtres finis sont imparfaits, 

Dvni' tes éires CvitUngenis sont imparfaits. 



M LEÇONS DE LOGIQUE 

134. Démonitrfttlon «mplriqu*. — La démontira- 
tion empirique eet celle dont lei primùeei (ont des vérité» 
d'ordre expérimental. Ex. : Cet objet l'eit dilaté tout 
l'influence de la chaleur. Or cet objet est du fer. Donc 
le fer se dilate noue l'influence de la chaleur. 

135. Démonitration mixte.. — La démonitration 
mixte ett eeUe dont le» prémitee» tant l'une, rationnelle, 
l'autre, expérimentale. Ex. : Les êtret contingent* ont 
une eauie (rationnelle), Or cet objet eet un être contingent 
(expérimentale), Donc eet objet a une eauie. 

136. La démonstration produit U idenoe.— La 

science est une connaissance certaine d'une chose par 
tel cause». Or la démonstration nous procure une con- 
naissance certaine et cauiale de la vérité qu'elle dé- 
montre. La conclueion, en effet — vérité prouvée — 
procède des prémisses , comme de ses causes. Or la 
démonstration a pour but de nous faire connaître la 
conclusion au moyen des prémisses. De plus, la con- 
clusion est certaine puisqu'elle découle de prémisse» 
certaine». Donc la démonstration procure la connais- 
sance certaine et caueale d'une chose. En d'autre» 
termes, la démonttration produit la »cienee. 



DIALECTIQUE 

CHAPITRE X 



M 



Lt tyllogisme probable tt sophUtique 



137. La IjUogiime probable. — Le lyllogiime pro- 
bable eit celui dont l'une ou Un deux prémiitee eont dei 
propotilion» probable». Ex. : Tout le» méchant» nont 
malheureux (proposition probable), Or Néron était 
mlchant. Donc Néron fut malheureux. 

138. L'anklogie. — L'analogie est une argumenta- 
tion qui, à cauie de» caractère» commun» eon»taté» dan» 
de» ca» différent», conclut à la »imilitude probable de ce» 
même» ca». Ex. : Certaines maladies moin» connue» 
que le choléra présentent les mêmes eymptômea (carac- 
tères communs). De là on conclut que ces maladies 
doivent être eemblable» au choléra, c'est-à-dire, doivent 
avoir aussi une origine microbienne. L'analogie est une 
induction avec une conclusion probable. <■> 

139. L'hypothèse. — L'hypothèse est une »uppo»i- 
tion employée pour vérifier l'explication donnée à certain» 
fait» dûment constaté». Ex. : « Le jus de raisin fer- 
mente. On ne s'explique ni la provenance ni la nature 
<le la fermentation. Pasteur devine que la levure qui 
fait f ei menter le moût de raisin vient de germes déposés 
à la surface des grains de raisin ou du bois de la grappe. 
Pasteur émet une hypothèse ». <*> 

140. Lft statistique. — La statistique est une argu- 
mentation gui d'un certain nombre de fait» eerupulc e- 



<■> Cfr. Mercier. Logique p. 23S. 
<» Mercier. Oav. cit. p 334-336. 



M 



LRÇOmi DB LoaiquE 



ment ri métkoAiquemtnl obttnéi déduit la eaune probablt 
d'un phénomène d'ordrt potitiqui, loeial.rtligitux et moral. 

14). Valeur dM arfumanti probablei.— Comme 
■on nom l'indique, l'argument probable ne produit pai 
I* certitude, c'eit-à-dire cette adhéiion ferme de l'in- 
telligence k une vérité, adhésion qui exclut toute crainte 
de le tromper. Il engendre l'opinion, parce que la 
conclusion à laquelle il conduit n'est que probable. 
La probabilité de la conclusion varie avec celle de* 
prémisses. 

142. Il* sophiimt. — Le sophisme est un argument 
qui, loue l'apparence du mai, conclut au faux. Ex. : 
Commettent un tophùme ceux qui, de l'importance de 
l'instruction, déduisent la thèse de Vicole obligatoire. 

143. DiTlllon dei lOphiimM. — Aristote a divisé 
les sophismes en deux classes : Lee eophiemee de mote 
et les eophiemee de peneéee. Les sophismes de mots 
sont : h'équivoque, l'amphibologie, eophieme de eene 
eompoeé, eophieme de eene dicieé. Les sophismes de 
pensées sont : Le eophieme de l'accident, Vafirmation 
relative pour l'affirmation absolue et réciproquement, 
Vignorance de la question, la pétition de principe, le 
cercle ricieux, la fausse coneéquence, Vignorance de la 
cause, V interrogation eaptieurr. 

144. L'équlTOqus. — Véquivoque est l'emploi d'un 
m/mc mot dans deux ou plusieure eene différents. On 
l'appelle ce sophiiime homonymie, Ex. : Platon eet un 
grand philosophe. Or Platon est un mot de deux syllabes. 
Donc un mot de deux eyllabes est un grand philosophe, — 
XMme «et immortelle. Or les bri4e» ont une âme. Donc 
les brutee sont immorteUee. Il est évident qu'il s'agit 



OIALEVTIQUB 



e? 



ici de l'dm* humain*. Pour répondre & ce loiihisine, 
on demande à l'interlocuteur de bien définir lei terme* 
dont il M lert. 

146. L'unphibolofl*. — L'amphibologie eut l'em- 
ploi d'une ou de pluiieuri propotitione il < ' m lene am- 
bigu. Ex. : Cette phraae à l'eriNeigne «^ n magaiiin : 
« Pourquoi aller ailleum pour ttre fraudéi i Venez Ici.» 

146. Bopblim* de Mm compote. - O lophiame 
eoneitte à nfflrmer de ehotee urirt eneemble ce qui n'eei 
vrai de cet mime» choeet qiie prime eéparémenl, ou. à 
affirmer comme vrai timuUiv ■ment ce t/vi.en rMili, ne l'eet 
que eucceetivement. Ex.: Dm.- rfivaiiKile, .Ié«ii9-Chri»t 
dit : Les aveuglée voient, len hnUiur ma-rinit droit, lee 
lourde entendent. Ce» phiasi'.-! sont fuiiSM-M daiix le seni 
composé et «imultanément. Les ,i'i ugle.i ur voient pae, 
les boiteux ne marchent pae droit. Ii s snunis n'entendent 
pas, quand leur infirmité leur est nniv, main quand leur 
infirmité est eéparée d'eux, quand ils sont guéris. — 
L'exemple suivant est aussi un sophisme de nent com- 
posé : 5+3=^8 : Or b et 3 eont dei nombre» impaire. 
Donc 8 eet un nombre impair. 

147. Bophlsma de leni divilé. — Ce soplii^me con- 
siste à affirmer de choies aéparéet ce qui n'ett vrai de cet 
mimet chotet que pritei eneemble, ou encore, à affirmer 
tticcettivement ce qui n'ett vrai que timultanément. Ex.: 
Les incrédules commettent ce sophisme lorsque, de ce 
texte de l'Évangile : Allex dant tout le monde, prêchez 
l'ivangile à toute créature, ils concluent que l'Evangile 
doit être prêché à chaque individu en particulier, II 
est évident qu'il s'agit ici des hommes pris collective- 
ment. — 3+3^6- Or 6 ett un nombre pair. Donc 3. 
^t 3 lont dee nombres paire. 



.■'*:î 



LEÇONS DB LOalQUB 



148. Sophisme d'aeeldent. — Le sophisme d'ac- 
cident corniste à attribuer comme essentiel à un itre ou à 
une classe d'êtres ce gui ne lui appartient qu'accidentelle- 
ment. Ex. : Charles est paresseux, Or Charles est un 
canadien-français, Donc tout les canadiens-français 
sont des paresseux. — L'homme chante. Or Aristote 
est un homme. Donc Aristote ekariie. 

149. L'afOrmation reUtive prias pour l'afOrma- 
tion Absolue et réciproquement. — Ce sophisme 
consiste à admettre comme vrai relativement ce qui n'est 
vrai qu'absolument — et réciproquement — consiste à 
affirmer comme vrai absolument ce qui n'est vrai que rela- 
tivement. Ex. : Il faut rendre à chacun ce qui lui appar- 
tient. Or cette arme à feu appartient à Jacques pris 
d'un accès de folie, Donc il faut donner à Jacques son 
arme à feu. Absolumerit parlant, il est vrai que chacun 
doit avoir ce qui lui appartient. — Mais relativement à 
Jacques — pris d'un accès de folie — il n'est pas vrai 
qu'il faille lui rendre son arme, -^-usqu'il pourrait en 
faire un mauvais usage. Ex. : il -i.; faut jamais punir 
les élèves — Cette a£Brmation — absolument parlant — 
est fausse. Mais relativement à certains élèves, elle 
est vraie. 

150. Ignorance de la question. — Ce sophisme 
consiste à prouver autre chose que ce qui est en question. 
Ex. : Commet ce sophisme un avocat qui, pour dé- 
fendre son client accusé de vol, s'évertue à démontrer que 
celui-ci a rendu service à son pays. 

151. Pétition de principe. — C'est un sophisme qui 
' suppose prouvé ce qui précisément doit être prouvé. Ex. : 

L'&me humaine est mortelle. Donc il ne faut pas 



DIALECTIQUE 



n» 



craindre les châtiments de l'enfer, 
telle, c'est ce qu'il faut prouver. 



Que Vàme eit mor- 



. 152. Cerclo Ticieui'. — Le cercle vicieux est le so- 
phisme de pétition de principe, renforcé. Il consiste 
non seulement à supposer comme prouvé ce qui doit itre 
prouvé, mais il démontre réciproquement deux propoti- 
tions l'une par l'autre. Ex. : Prouver l'existence de 
Dieu par la raison, et démontrer la légitimité de la 
raiion par ce motif qu'eU« vient de Dieu qui n'a pu en 
faire un instrument d!erreur. 

153. La fausse conséquence. — Ce sophisme con- 
nite à déduire d'un antécédent une conclusion que celui- 
ei ne contient pas. Ëx. : Commettent ce sophisme 
ceux qui concluent à la fausseté de la religion catho- 
lique (conséquence fausse) parce que celle-ci, dans 
certaines circonstances, mal interprétée (antécédent), 
a été Voccasion de certains désordres. 

154. Ignorance de la cause. — Ce sophisme con- 
siste à prendre comme cause véritable d'un événement, 
d'un fait un antécédent qui ne l'est pas. Ex. : L'alcool 
abrutit. Donc ;1 est mauvais. Ce n'est pas l'alcool, 
mais son abus qui abrutit. — Des gens instruits se con- 
duisent mal. Donc il faut condamner l'instruction. 
Ce- sophisme confond la concomitance, la succession 
avec la causalité. Farce que le fait B suit le fait Â, 
on conclut que A est la cause de B ; B vient après A, . 
donc B n'existe qu'à cause de A. Post hoc, ergo propter 
hoc. Aprit cela, donc à cause d» cda. 

155. L'interrogation ci^tieuse. — L'interrogation 
captieuse consiste à poee^' à quelqu'un une ou plusieurs 
questions, de sorte que fa réponie, ou affirmative, ou 



70 



LEÇOin DE LOGIQUE 



il 

i; 



négative, est toujouri prùê en un sent âéjaxoràble. Ex. : 
Vous avez ce que vous n'avei pas perdu ? Si voua 
répondez oui — l'interlocuteur reprend : Vous n'avez 
pas perdu mille piastres. Donc vous les avez. — Si 
vous répondez, non : Vous n'avez pas perdu les yeux, 
et cependant vous les avez. — Cette autre question. 
La vertu et le vice sont-ils bons ou mauvais ? — Si 
vous répondez : ils sont bons, alors il faudra dire que 
la paresse, l'orgueil sont hont. Si vous répondez : il» 
sont mauvais — alors il faudra admettre que la dou- 
ceur et la charité sont mauvaises. L'interrogation 
captieuse est surtout employée par les avocats en cour» 
de justice. Ainsi on demande à un accusé : pourquoi 
avez-vous volé? Cette question captieuse suppose au 
préalable que le prévenu a volé. 

156. Las préjUKéfl. — Au nombre des sophismes — 
avec raison — on met les préjugés. Ce sont des maxi- 
mes, des opinions courantes, adoptées sans examen, et 
pour ce m^tif, accueillies sans défiance, mais qui n'en 
sont pas moins erronées ou équivoques. Ex. : Le grec 
et le latin ne servent à rien. Il faut être de son temps. 
Tous les hommes sont égaux, etc., etc. Les préjugés 
se rencontrent partout. La vie individuelle, familiale 
et sociale en est saturée. <■> 

157. Le paradoxe. — Sans être absolument un so- 
phisme, le paradoxe, cause de multiples erreurs, trouve 
ici tout naturellement sa place. C'est « un jugement 
qui contredit une opinion commune ». '"' Cette opinion 
contredite peut être vraie ou fausse. Pour être vérita- 
blement paradoxe, le jugement énoncé doit contredire 



<» Ctr. Marcier ouv. cit. p. 246. 
<» Mercier, ibid. p. 268. 



DIALECTiqUE 



71 



une opinion vraie. Ainsi il eit vrai de dire que nous 
«ommes esêentieUement supérieurs aux animaux brutes, 
c'est la vérité commune, c'est l'opinion courante. Et 
lorsque Montaigne prétend le contraire, il commet un 
paradoxe, ou mieux, une erreur. 

Les grandes vérités de la religion contredisent des 
opinions dominant en certains milieux. De prime 
abord, elles semblent être paradoxales, mais elles ne le 
sont pas. <*> 



<» Mercier, ibid. p. 270. 



Fin ue la Dialectique 



LOG[QUE APPLIQUÊK 



CRITIQUE 



i. 



158. Définition de la critique. — La critique est 
cette partie de la logique qui étudie les opérations de 
Veiprit humain en relation avec leur objet, c'est-à-dire, la 
virité. 

159. Importance dé la critique. — De par le 
monde de l'idée, il court tant d'erreurs, tant de so- 
phismes ; ici et là, au sujet du même problème, sur- 
gisient, s'entre-choquent des opinions bien étranges et 
bien contradictoires. Parfois on est porté à se deman- 
der si, réellement, sur cette terre, il existe quelque 
chose de certain, s'il y a quelques propositions aux- 
quelles les intelligences, où qu'elles soient, adhèrent 
unanimement sans crainte d'errer. A ces questions 
angoissantes la critique répond affirmativement ; et, 
comme nous le verrons, elle appuie son dire sur des 
raisons, sur des motifs indéniables. Une science qui 
arrive à ce consolant résultat est, sans conteste, d'une 
extrême importance. 

160. Divisions de la critique. — La critique pose 
d'abord la question suivante : L'esprit humain peut-il 
arriver à la possession parfaite de la véritf, en d'autres 
termes, à la certitude f II faut donc bien préciser les 



CRITIQUE 



7» 



données du problème. Ce sera l'objet des trois premiers 
chapitres. Nous verrons ensuite de quelle façon les 
agnostiques (ch. iv), les sceptiques (ch. v) et les dogma- 
tiques (ch. VI, VII, viii, IX, X, XI, XII, XIII,) ont résola 
le problème. Et tout naturellement, pour finir, nous 
énoncerons brièvement les conséquences de la véritable 
réponse (ch. xiv, xv, xvi). 



CHAPITRE PREMIER 



La vérité 



161. Définition de la vérité. — La vérité est 
l'équation entre la chose connue et l'intelligence. Cette 
définition classique, de la vérité demande quelques 
explications. La vérité est une équation, et donc, on 
rapport entre V intelligence et la chose connue. Ici, par 
intelligence, on n'exprime pas la faculté elle-même, 
mais le type mentcd, l'idée qui représente la chose 
connue. Ainsi, on dit de quelqu'un qu'il est un vrai 
saint, c'est parce que sa manière de faire, sa conduite 
est conforme à l'idée, à la définition d'un saint. 

162. Vérité ontologique — Vérité logique — Vé- 
rité morale. — La vérité ontologique est la conformiU 
d'une chose avec l'intelligence divine. — La vérité logique 
est la conformité de l'intelligence créée avec l'objet perçu. 
La vérité morale ou la véracité, est la conformité du 
langage avec la pensée. 

163. La vérité corniste dans un rapport. — La 
définition de la vérité prouve suffisamment cet 
énoncé. Et d'ailleurs les affirmations de la conscience 



74 



UBÇONB DE LOOlqUE 



|M 



If 



et le langage le confirment davantage. Ainsi, le bu- 
reau sur lequel j'écris, je ne dis pas qu'il est vrai, mais 
je dis qu'il est vérUcAUment, vraiment un bureau. Par 
conséquent, les attributs vrai, vérUabU ne sont pas 
affirmés du bureau, en tant qu'il et', considéré en lui- 
mime, à Vital absolu, mais en tant que je le r^ire, le 
rapporte à Vidie, à la dtfinition d'un bureau. C'est 
cette rifirenee, c'est ce rapport qui est la tiriti. On 
ne dit pas aussi que le nombre 20 est vrai, mais que 
10+10 égalent vraiment 20. C'est le rapport entre 
ces deux chiffres qui est la tiriti. 

164. La vérité eit objet du jugement. — Une 
chose est vraie lorsqu'elle est conforme à l'idée 
qui représente sa nature. Cet homme, par exemple, 
est vraiment un bon père de famille parce qu'il rialiee 
l'idée, ou qu'il est confirme à l'idée de bon père de 
famiU». Quand on affirme que, vraiment, cet homme 
est bon père de famille, on place le sujet homme sous 
l'extension de l'attribut, bon père de famille. D'un 
autre cAté on applique l'attribut bon père de famille au 
sujet homme. C'est là faire une synthèse, une compo- 
sition, c'est juger. Le jugement s'appelle composi- 
tion. — Donc le rapport de conformité — c'est la défi- 
nition de la vérité — est objet de jugement, ou encore, 
n'existe que dans le jugement. — -N. B. Quoique n'exis- 
tant parfaitement que dans le jugement, la vérité 
cependant existe d'une façon initiale, imparfaite 
dans la simple appréhension. 

166. Toute véritt dépend de Dieu. — La viriti 
morale consiste dans la conformité du langage avec la 
pensée, de la parole avec l'idée. Pour être vraie, l'idée 
doit être conforme à la chose qu'elle représente — c'est 
la viriti hgiqiu. Et la chose elle-même représentée 



CRITiqUR 



par l'idée est nécesMirement conforme à l'inteUigence 
divine, puisque tout ce qui existe est la réalisation des 
idées étemelles — c'est la vérité métafhynqut. 

166. L'oppoié de la vérité. — L'absence de con- 
formité entre Vintelligence el la chote perçue est l'opposé 
de la vérité, c'est la fautteté. Comme la vérité, la 
fausseté est ontologique, logi^e et morale suivant qu'elle 
est le manque de conformité entre la chose et l'intelli- 
gence divine (fausseté ontologique ou métaphysique), 
entre l'intelligence humaine et l'objet perçu (fausseté 
logique) et entre le langage et la pensée (fausseté mo- 
rale, mensonge). Il est évident que la fausseté méta- 
physique n'existe pas. Il y a toujours conformité 
entre la chose et l'intelligence divine, puisque tout ce 
qui existe, est la réalisation temporelle d'une idée 
éternellement conçue. 



70 



LBÇONB DX I.O0iqUE 



CHAPITRE II 

Les différentes attitudes de l'esprit humain en présence de 
la vérité 



167. L«i raisons d« cas dlflérentM «tlMn^M. — 
Le témoignage de la conscience et l'exp^nMic* quoti- 
dienne démontrent que l'intelligence kuwMiie, faite 
pour la vérité, ne s'y achemine qu'A petits pas. Ce 
n'est que d'un façon fort incomplète, que l'esprit hu- 
main arrive tout d'abord •« vrai. Kt il en a la pos- 
session comi. 'te après avoir passé par différents stades. 
Au reste, la nature de l'inteNijcence explique aussi cet 
différentes attitudes. Ne pouvant atteindre la vérité 
par intuition, immédiatement, elle a recours à des 
moyens termes, à des points de comparaison ; elle 
déduit de^i conclusions ds principes donnés, bref, elle 
raisonne. Mais des causes d'ordre extrinsèque : pas- 
sions, préjugés, un empressement trop hAtif, l'empê- 
chent d'arriver du premier coup i la possession totale 
et parfaite du vrai. 

168. Les cinq attitudes de rintelUgenoe.— L'es- 
prit humain a cinq attitudes différentes vis-à-vis 
de la vérité. En effet, ou il ignore la vérité, ou il 
la mieonnaU, c'est-à-dire, ne l'admet pas comm^ telle. 
Dans le premier cas, l'attitude de l'esprit s'appcile 
ignorance, dans le second cas, erreur. Entre ces deux 
états extrêmes l'esprit peut se mouvoir. Entre l'igno- 
rer et le miconnattre il y a le connattre avec ses diffé- 
rents degrés. La connaissance est initiale, possible, on 
l'appelle doute ; de possible elle devient probable, c'est 
l'opinion ; de probable elle devient évidente, c'est la 
certitude. Ainsi donc, cinq attitudes : l'ignorance, le 
doute, l'opinion, la certitude et l'erreur. 



CMTIQDS 



77 



169. L'IgnoruiM. — L'ignorance est le manque de 
eonnaitêanee dam quelqu'un capable d'aroir cette eon- 
naittane». 

170. Ignoranca négatiTe «t prlTative. — L'igno- 
rance néçatite ou neicience est le manque de connaitsance 
dam quelqu'un capable de l'avoir, mai» qui, par devoir, 
n'ett pat tenu de la poiaéder. V.%. : Qu'un charpentier 
ignore la chimie, c'est une ignorance négative ou une 
nescience. - L'ignorance privative est le manque de con- 
naiêiance dam quelqu'un qui, par devoir, cet tenu de 
l'avoir. Ex. : C'est pour le médecin une ignorance 
privative q\itf de ne pas connaître la médecine. 

171. Ignoranoe vinolble et invlnoibU.— L'igno- 
rance vindble eit le manque de connaieaance dam celui 
qui peut le faire diiparaître. Ex. : Est dans une igno- 
rance vincible de sa religion celui qui par paresse ou 
quelques raiionê futilei assiste toujours à une messe 
basse où l'on ne donne pas d'instruction. — L'igno- 
rance invincible est le manque de connaissance dans 
celui qui ne peut pas le faire disparattre. Ex. : Est 
dans une ignorance invincible de telle ou telle recom- 
mandation faite par le curé, la mère de famille qui, le 
dimanche, pour avoir soin de ses enfants, ne p ut pas 
aller à l'église. 

172. Ignorance coupable et aiousable.— L'igno- 
rance coupable est le manque de connaissance dans celui 
dont le devoir est de posséder cette connaissance. Ex. : 
Est dans l'ignorance coupable le professionnel qui 
n'étudie jamais. — L'ignorance excusable est le manque 
de connaissance dam celui qui, par devoir, n'est pas t^nu 
de la posséder. Ex. : Est dans l'ignorance excusable le 
médecin qui ne sait pas le droit. 



3 






78 



LBÇOMS DB LOOiqVB 



173. Lm oftttiu d« l'ignoraDO*. — Le* cauiM de 
l'ignorance lont multiple*. Elle* peuvent être volon* 
(at>M ou invoUmUàru, Parmi let cauiei volontaiTit, 
eitoni : U •par****, le ilfavt de mUhodi, le manqu* d$ 
ptriéfértmet, etc. Sont causet intolontairti, le manqu$ 
d$ taUnt, le défaut de sanU, une ntuation préeairt, un 
milimt pmfatorabU à l'Hudt. 

174. La douta. — Quand Yttprit humain n'adhèrt 
ni à {'un« ni à Vautre dei deux parti»» qui loUieiient ton 
adhéeion, il eat dan* l'état de doute. Il a fait un pas 
de plus, il n'ignore pas, il entrevoit quelque peu la 
vérité, mais il n'y adhère pas encore. 

175. La douta négatif at positif. — Lorsque Veeprit 
n'adhère pa» à ce qu'on lui propoee, parée qu'il n'y a 
aucune ration, alors le doXite est négatif. Si, au con- 
traire, il n'cidhire pa» à e» qu'on lui propote parée que 
le» motif» invoqué» pour ou contre, lui apparai»»eni d'une 
égale valeur, son doute est potitif. 

176. La douta méthodiqua. — Le doute métho- 
dique e»t la »utpeniion provitoire du jugement »ur une 
quettion q/Sn d'en bien eonirUer la probabilité ou la cer- 
titude. C'est un moyen employé pour arriver plus 
eûrement à la vérité. C'est ce doute méthodique qu'a 
mis en usage saint Thomas d'Aquin, dans sa Somme 
Théologique. Ce doute, comme on le voit, se dis- 
tingue du doute universel des sceptiques qui n'est que 
la négation eyitématique de toute certitude. 

177. Las e&uses du douta. — Les principales causes 
du doute sont les ditpoiitioni naturelle» de certains 
esprits, l'éducation reçue, les opinion» étrange», contra- 
dictoire», émises sur la même question dans le cours 



CKITIQDB 



7» 



des âges, les iiffieiiUiê à tainere pour arriver i U cer- 
titude . . etc. 

^ 178. L* MUppon. — II nrrive, qu'après avoir douter 
Vitprit commene* à adhérer à ce qu'un lui propose, il 
tiie<tn« vtre une partie plutôt que vere l'autre ; c'est Iv 
toupçon. Ce n'est pas encore Vadhéeion, mais un eoM" 
meneement d'adhition. 

170. L'opinion. — Si l'esprit adhère à ee qu'on lui 
propoet, tout de même, avec crainte dr se tromper, alors 
on dit qu'il opine. C'est l'opinion. Ce n'est pas encore 
la ferme adhésion, laquelle ne laisse aucune place à la 
crainte de se tromper, mais cependant, c'est une ad- 
hésion, basée sur des motifs qui la justifient. Dans 
l'opinion, la vérité n'apparaît pa.s encore à l'esprit sous 
un jour complet, dans toute sa réalité ; ce n'est pas 
encore la pleine lumière chassant toutes les ombres ; 
c'est une lumière, tout de même, mais vacillante ; elle 
éclaire, mais imparfaitement. La proposition apparaît 
à l'esprit comme probable. 

180. La probftbilité. — La probabilité est « cette 
lumière imparfaite sous laquelle le vrai apparaît sou- 
vent à notre esprit ». »> La probabilité d'une opinion 
varie avec la valeur des motifs qui sollicitent notre 
assentiment. 

181. Probabilité intrinsèque et eztrinièque. — 
La probabilité est intrinsèque lorsque Us raisons pour 
lesquelles l'intelligence adhère sont tirées de la nature 
mime de la question dont U s'agit. — La probabilité est 
extriiuèque quand les motifs d'adhérer se ramènent au 
témoignage de qiielqu'un, ou d'un livre. 

(1) Lahr, ouv. cit., p. fiSO. 



«Morocorr mounioN ran chart 

(ANSI ond ISO TESr CHAUT No. 3) 




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(716) «2 - 0300 - Phon» 

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80 



LEÇONS DE LOGIQUE 



M 



182. Probabilité mathématique et morale.— La 
probabilité est mathématique lorsque « tous les cas pos- 
sibles étant de même nature et connus à l'avance, 
leur degré de probabilité peut être évalué sous forme 
de fraction dont le dénominateur exprime le nombre 
de tous les cas possibles, et le numérateur le nombre 
des cas favorables ». i" Soit dans une loterie où il y a 
cinq cents numéros en circulation. Sur ce nombre, 
cinquante sont appelés gagnants. La probabilité de 
gagner sera -j»- C'est sur ce calcul que se basent 
les compagnies d'assurances pour déterminer le mon- 
tant de leurs primes. Supposons que sur 100 maisons 
il y en ait 5 qi i brûlent chaque année. La compagnie 
présente sa perte probable par la fraction 155- ou 

» . Et donc, comme montant de prime, elle exigera 
"S- de la valeur de chaque maison. — La proba- 
bilité morale ne peut pas être assimilée à la probabilité 
mathématique. Aussi bien, on ne peut l'exprimer par 
une fraction. Cette probabilité, elle s'appuie sur les 
mœurs, les us, les coutumes : autant de contingences de 
toutes sortes qui varient avec les individus et sont soumises 
à leur libre arbitre. « En pareille matière, il faut peser 
les probabilités plutôt que les compter, et faire la part 
de chaque inconnu ». "> Voilà pourquoi dans les ques- 
tions de morale, d'histoire, de sociologie, on ne peut 
pas faire application, saus danger, de la méthode ma- 
thématique. Ça été le tort de Deseartes. 

183. La certitude. — Enfin l'esprit arrive à la pos- 
session totale, parfaite de la vérité. C'est la certitude. 
Si nous comparons cet état aux autres, nous pourrions 
l'appeler, l'état de béatitude. Dans la certitude, en 



(1) Lahr, ouv. cit. p. 551. 

(2) Uhr, ibid. 



CRITIQUE 



81 



effet, la vérité se manifeste clairement à l'esprit, elle 
apparaît dans toute sa splendeur, en un mot, elle est 
éndenle. Se présentant comme telle, la vérité ne peut 
pas ne pas solliciter l'adhésion de l'intellig-nce • et 
comme telle, aussi, elle exclut toute possibilité d'errer' 
Cette adhésion ferme de l'intelligence, excluant tout., 
crainte de se tromper, appelée certitude, est un état 
>ub]ectif : je suis certain, disons-nous couramment. La 
splendeur de la vérité, cette lumière sous laquelle le 
vrai apparaît d'une façon parfaite à l'esprit, c'est une 
qualUe de l objet, c'est objectif . C'est Vâvidenc Cel- 
est évident. L'article suivant est entièrement consacré 
a la certitude. 

/ ^T'.^'^^u^: ~~ !''"'•«'"• "t '« méeonnaùsance de 
la vérité. Elle n est donc pas la vérUé limitée mais bien 
la. négation complète de la vérité. Est dans l'erreur 
celui qu, juge qu'une chose est, lorsqu'elle n'est pas - 
et réciproquement. L'erreur et la fausseté ne doivent 
pas se confondre. La fausseté regarde l'objet, l'erreur 
se rapporte au sujet. On dit d'une chose qu'elle est 
fausse et de quelqu'un qu'il est dans l'erreur. 

185. Les causes d» l'erreur. - Multiples et variées 
sont les causes de l'erreur. Elles viennent ou de nous~ 
mêmes ou hors de nous-mêmes. Les causes qui viennent 
de nous, appelées intrinsèques, sont tour à tour attri- 
buées aux sens, à l'imagination, à l'intelligence, aux 
tnchntUions, aux passions et à la volonU. Les causes 
hors de nous-mêmes, ou extrinsèques, sont surtout 
lenseHnem.ent et la Ucture de livres erronés. De là 
1 importance de ne laisser enseigner que les professeurs 
à 1 abri de toute erreur doctrinale et de ne lire que des^ 
livres recommandables. 



82 



LEÇONS DE LOGIQUE 



186. Remèdes & l'erreur. — Aux différentes causes 
de l'erreur, il faut opposer les remèdes correspondants. 
Si l'erreur vient du côté des facultés cognitives (sens, 
intelligence) il faut apporter des remèdes logiques ; si, 
au contraire, l'erreur dépend de la volonté, il faut se 
servir des remèdes moraux. — Pour bien juger et ne 
pas se tromper, il faut que l'intelligence suive les règles 
de la logique, il faut que les sens, l'imagination, par 
exemple, tiennent leur place, et ne tendent pas vers 
des objets qui ne sont pas de leur ressort. — Par ail- 
leurs, notre volonté est souvent portée aux excès : elle '•^ut 
trop, elle ne veut pas assez. Alors, il y a deux défauts 
à éviter : la précipitation et la nonchalance. A la pré- 
cipitation opposons la patience, la conviction intime que 
la vérité est la récompense de longues études — les hommes 
qui ont fait leur marque, nous en sont la preuve. A la 
lionchalance opposons la salutaire pensée du devoir, une 
activité ordonnée et réglementée, la bonne habitude de 
faire chaque chose en son temps. 

Enfin, un grand remède à recommander, c'est la 
défiance de soi-même. Combien sombrent parce qu'ils 
croient trop en leur facilité. S'il n'y a pas de pires 
aveugles que ceux qui ne veulent pas voir, il n'y a 
certainement pas aussi de pires sophistes que ceux qui 
croient ne jamais se tromper. 

Allons à la vérité non seulement avec l'intelligence, 
mais aussi avec le cœur et la volonté, avec l'âme tout 
entiire, pour parler comme Platon. Et, selon Male- 
branche, « le meilleur précepte de logique » c'est d'être 
« un homme de bien ». Pour devenir « un homme de 
bien », il faut mettre en pratique les préceptes de la 
morale évangélique ; d'où la nécessité de recourir à 
Dieu par la prière. Dieu seul nous donnera les moyens 
de nous prémunir sûrement et constamment contre 



f'HITKJUE 



83 



l'erreur. Si nous évitons l'erreur, nous arriverons cer- 
tainement à Celui qui s'est proclamé la vérité : Ego 
sum Veritas. 



CHAPITRE III 



La certitude 

187. Définition de la certitude. — La certitude 
est la ferme adhésion de l'esprit à la vérité sans aucune 
crainte de se tromper. Ce n'est donc plus cette adhé- 
sion craintive, appelée opinion, et encore moins cette 
hésitation nommée doute. C'est l'adhésion complète, 
entière à la vérité, c'est la possession parfaite de la 
vérité. 

188. Certitude et vérité. — On peut dire qu'entre 
la vérité et la certitude, il y a la même relation qui 
exi- te entre un objet et sa possession parfaite. La rela- 
tion de conformité entre une chose connue et sa défi- 
nition, son type idéal, voilà ce qu'est la vérité. Que 
l'esprit voie, saisisse cette relation de conformité au 
point de n'éprouver plus aucune crainte, aucune hési- 
tatif voilà la certitude. Or connaître une chose, 
c'est pour l'intelligence, posséder cette chose, puisque 
la connaissance n'existe qu'en autant que la chose connue 
est dans celui qui connaît. 

189. Cause de la certitude. — Quelle est la raison 
pour laquelle l'intelligence adhère fermement i une 
vérité sans aucune crainte de se tromper ? C'est parce 
que la vérité lui apparaît si clairement qu'elle ne peut 
pas ne pas y adhérer. C'est l'évidence. 



84 



I,EC,ONS DE LOGIQff 



II 



190. L'évidence. — L'évidence est la aplendeur de la 
Hérité qui détermine l'adhésion ferme de l'intelligence. 
En d'autres termes, Véridence n'est pas quelque chose 
de distinct de la vérité, c'est la vérité elle-même qui res- 
plendit à l'intelligence. 

191. ETidence immédiate et médiate.— Lorsque, 
pour être admise, il ■■'Ht à une vérité d'être simplement 
présente à l'intelligent., ilors on dit qu'elle est évidente 
d'une évidence immédiate. Si, au contraire, pour être 
admise, une vérité a besoin d'être démontrée, elle est évi- 
dente d'une évidence médiate. Ainsi cette proposition : 
Le monde existe, est évidente d'une évidence immédiate, 
puisque l'intelligence l'admet tout de suite, immédiate- 
ment, sans recourir à des moyens de démonstration. 
L'âme est immortelle, cette vérité a besoin d'être 
démontrée. Ce n'est que par le moyen de preuves 
convaincantes que l'intelligence y adhère. 

192. Évidence intrinsèque et extrinsèque.— L'é- 

vidence est intrinsèque lorsque l'intelligence adhère ferme- 
ment à une vérité immédiate ou médiate à cause de la 
claire perception qu'elle a du rapport existant entre le 
sujet et l'attribut qui exprime cette même vérité. Ex. : 
Le tout est plus grand que l'une de ses parties. C'est 
une vérité immédiate, évidente d'une évidence intrin- 
sèque. — L'âme est immortelle - C'est une vérité mé- 
diate évidente d'une évidence intrinsèque. — Cette évi- 
dence s'appelle encore évidence de vérité. — L'évidence 
est extrinsèque si VinUlligence adhère fermement à une 
vérité à cause du témoignage des autres. Ex. : Londres 
existe. — C'est l'évidence de crédibilité. 

193. Certitude métaphysique. — La certitude mé- 
taphysique est la ferme adhésion de l'intelligence basée 



CRITIQUE 



85 



êur l'eftence même de l'objet proposé à son assentiment. 
Ex. : 2+2 = 4. De cette vérité l'intelligence en est 
certaine d'une certitude métaphysique. Cette certi- 
tude ne souiTre jamais d'exceptions. 

194. Certitude physique. — La certitude physique 
est la ferme adhésion de l'intelligence basée sur les lois 
physiques librement statuées par Dieu. Cette certitude 
admet des exceptions. Ce sont les miracles. 

195. Certitude morale. — La certitude morale est 
la ferme adhésion de l'intelligence basée sur des motifs 
d'ordre moral tels que les usages, les coutumes, etc. 

196. Certitude de science. — Quand l'intelligence 
adhère fermement à une vérité qu'elle comprend d'une 
façon immédiate (vérité indémontrable) ou médiate (vérité 
démontrée) alors la certitude est appelée certitude de 
science. L'évidence de vérité est la cause de cette 
certitude. 

197. Certitude de foi. — La certitude de foi est la 
ferme adhésion de l'intelligence à une vérité à cause du 
témoignage. Si le témoin est un homme, la certitude 
est de foi humaine. Si le témoin est Dieu, la certitude 
est de foi divine. 

198. Certitude vulgaire et philosophique. - La 

certitude vulgaire, directe, implicite est la ferme adhésion 
de l'intelligence basée sur des motifs sérieux mais qui 
n'ont pas fait l'objet d'une étude attentive et réfléchie. 
La certitude philosophique, réfléchie, explicite est la 
ferme adhésion de l'intelligence basée sur une étude mé- 
thodique, fouillée, de la question. 

199 Les degrés dans la ce-titude. — La certitude 
est /a ferme adhésion de l'intelligence à une vérité 



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86 



LEÇONS OB LOGIQUE 



tnns aucune crainte de se tromper. En tant que ferme 
udhéiion, la certitude admet de» degrée, suivant la 
valeur des motifs qui commandent l'assentiment de 
l'esprit. Ainsi, après de longues recherches, l'astro- 
nome qui prédit d'une façon indubitable une éclipse 
de lune ou de soleil, est plue certain, adhère plus ferme- 
ment, que celui qui n'a aucune connaissance de la cos- 
mographie. Envisagée comme excluant toute crainte 
d'errer, la certitude n'admet pas de degrés. En effet, 
l'essentiel de toute certitude est d'exclure l'e.i'îur. Or 
toutes les choses d'une même espèce ont une fssence 
égale. Et donc, toute certitude, quelle qu'elle soit, 
exclut l'erreur au même degré. 

200. Certitude et erreur. — La certitude et l'erreur 
sont deux attitudes opposées de l'esprit en face de la 
vérité. Tandis que dans l'état de certitude l'intelli- 
gence aUhère fermement à la vérité, dans l'erreur, 
l'esprit donne son assentiment à la fauss *. Or la 
fausseté est la négation de la vérité. L'errt r est donc 
aussi la négation de la certitude. — La vérité et la 
fausseté concernent l'objet connu — la certitude et 
l'erreur sont des attitudes du sujet qui connaît, c'est- 
à-dire de l'esprit humain. — Cependant, on peut ad- 
hérer à une fausseté sans crainte de se tromper —- dans 
le cas de bonne foi, par exemple. Toutefois, il n'en 
reste pas moins acquis que seul le vrai peut commander 
l'assentiment ferme de l'intelligence, parce que lui 
seul répond à ses tendances. — C'est le point théorique. 
Mais, en pratique, il y a Hes faussetés moralement iné- 
vitables — et partant excusables — auxquelles l'esprit 
adhère avec fermeté sans se douter qu'il est dans 
l'erreur. 
201. A quoi se ramène le problème.— Faite pour 



CBITlqiTE 



87 



la vérité, l'intelligence peut-elle y arriver d'une façon 
certaine ? Voilà tout le problème. — Les trois pre- 
miers chapitresont eu pour but de définir les termes 
du problème. Une fois le problème po é, il est tout 
naturel d'en chercher la solution. C'est l'objet 
des chapitres suivants. 



CHAPITRE IV 



La solution agnontique 

202. L'Agnosticisme. — L'agnosticisme est un sys- 
tème de philosophie qui limite la certitude à tel ou tel 
objet. Il n'est donc pas absolument la négation mais 
la limitation de la certitude. Pour les uns la connais- 
sance certaine se borne à nos états de conscience, c'est- 
à-dire à ce qui se passe en nous seulement ; pour les 
autres, la certitude s'arrête aux vérités d'ordre sensible. 

Au delà de nos états de conscience y a-t-il quelque 
chose de réel ? Non, répond catégoriquement Taine 
(philosophe français, 1828-1893), nous ne saurions le 
dire reprend Stuart Mill (philosophe anglais, 1806- 
1873). Au delà de ces états de conscience enseigne 
Herbert Spencer (philosophe anglais, 1820-1903) existe 
le Réel, l'Absolu appelé VInconnaissMe que nous ne 
pouvons pas connaître mais auquel nous devons croire. 
Ceux qui limitent la certitude aux faits sensibles seu- 
lement, on les nomme positivistes. Selon ces philoso- 
phes, seul le fait brut est connaissable et certain. Le 
pourquoi, le comment de ce fait, l'dnte. Dieu, tout cela 
peut être objet « d'hypothèses, de croyances, d'espé- 
rances, mais non de certitudes scientifiques ». Les 



88 



LEÇONS DE LOGIQUE 



1^ ; i 



iii-j 

FI! 



agnostiques se vantent d'avoir trouvé les bornes exactt 
qui limitent le royaume de la connaissance certaine. 

203. AgnOltioisme et certitude. — Pour les agnos- 
tiques, le champ <i^ la certitude est donc très borné. 
Aux questions si souvent posées : sommes-nous cer- 
tains de telle ou telle chose, par de-là ce monde sen- 
sible qui nous entoure, y a-t-il quelqu'entité réelle, ils 
répondent : nout ne aavors pas, nous ignorons. La 
ceHitude, celle surtout dont l'objet est le miprasensible, 
le métaphysique, a été si souvent contredite, à son sujet 
se sont soulevées tant de liscussions, qu'il est très 
prudent de s'absteni. de «outes recherches. Le mieux 
est de reconnaître franchement l'énigme et de ne pas 
s'épuiser en vains efforts pour le rt'soudre. Et donc, 
limiter la certitude, la confiner dans un domtine fort 
restreint, pour ne pas dire plus, voilà le but de l'agnos- 
ticisme 

204. Critique de l'agnosticisme. — » Cette limi- 
tation de la t.rtitude prônée par les agnostiques n'en 
est que la négation déguisée. En effet, renoncer à la 
recherche des causes, reléguer dans le domaine de l'in- 
connu ou de l'inconnaissable, ce que Auguste Comte 
(philosophe français, 1798-1857) a appelé (( entités ca- 
chés », « qualités occultes », n'est-ce pas à peu près 
dire : il n'existe aucune certitude, au moins scientifique ? 
La science est la connaissance des choses par leurs 
causes, et savoir les causes, c'est avoir la certitude. 
L'agnosticisme, qui renonce à la recherche des causes, 
est donc la négation de la certitude. — » Au reste, le 
motif invoqué par les agnostiques, est sans valeur. 
Selon eux, les discussions auxquelles donne lieu la mé- 
taphysique (science qui recherche les causes), les divers 
systèmes qu'elle abrite, légitiment cette abstention à 



CRITIQUE 



HO 



l'égard de lu cfrtitiide. Niiiis poiifnn.'* répondre en 
affirmant que cet état de choses n'c.-t pas le fait de l'ini- 
puissam'e radicule de la raison humaine ù atteindre In 
certitude scientifique - comme ils se plaisent à le 
proclamer — mais plutôt, il doit être attribué aux 
difficultés que foni nnttre le.: problèmes discutes, au 
défaut de méthode, et, souvent ans.';, aux ptéjugé.'i. - 
" Ajoutons qiie les a)t>>ostiques font preuve d'une pré- 
tention arbitraire en disant à lu raison humaine : ici 
s'arrête ta puissance, tu n'iras pas plus U>in. 



CHAPITRE V 



La Kolulion .ireptique 



205. Le scepticisme. — Il n'y a riev de certain : 
telle c :t lu formule chère à tous les .sceptiques. Ils ne 
nient pas pour cela l'existence de toute certitude. 
Comme tout le monde, lis admettent que nous sommes 
en possession d'une foule de croyances auxquelles spon- 
tanément l'esprit adhère sans aucune crainte de se 
tromper. Mais, cette certitude, patrimoine de tous, 
n'est qu'implicite selon eux, et mérite, tout au plus, le 
nom d'aveugle crédulité. Les sceptiques contestent donc 
la valeur motivée, légitime, de n. s adhésions à la vérité ; 
en d'autres termes, ils rejettent la certitude philoso- 
phique, scientifique ou explicite ; ou encore, ils contes- 
tent à la raison .lumaine lt> puissance d'arriver à la 
connaissance scientifiquement démontrée et réfléchie 
de la vérité. Ils déclarent toutes nos facultés cogni- 
• '-s, sensibles et intellectuelles, absolument incapa- 
bics d'atteindre la certitude philoaopl.ique. 



m 



M 



LCÇONS DB LOOlqUE 



206. L« loaptiotim* duu l'hlltolre. — Au cin- 
quième siècle avant J.-C, les sophistes Gorgias et Pro- 
tagoras prétendent, contre les physiciens de leur temps, 
que la recherche de l'essence des choses n'aboutit à 
rien. Au reste, selon les besoins de la cause, ces so- 
phistes soutenaient indifféremment le pour et le contre 
sur toutes les questions. Deux siècles plus tard, Fyr- 
rhon et Arcésilas, suivant l'orientation morale et utili- 
taire qu'avait prise la philosophie, déclarent impoisibU 
et inutile la recherche d'une certitude théorique ; le 
mieux, c'est de suspendre son jugement sur toutes 
choses. La Nouvelle Académie, avec Carnéade, prêche 
la probabilité, c'est-à-dire une sorte de scepticisme 
relatif. Les néo-pyrrhoniens, Ptolémée de Cyrène, 
Aenésidème et Sextus Empiricus font litière de toute 
certitude. 

« Au moyen Age, le dogmatisme règne universelle- 
ment dans les écoles philosophiques. 

« Dans son engouement pour l'antiquité, la Renais- 
sance essaya de faire revivre le scepticisme antique ; 
les noms de Montaigne, de Charror du Portugais 
Sanchez, etc., sont associés à cet effoi t, v^ui fut d'ailleurs, 
sans grande importance. Les systèmes du XVIIe 
siècle, que l'on taxe parfois de scepticisme, sont plutôt 
des formes du dogmatisme : tel le scepticisme philoso- 
phique de Pascal qui, désespérant de la raison raison- 
nante laissée à elle-même, interroge les « raisons du 
cœur » et les inspirations de la grâce surnaturelle ; tel 
encore le scepticisme moral et religieux de Huet et de 
La Mernais qui, désespérant de la raison naturelle, 
demandent à la foi de suppléer la philosophie ». "' 

207. Critique du scepticisme. — » Il est opponé 



(1) Mercier, Critériologie, p. 66. 



'BITIgfE 



!)1 



aiij! ttnila„rf> âr In nature h,i,n.:„e. Tout lioiniiip <lé- 
«re connaître, dit .»ri.,tot Kn énonçant co jnKi-n.<„l. 
le StaKjrite proclumc une «rosse vérité. Nous voulons 
latoir, et ce, non pas d'une manière luelcnmiu,: mais 
d une façon certaine et sérieusement motivée. C'est 
l'aspiration de toute nature raisonnable ; voilà le fait 
incontestée et incontestable. ')r. de leur cAté, les 
sceptiques prétendent que rien iiest réellement certain, 
qu'd fau; douter de tout, c|ue la raison est radicale- 
ment incapable d'atteindre la vérité. N'est-ce pas 
aller contre la tenda : naturelle de tout être raison- 
nable y 

" Le» aceptique» «e contreduent. Selon eux, nos fa- 
cultés, sens et raison, ne peuvent p,-.,s arriver à la certi- 
tude philosophique ou scientifique. Cette iiuj.uissance 
de nos facultés pour la con<iuét de la certitude, ce 
n est pas une vérité indéniontral ., c'est-à-dire, immé- 
diate. Et pour oser avancer semblable proposition, 
les sceptiques doivent donc avoir des motifn des argu- 
ments valables. En d'autres termes, les scf ques, 
avant de l'affirmer, ont dû se démontrer l'im acité 
radicale de l'intelligence humaine. Or, toute démons- 
tration suppose que la raison humaine est capable de 
posséder parfaitement la vérité, ou, d'avoir la certitude. 
D'une part donc, les scepti(,ucs rejettent la r.iison hu- 
maine, de l'autre, ils l'admettent. N'est-ce pas se con- 
tredire ? 

208. Quelques objections. - ■) Nos facultés co- 
gnitives se trompent souvent, disent les sceptiques. 
Il faut donc se défier d'elles et n'accepter aucune de 
leurs informations. — Réponse : Il est vrai que nos 
facultés cognitives se trompent souvent ■ mais s'en- 
suit-il nécessairement, logiquement que l'on ne doive 



92 



LEÇONS DE LOGIQUE 



jamais accepter aucune de leurs informations ? Pas le 
moins du monde. Ces erreurs, elles sont contrôlables, 
nous sommes en possession de critères, d' « instruments 
judicatoires », selon l'expression de Montaigne, pour 
discerner le vrai du fuux. Et, d'ailleurs, comme nous 
le disons plus loin, la raison humaine est faillible, 
non pas de sa nature, parce qu'elle est faite pour la 
vérité, mais par accident, c'est-à-dire pour des causes 
d'ordre extrinsèque, comme les passions, les préjugés, 

etc. «> Pour admettre l'existence de la certitude, il 

faudrait démontrer que l'esprit humain est apte à con- 
naître d'une façon certaine. Et, précisément, cette 
démonstration suppose ce qui est en cause, c'est-à-dire, 
Vaptitude de l'esprit à connaître d'une manière certaine. 
Cet argument nommé dillèle (l'un par l'autre) est un 
cercle vicieux. — Réponse : Cette objection aurait de 
la valeur si toute vérité était démontrable, ou bien, si 
la démonstration était l'unique moyen d'arriver à la 
certitude, ou encore, si tout ce qui n'est pas démontré 
était incertain. 11 y a beaucoup de vérités tellement 
évidentes qu'elles s'imposent d'elles-mêmes à l'esprit. 
Or Vcptitude de la raison humaine à arriver au vrai est 
une de ces vérités. On p. ut ajouter que cette aptitude 
se démontre d'une façon indirecte. Les sceptiques 
eux-mêmes, en réalité, admettent cette aptitude. 

209. Le doute carUsien. — Dans l'histoire de la 
philosophie, le doute cartésien se présente comme une 
méthode employée par le grand philosophe français 
« pour bien conduire la raison » et arriver sûrement à 
la vérité ; d'où le nom de doute méthodique. On peut 
dire que la méthode de Descartes comprend deux 
phases successives dont l'une est destructive et l'autre 
conalructive. La première phase nous montre Descartea 



CRITIQUE 



93 



résolu de feindre que toutes les choses qui lui « étaient 
jamais entrées dans l'esprit n'étaient non plus vraies 
que les lUusions de ses songes ». Dans la seconde 
phase, après s'être défait de toutes ses croyances comme 
d autant d'illusions, le philosophe s'aperçoit qu'il ne 
peut pas douter de sa propre existence, sa pensée lui 
en est une preuve indubitable. « Je pense, donc je 
SUIS », s'écrie-t-il. « Je pense, donc je suis, (cette ve- 
nté) était SI ferme et si assuré que toutes les plus extra- 
vagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas 
capables de l'ébranler, je jugeai que je pouvais la rece- 
voir sans scrupule pour le premier principe de la phi- 
losophie que je cherchais ». <■) 

210. Le douta cartéiien est un doute réel. — Le 
doute est réel quand on juge que ce dont on doute est 
douteux. Le doute est méthodique lorsqu'on « se com- 
porte à l'égard d'une proposition donnée comme H elle 
étaU douteuse ». <« Le doute mUhodique ou fictif « est 
place sous la dépendance de la volonté » ; le doute 
réel, « tout au moins au moment où on le considère 
formellement comme doute réel, n'est pas sous la dé- 
pendance de la volonté, mais au contraire, s'impose à 
elle et la domine ». «> Il n'est pas besoin de dire que 
le doute méthodique ou fictif est légitime. C'est un 
procédé scientifique souvent employé. 

Descartes a-t-il douté méthodiquement ou réellement f 

« Il est esMntiel. écrit Mgr Mercier. <*> au doute méthodique de 
.upposer un .sentiment habituel, implicite auK proposition, sur 
lesquelles la réflexion porte un doute actuel, «plicite : dès lor., 

(1) Cité par Mercier, CriUriologie, p. 66. 

(2) Mercier, ibid., p. 67. 

(3) Ibid., p. 68. 

(4) Ibid., pp. 71-72-73. 



«4 



LEÇONS DE LOGIQUE 



;i 



un doute qui ne laisse subsister aucune certitude ne peut être mé- 
thodique. Or Descartes veut étendre le doute à toulea les con- 
naissances humaines, aucune exceptée ; il croit pouvoir l'étendre 
i la faculté intellectuelle elle-même et, par conséquent, à tous les 
actes qui en dérivent ou peuvent en dériver ... Un pareil doute ne 
peut être méthodique. . . 

« Aussi bien. Descartes n'a-t-il pas lui-même reconnu implicite- 
ment le caractère réel qu'il attachait à son doute, lorsqu'il a pris la 
précaution de soustraire à l'action dissolvante de sa critique ses 
croyances morales et religieuses? Quel mal pouvait-il voir à con- 
trêler méthodiquement la validité de ses convictions morales et de 
sa foi religieuse ? N'avons-nous pas entendu saint Thomas d'Aquin 
mettre en que ion, par méthode, l'existence de Dieu et la survi- 
vance de l'âme dans une vie future ? Descartes en juge autrement. 
C'est donc que, dans sa pensée, le doute n'est pas une simple fiction 
■ans conséquences, mais une menace pour la possession réelle de 
la certitude et de la paix de l'àue. . 

« Eh bien, non. Descartes ne feint pas de douter. En réalité, 
il veut douter et se donne à lui-même des motifs de douter de tout 
ce qu'il avait jusqu'à présent, à tort ou à raison, tenu pour certain : 
il se persuade qu'il doute parce qu'il ignore si les opinions qu'il a 
dans l'esprit sont vraies ou fausses : dans cet état d'àme, il doit, 
comme les sceptiques, suspendre son assentiment, ne juger ni vraies 
ni fausses ses opinions s. 

Nous conclurons donc avec l'éminent philosophe que le doute 
cartésien n'est pas miikodique mais bien réel et universel. 

211. Critique du doute cartésien. — ■> Par sa 

méthode. Descarte» ferme la voie à toute vérité. Les che- 
mins qui nous conduisent à la vérité sont nos facultés 
cognitives, sensibles et intellectuelles, ainsi que l'en- 
seignement ou le témoignage des autres. Or, dans la 
première partie de son Discours sur la méthode, le phi- 
losophe français récuse la valeur de ces mêmes facultés 
et du témoignage. Il empêche donc tout esprit d'ar- 
river à la certitude. — " Descartes commet un illogisme. 
Dans la première partie de son discours, Descartes 
doute de sa conscience, de ses facultés cognitives, 
« avec dessein et de propos délibéré » ; et, dans la 



CRITIQUE 



05 



seconde partie, pour établir son principe je pense donc 
je ,m>, il fait appel à la conscience, à l'intelligence et 
aux sens. « Pendant que je voulais ainsi penser que 
tout était faux, écrit-il, il fallait nécessairement que 
moi qui le pensais fusse quelque chose ». 

212. Le Bcepticisme absolu et le scepticisme 
hypothétique. — Le scepticisme absolu nie à l'intel- 
ligence la possibilité d'arriver à la certitude C'est le 
scepticisme pur et simple dont il a été question plus 
haut. Le scepticisme hypothétique est le scepticisme de 
Descartes. On l'appelle hypothétique, parce que le 
philosophe français — apparemment du moins — se 
conduit comme si tout était douteux. Descartes ne 
nie pas à l'intelligence la possibilité d'atteindre la cer- 
titude, mais pour y arriver, elle doit commencer par 
douter de tout, afin d'asseoir sur des bases plus solides 
1 édifice de la science. Tout de même, avec des inten- 
tions dogmatiques, Descartes est arrive aux mêmes 
résultats que le scepticisme absolu. 



il 



ge 



LEÇONS DE LOGIQUE 

CHAPITRE VI 



La solution dogmatique 

213. Le dogmatiime. — Le dogmatisme est la doc- 
trine qui défend l'existence de la certitude. Cette ex- 
pression dogmatisme est parfois interprétée en un sens 
défavorable. Ainsi on dira de quelqu'un qu'il est dog- 
matiate, c'est-à-dire qu'il admet d'emblée toute propo- 
sition qui lui parait vraie, qu'il ne souffre aucune dis- 
cussion à ce sujet. . . Par contre, le partisan du dog- 
matisme ainsi compris rejette à priori toute thèse, 
toute opinion qui ne cadre pas avec ses idées. C'est 
là, pour le moins, du dogmatisme naïf, exagéré. Il va 
sans dire que ce n'est pas ce dogmatisme dont il est 
question dans le présent article. 

C'est du dogmatisme modéré, raieonnable, que nous 
parlerons. Et sont partisans de ce dogmatisme ceux 
qui contre les sceptiques admettent l'existence de 1& 
certitude comme un fait incontestable, en considérant 
tout de même qu'il y a des propositions pouvant être 
soumises à une plus sérieuse étude, et, au sujet des- 
quelles, il est louable, recommandable même, de sus- 
pendre son assentiment. 

214. Les preuves du dotrmatisme. — On peut 
prouver la vérité du dogmatisme, de deux manières : 
Indirectement et directement. — Indirectement. — Que 
la certitude existe, la réf'- ation de l'agnosticisme 
et du scepticisme le prouve à sa manière. Direc- 
tement. — a) La nature de l'homme prouve l'existence 
de la certitude. Au dire d'Aristote, tout homme désire 
connaître. Et cette tendance à adhérer à certaines 
vérités d'une façon ferme, sans crainte d'errer, est uni- 



CRITIQUE 



97 



iormément la même chez tous les hommes. Si la cer- 
titude n'existe pas, comment expliquer cette tendance 
■qui est un fait indéniable et universel ? b) La nature 
même de la certilude prouve aussi son existence. La 
-certitude est l'adhésion de l'intelligence à une vérité, 
adhésion qui exclut toute crainte de se tromper. C'est 
l'attitude la plus parfaite de l'esprit humain vis-à-vis 
■de la vérité. L'existence de cette attitude est évidente, 
«lie s'impose. Voudrait-on en effet la nier? Par le 
fait même on adhère fermement à cette assertion : La 
certitude n'existe pas. Voudrait-on la révoquer en 
doute ? On adhère à cette autre assertion : L'existence 
de la certitude est douteuse. Et donc, dans les deux 
■cas, il est admis que Vesprit adhère fermement à quelque 
^hose, et sans crainte de se tromper. Cette adhésion 
ferme, c'est la cei-litude. 

215. L88 vérités qui s'imposent. — Il est évident 
■que tout ne peut pas se démontrer, directement, du 
moins. Il faut admettre certains points fixes, indubi- 
tables, bases de nos opérations intellectuelles. C'est 
■ce qu'on appelle les vérités qui s'imposent. Ces vérités, 
on peut les ramener à quatre : 1) l'existence d'un sujet 
qui peut connaître ; 2) l'existence d'un objet qui peut 
être connu ; 3) l'existence de la relation entre le sujet 
■et l'objet ; 4) l'existence d'un critérium, d'un moyen qui 
permet de distinguer la connaissance certaine de la 
connaissance fausse. 



LEÇONS DE LOOIQUE 

CHAPITRE VII 



Les facultés cognitives sensibles 

216. Les facultés. — Les facultés sont les principe» 
imrrUdials d'opération. C'est ce par quoi nous agissons. 
Nos opérations sont de deux sortes : la connaissance et 
Vappétition, en d'autres termes, nous connaissons et 
nous désirons ce qui fait l'objet de notre connaissance, 
nous tendons, nous inclinons vers lui. Il y a donc deux 
espèces de facultés : la faculté cognitive et la faculté 
appétitive. De celle-ci, il sera question en Psychologie. 
Mais nous connaissons de deux manières, par les sens 
(c'est la connaissance des -brutes et de l'homme) et par 
l'intelligence (c'est la connaissance de l'homme seul). 
Il y a donc deux espèces de facultés cognitives, l'une 
sensible et l'autre intellectuelle. Cette dernière fera 
l'objet de l'article suivant. 

217. Les facultés cognitives sensibles. — La 
faculté cognitive sensible est celle par laquelle la 
brute et l'homme perçoivent un objet sensible, matériel, en 
tant que matériel. Cette faculté s'appelle sens. Si elle 
a pour objet ks choses sensibles du dehors-, on l'appelle 
sens externe ; si elle a pour objet les choses sensible» 
du dedans, on la nomme sens interne. Les sens externes 
sont au nombre de cinq : La vue, l'ouïe, l'odorat, le 
goût et le toucher. Il y a quatre sens internes : Le 
sens commun ou la conscience sensible, l'imagination, la 
mémoire et l'estimative. Les cinq sens externes per- 
çoivent donc la chose sensit'^, concrète, matérielle, exis- 
tant à l'extérieur. Ex. . Je vois telle couleur, j'entends 
tel son, etc. Quant aux sens internes, ils perçoivent les 
sensations éprouvées par les sens externss. Ainsi par 



I 



CRITIQUE 



99 



le sens commun, nous savons que nos yeux voient tel 
objet (ont telle sensation), etc. 

218. Objet propre de chaque sens. — Il va sans 
dire que chaque sens a son objet propre, ipécifigue. 
La vue a pour objet propre la couleur (nuance, intensité 
et reflet) ; l'ouïe, le son (hauteur, intensité et timbre) ; 
Vodorat, les odeurs ; le goût, les saveurs ; le toucher, 
l'étendue résistante (hauteur, largeur et profondeur). — 
Les sensations des sens externes constituent l'objet des 
sens internes ; mais ces sensations deviennent objet 
propre à chaque sens, suivant la manière dont elles 
sort perçues par ce sens. Ainsi les sensations en tant 
que discernées, unifiées sont l'objet propre du sens 
commun ou de la conscience sensible ; conservées, elles 
sont l'objet propre de l'imagination ; reconnues, de la 
mémoire ; estimées utiles ou nuisibles, de l'estimative. 

219. Le sensible. — Tout ce qui est perçu par les 
sens, s'appelle sensible. Il s'appelle sensible pur lui- 
même, si de sa nature, directement, immédiatement, il 
atteint le sens. Ex. : La couleur. S'il n'atteint pas le 
sens directement, immédiatement, de sa nature, mais est 
intimement uni à ce qui le (sens) meut immédiatement, 
on le nomme sensible par accident. Ex. ; La matière 
du mur que je regarde. Le seniible propre est celui 
gui est perçu par un seul sens. Ex. : La couleur, le son. 
Le sensible commun est celui gui est perçu par plusieurs 
sens, surtout par la vue et le toucher. Ex. : La grandeur 
d'un objet, sa forme, (par la vue et par le toucher). 

220. Erreurs des sens. — Au sujet du sensible 
propre, le sens ne peut pas commettre d'erreur possible. 
Le sens en effet, percevant le sensible propre, exerce 
son opération naturelle ; et la nature ne trompe jamais. 
Ainsi, en regardant, l'ceil ne peut pas ne pas voir la 



100 



LEÇONS DE LOOiqUI 



couleur. Pour ce qui est du êeniible commun, un sens- 
peut se tromper, mais l'erreur est vite corrigée, si le 
sensible commun est surtout l'objet de la vue et du 
toucher. Un b&ton (sensible commun) plongé dan» 
l'eau paraît courbé aux yeux. En mettant la main, on 
s'aperçoit qu'il n'en est pas ainsi. C'est l'ail qui le 
voit comme tel. La bâton — en tant qu'étendue résis- 
tante — n'est pas l'objet propre de l'œil, mais bien 
celui de la main qui, en le touchant, nous permet de 
rectifier l'erreur de la vue. Le sensible par accident est 
cause d'erreur, quand le sens veut déterminer sa nature. 
Cela regarde la raison. Mais s'il s'agit de constater 
sa seule existence, à son sujet, la faculté sensible ne se 
trompe pas. En regardant mon bureau, je vois d'abord 
sa couleur (sensible propre) et, etsuite, je vois aussi 
que cette couleur ne se tient pas seule, mais est soutenue 
par une matière quelconque (sensible par accident). 
Quant à savoir quelle est la nature de cette matière, 
cela dépasse les limites du sens de la vue. 

221. Véracité des sens ext«rn«s. — Fouvons-nou» 
nous fier à nos sens externes ? Ainsi — pour ne parler 
que du sens de la vue — lorsque nous regardons 
autour de nous, ces objets que nous voyons sont-ils 
réellement tels que nous les voyons, c'est-à-dire de» 
entités, en elles-mêmes, existant en dehors de nous et 
bien distinctes de notre moi ? Les idéalistes répondent 
qu'il n'y a rien de réel en dehors de nous, et tout ce que 
nous percevons, ce ne sont que de pures représentation» 
subjectives auxquelles aucune réalité ne correspond. 

La vérité est qu'il y a une réalité en dehors de nous, 
distincte de nous, perçue par nous telle qu'elle est en 
elle-même. Aussi bien, nos sens ne nous trompent 
pas, pourvu qu'ils remplissent les condition» requise». 
Ces conditions sont au nombre de quatre : '> Il faut 



CRITIQUE 



101 



que l'organe toit tain ; » X'objet perçu doit lire l'objet 
propre du tena dont on dclt prouver la véracité ; •> il 
faut que l'objet toit placé à une dittance conrenable ; *> 
il faut un intermédiaire capable défaire atteindre l'objet 
une lumière suJBsante. par exemple, s'il s'agit du sens 
de la vue. 

1) C'ett un témoignage tpontané, irrésistible, univer- 
sel, constant, que les sensations éprouvées par les sens 
externes sont produites par quelque chose complète- 
ment distinct de nous. Ce témoignage est la voix 
même de la nature : il me dit, lorsque je regarde le 
papier blanc sur lequel, en ce moment, j'écris, que je 
vois réellement un objet portant couleur blanche et 
cause de la sensation que je ressens. Or la nature est 
infaillible. 

2) Absurde serait la disposition des organes des sens i 
la surface du corps, si les sens n'étaient pas aptes à 
nous renseigner sur l'existence réelle des choses en 
dehors de nous. Ou encore, inutiles seraient ces or- 
ganes, si le monde extérieur n'était qu'une simple 
apparence, un pur fantôme, revêtu d'une existence 
tout imaginaire. 

_ 3) On ne pourrait pas expliquer la sensation, si elle 
n'avait pas pour cause l'objet extérvur. A qui fau- 
drait-on l'attribuer alors, cette sensation ? Aux sens 
eux-mêmes ou à Dieu. Les sens sont indifférents à 
éprouver telle ou telle sensation. Pour le sens de la 
vue, la sensation du rouge ou du bleu, lui est bien 
égale. S'il a la sensation de l'un plutôt que de l'autre, 
c'est une preuve que l'un s'est présenté à lui plutôt que 
1 autre. Au reste, l'expérience quotidienne ne démon- 
tre-t-elle pas que très souvent, nos sens, malgré pux. 
subissent certaines sensations . Cela prouve donc qu'il 
y a une cause distincte d'eux qui produit ces sensations. 



103 



LEÇONS OB LOGIQUE 



Faut-il recourir à Dieu ? Cette explication est par trop 
•impliste. Et, dans ce cas. Dieu nous induirait en erreur, 
puisque, tout naturellement, nous sommes portés à 
attribuer aux objets extérieurs, la raison, la cuuse des 
sensations éprouvées. Si Dieu, de ces sensations, était 
; iellement la cause, nous nous tromperions par sa 
faute. Ce qui répugne. Conséquemment il reste vrai 
de dire que les objets extérieurs causer.t nos sensations; 
mais, pour cela, iU doivent exister <>'. 

222. Vérulté des sens Internei. — Que les sens 
internes soient véridiques, personne ne saurait le 
contester. Puissances cognitives sensibles, ils ont 
pour objet les sensations éprouvées par les sens exter- 
nes. Ces sensations constituent leurs objets propres, 
vers elles ils inclinent de tout le poids de leur nature. 
Nous pouvons dire que les sens internes par rapport 
à leur objet, sont comme les sens externes vis-à-vis du 
sensible pijpre. Or nous avons vu que ceux-ci ne 
peuvent pas .se tromper. 

223. Véracité de la conscience. — La conscience 
sensible, appelée encore sens intime, sens commun, est le 
témoin de tous les faits d'ordre organique. Cette faculté 
qui constate les phénomènes .sensitifs dont nous 
sommes le théâtre, se distingue du jugement par lequel 
l'intelligence apprécie la valeur morale de nos actes. 
Ce jugement, c'est la conscience morale. — La véra- 
cité de la conscience s'impose. Qui ose la nier, voire 
seulement en douter, par le fait même la déclare cer- 
taine. Comment en effet quelqu'un peut-il se rendre 
compte que le témoignage de sa conscience est faux 
ou douteux, si ce n'est en faisant appel au même témoi- 
gnage? 



(1 Cfr., Lorti^ vol. I., p. 207. 



ruiTiquE l()3 

CHAPITRE Vin 

Lffacultfeu cognilir^- inlellertiie'.le.t. 

224. L InteUlgenoe et U raiton. - VhieUigence 
et la ration sont une seule et m*nie faculté qui exerce 
des f... lions différentes. (Vtte faculté est unique. 
Elle ,( aussi complètement distincte de» sens puis- 
qu'elle a pour objet l'immatériel, le spirituel. C'est 
une puissance qui perçoit, qui connaît, partant, co- 
gnitive. La faculté cognitiee intellectuelle s'ap- 
pelle inlelligence, quand elle cunnaU de» rfrilés indimon- 
Irable», évidente», nommées premier» privcipea. Ex. : 
Le tout est plus grand que sa partie. Elle s'appelle 
Taiion,lnr»qu'elle a pour objet une vérité démontrable 
déduite d-une autre. Ex. : L âme humaine est immor- 
telle. 

225. Véracité de l'intelligence. - Lorsque l'in- 
telligence donne son assentiment à cette vérité immé- 
diate, indémontrable : Le tout e»t plu» grand que »a partie, 
elle y adhère non parce qu'elle subit l'influence de sa 
constitution intime, de sorte que ce principe n'est rien 
de réel, mais bien, parce que ce même principe est une 
réalité totalement distincte d'elle-même, qui lui impose 
son évidence, et pour ce motif, l'entratne, comme malgré 
elle, à l'admettre. 

1) Le témoignage de la con»cience, témoignage infail- 
lible, prouve que dans ses opérations, l'intelligence 
perçoit des réalités objectives distinctes d'elle-même. 
Lorsque nous adhérons à ce principe : Le tout ett plu» 
grand que ta partie, la conscience nous affirme que cette 
proposition qui entraîne nécessairement notre adhésion, 
représente une réalité évidente par ell- ^-ne et dont 
l'intelligence n'est pas la cause. 



m 



104 



LBÇON» DE LOGIQUE 



2) L* ittftieiimi devrait itre itdmù li rintelligecen 
pouvait te tromper lorsque'lle perçoit lea véritéi immé- 
diatet. Cei véritéi, en effet, sont évidentes, elles n'ont 
pas besoin d'être démontrées. Et du moment qu'Mles 
se présentent à l'intelligence, celle-ci ne peut p ne 
pas leur donner son assentiment. C'est la lumièiv du 
soleil en plein midi pour quelqu'un qui a de bons yeux. 
Les vérités immédiates offrent donc toutes les garanties 
de la certitude. Et donc — étant donnée*! ces condi- 
tions de sûreté — si l'intelligence se trompe au sujet 
de ces vérités qui, selon certains philosophes, sont une 
pure création de l'esprit, et partant, n'ont aucune exis- 
tence réelle, objective, alors II n'y a yiut rien de certain. 
C'est le triomphe du scepticisme. 

226. L'univerMl. — Entre l'idée et l'image d'une 
chose il y a une grande différence (15). L'idée est 
perçue par l'intelligence, faculté spirituelle, et elle 
s'appelle universel lorsque cette même faculté l'applique 
à p'usieurs. Ainsi l'idée d'homme devient un'-'erselle 
lorsque je Vattribue à plueieurs hommes. S'il faut 
en croire certains philosophes, Vuniversel n'existe 
que dans notre intelligence, sans au< ne attache avec 
la réalité extérieure. Ce- philosophes .'appellent con- 
cefiiialislet, parce que, pour eux, Yunitereel n'est qu'une 
conception de l'intelligence. Selon d'autres, nommés 
réalistes exagérés, l'universel est une réalité qui existe 
en dehors de nous comme l'encrier, le papier sur mon 
bureau. Enfin, les nominalistes prétendent que Vuni- 
versel n'est qu'un nom, qu'un mo/,auxquels ue correspond 
aucune réalité. La vraie doctrine est celle des réalistes 
modérés. Aristote et saint Thom.is enseignent que 
Vuniversel existe et dans l'intelligence et dans la réalité 
extérieure. L'universel, comme tel, essentiellement, comme 



CRITIQUE 



lOS 



entité abilraite. ipiriluelle ne peut aa exiater en dehors 
de nous ; dans U- monde extérieur il n".v a que du concre/, 
du matériel, du tingulier. En effet ce n'est pas l'idée 
(universel) de bureau que j'ai devant moi, mais bien le 
bureau, tel bureau, perceptible sei:lemont aux sens. Et 
donc, eêaentiellement, en tant que re/, l'universel n'existe 
que dans l'intelligence. Mais quelqu'un qui n'aurait 
jamais vu ou touché un bureau, pourrait-il en avoir 
l'idée ? Non, c'est impossible. Ceci démontre que 
l'idée du bureau suppose la vue ou le toucher d'un 
bureau. L'idée du bureau est donc d'une certaine 
façon dans le bureau, lequel est une réalité existant 
en dehors de nous. C'est ce qu'enseignent les rfa- 
Uêtet modérés lorsqu'ils affirment que l'unirersel (idée) 
existe fondamentalement dans les choses (réalités exté- 
rieures). C'est-à-dire que l'idée que nous ovons 
d'une chose, suppose l'existence réelle, objective de cette 
chose, et est fondée sur elle. 

227. Véracité de U raison. - La roison h la 
(acuité cognitive intellectuelle qui d'une vérité con- 
nue en déduit une autre nommée conclusion. Le pas- 
sage du connu à l'inconnu s'appelle raisonnement. — 
Parce qu'elle est faite pour la vérité— nous l'avons 
démontré contre les sceptiques — la raison n'est donc 
pas par elle-même portée à l'erreur : ce serait contra- 
dictoire. Quand elle se trompe, c'est par accident. 
c'est-à-dire pour des motifs qui ne sont pas inhérents 
à sa nature. Ces motifs, ce sont les passions, les pré- 
jugés, la poresse, etc. Autant de causes qui l'empêchent 
de déduire des principes donnés, les conséquences y 
contenues. 



100 LEÇONS DE LOGIQUE 

CHAPITRE IX 

L'autorité 

228. Diflnition de l'autorité. — L'autorité est 
ce qui nous détermine à admettre un enseignement écrit 
ou oral. 

229. Les éléments de l'autorité. — L'autorité a 
deux éléments essentiels la science et la véracité. En 
effet on admet ce que quelqu'un dit ou écrit si l'on 
sait qui'i connait ce dont il parle (science) et qu'il ne 
nous trompe pas (véracité). 

230. L'autorité divine et l'autorité humaine.— 
L'autorité est divine ou humaine selon que celui dont 
on admet l'enseignement est Dieu ou homme. 

231. Foi, témoignage, témoin. — La foi est Vad- 
hésion de l'intelligence à un enseignement écrit ou oral. 
Cette adhésion est l'effet de l'autorité, elle est basée 
non pas sur la connaissance que l'on a de la question, 
mais sur la science et la véracité de celui qui expose 
cette question. — La foi est divine si l'adhésion est 
donnée à l'enseignement de Dieu ; elle est humaine, si 
l'adhésion est donnée à l'enseignement de l'homme. 
Le témoignage est l'acte par lequel quelqu'un raconte un 
fait ou expose une vérité. Le témoignage est divin ou 
humain si ce quelqu'un est Dieu ou un homme. Le 
témoignage divin est appelé révélation. Ce témoi- 
gnage est encore oral, historique et monumental suivant 
qu'il est donné par un geste ou la parole (oral), par un 
document écrit (historique), ou par un monument 
quelconque (monumental, . Si la chose racontée est 
un fait, alors, plus strictement, le témoignage est histo- 
rique. Ainsi l'histoire rapporte que Mgr. de Laval est 



CRITIQUE 



107 



le fondateur du Séminaire de Québec (témoignage his- 
torique). Si la chose racontée est un dogme, le témoi- 
gnage se nomme témoignage dogmatique ou doctrinal. 
Le témoin est celui qui raconte le fait ou expose la ques- 
tion. SM est Dieu, il est témoin divin, s'il est homme, 
il est témoin humain. Il est encore oculaire ou auricu- 
laire selon qu'il a vu ou entendu. 

232. Fait, dogme Le fait est un événement quel- 
conque connu par les sens. Il est public ou privé, de 
grande ou de peu d'importance. Le dogme est une vérUé 
immédiate ou médiate d'ordre spéculatif connue par 
l'intelligence. Monsieur X est mort — voilà un fait. — 
Tout effet a une cause — voilà un dogme. 

233. L'autorité produit la certitude. — La certi- 
tude est l'assentiment ferme de l'esprit à une vérité, 
assentiment qui exclut toute crainte d'errer. Or l'au- 
torité produit cet assentiment ferme qui exclut toute 
crainte d'errer. L'autorité en effet a deux éléments 
essentiels : la science et la véracité. Là où existent la 
science et la véracité il y a ni ignorance ni erreur (opposées 
de la science) ni mensonge (opposé de la véracité). Il 
ne reste plus que la vérité parfaitement connue et sin- 
cèrement exposée : tout ce qu'il faut pour rendre ferme 
l'adhésion de l'intelligence, c'est-à-dire pour produire 
la certitude. 

234. Importance du témoignage. — L'importance 
du témoignage se prouve par sa nécessité. Que l'on 
considère l'homme comme individu, comme membre de 
la famille et comme membre de la société, à ces trois 
points de vue, le témoignage lui est extrêmement néces- 
saire. 

a) L'homme comme individu. Son éducation morale 



106 



LEÇONS DE LOGIQUE 



et intellectuelle nécessite le témoignage. Ses maîtres 
en effet, parents ou étrangers, tous les jours, ont besoin 
IH de mille renseignements dont ils ne contestent nulle- 

ment la source et qu'ils acceptent sur les dires des 
autres. Les éducateurs vont-ils se mettre à refaire 
tous les travaux, à vérifier toutes les expériences de 
leurs prédécesseurs ? C'est impossible. 

6) L'homme comme membre de la famille. La famille, 
composée du père, de la mère et des enfants, ne pour- 
rait pas exister sans le t:'rnoignage. Jusqu'à un âge 
très avancé, les fils et les filles admettent telle ou telle 
chose parce que leurs père et mire l'ont dit. Même, plus 
tard, ils font encore appel au témoignage de leurs 
parents. Sans le témoignage, comment croire aux 
vertus, aux belles actions, etc. des ancêtres ? 

c) L'homme comme membre de la société. La société 
est basée sur un ensemble de relations, de lois, qui sup- 
posent le témoignage. Elle vit de traditions, de faits : 
autant de choses qu'on ne peut pas expliquer si l'on 
rejette le passé. 

Et nous pouvons donc conclure que la croyance au 
témoignage est à la base de la vie individuelle, familiale 
et sociale. 



CBITIQUE 109 

CHAPITRE X 

L'autorité humaine 

235. Le consentement universel. — L'autorité est 
le motif capable de noua faire adhérer à ce que dit ou écrit 
t^elqu'un. Ce quelqu'un peut être le genre humain. 
Dsns ce cas. l'autorité s'appelle contentement universel 
Le consentement universel est « un jugement commun 
pr é par tous les hommes sur des vérités élémentaires 
surtout sur les vérités nécessaires à la direction de 
la vie ». "> 

236. Objet du consentement universel.— Le con- 
sentement universel n'a pas pour objet propre toutes h» 
vérités, encore moins les vérités difficiles à comprendre, 
comme les vérités d'ordre scientifique par exemple, mais 
seulement les vérités élémentaires, et surtout celles qui 
sont nécessaires à la direction de la vie, comme celles-ci- 
Il faut faire le bien et éviter le mal, l'existence d'une 
autre vie, l'existence d'un être suprême rér. -.nérateur 
du bien et du mal, etc. Pour que le consentement soit 
universel, il n'est pas nécessaire qu'il n'existe aucune 
exception. Il s'agit ici d'une uni ersalité moraU, c'est- 
à-dire de celle qui comprend la majorité des hommes. 

237. Le consentement universel est un moyen 
d'arriver i. la certitude. - Il existe des jugements 
communs portés par^tous les hommes, et ces jugements 
ont pour objet les vérités essentielles à la conduite de 
la vie. Or ces jugements s'appellent le consentement 
universel et ils sont vraù. Donc le consentement uni- 
versel est un moyen d'arriver à la certitude. La 

(1) Farges et Barbedette. Coun de philosophie Koltstiqiie, T. I., 



Il 



!| 1 



110 



LEÇONS DE LOGIQUE 



majeure de cet argument est amplement prouvée par 
l'expérience quotidienne. Tous énoncent des jugements 
comme ceux-ci : il faut honorer ses parents, il faut 
rendre à chacun ce qui lui est dû, etc. Et personne 
ne conteste la vérité de ces mêmes jugements. Quant 
à la mineure, la première partie, « ces jugements 
s'appellent le consentement universel », est la défini- 
tion même du consentement universel ; la seconde 
partie, « ils sont vrais », se démontre par ce principe : 
lout effet a une cause -proportionnée. L'universalité, 
l'uniformité, la constance du consentement chez le» 
peuples qui admettent, sous toutes les latitudes, à 
toutes, les époques, les mêmes vérités, doivent avoir 
une cause aussi universelle, constante et uniforme. 
Cette cause, ce ne sont pas les préjugés, ni les passions, 
ni l'éducation. Les préjugés, les passions et l'éduca- 
tion sont loin d'être universels, uniformes et constants, 
ils varient avec les peuples et les individus. Cette 
cause est la nature humaine elle-même, constante, 
uniforme partout, agissant suivant ses propres lois et 
ne subissant aucune influence étrangère. Et la nature 
ne trompe pas. — On peut ajouter que si le consente- 
ment universel n'est pas un moyen d'arriver à la certi- 
tude. Dieu, qui est l'auteur de la nature et partant 
de cette tendance instinctive à énoncer des jugements 
dont l'objet sont des vérités nécessaires à la vie, nous 
induirait en erreur. Ce qui répugne. — N. B. — Il ne 
faut pas confondre le consentement commun ou universel 
avec le sens commun de nature. Le consentement uni- 
versel est l'assentiment commun donné à certaines 
vérités, ou l'ensemble des jugements formulés par 
l'ensemble des hommes. Le sens commun de nature 
est la faculté intellectuelle elle-r Sme inclinée à porter 
des jugements sur lesquels tous les hommes sont 



CRITIQUE 



111 



d'accord. Le ienteommun de nature est la caii.ie du 
consentement unittriel <». 

238. L« témoigmajT» oral produit la certitude.-^ 
Le témoignage oral, c'est le témoignage humain 

trhT'^T" '''"^ '*"' °" •*" P'"^'*'"" 1"' racontent 
terbalement ce qu ils ont vu ou entendu. Peut-on w 
fier au témoignage d'un seul ou de plusieurs qui racon- 
tent un fait vu ou entendu? Certes oui. parce que 
on peut prouver la ecience et la véracité du témoin • 
les deux conditions absolument requises pour donner 
de la valeur a son témoignage. Les faits sont ou oon^ 
temporatns ou passés. Les faits contemporains, il est 
facile voire très facile de les connaître. Et le témoin 
s expose grandement à être découvert, s'il ne les ra 
conte pas tels qu'ils se sont passés. Au sujet de ces 
faits, i'.scxence et la véracité du témoin ne sont donc 
pas contestables. Quant aux faUs passés, le témoi- 
gnage qui les rapporte s'appelle tradition orale. Celle-ci 
est la «série non interrompue des témoins qui rap- 
por ent de vive voix un fait ancien ; les premiers sont 

r. !T'r°' ''" '"'' '• '^^ ""t™^ ^-t de notre épo- 
que » <«. Comme on vient de le voir, les témoins con- 
temporains du fait sont dignes de foi. Les témoins 
encore vivants sont aussi certainement croyables, parce 
qu entre eux et les témoins contemporains du fait, û 
n y a pas d interruption. Quant aux témoins inter- 
médiaires. Ils sont autant d'anneaux qui relient le» 
premiers témoins à ceux de nos jours, autant de géné- 
rations qui se sont transmis les faits. Pouvons-nous 
logiquement supposer que toutes ces générations se 
sont trompées, ou se sont entendues pour tromper? 



Ci) R. Jeai. 
(2) Farges 



■• S. J. Cri'mologi», p. 586. 
uede'te, ou.-, cit., p. 178. 



m 



:|>l 



112 LEÇONS DE .^uUlQUE 

C'est impossible. Ajoutons que tout homme aime 
naturellement savoir et dire la chose telle qu'elle est. 

239. Le témoicnage monumental. — Les monu- 
ments sont aussi des témoins. Contemporains des 
faits qu'ils commémorent, ils sont dignes de croyance 
parce que, dans ce cas, il est très facile de prouver leur 
science et leur véracité. S'ils rapportent les faits pas- 
sés, ils sont croyables à deux conditions : il faut " qu'ils 
relatent un fait important ; •> qu'aucun contemporain 
n'ait protesté '". 



CHAPJTRK XI 

L'autorité humaine (ruite) 

240. Le témoignage historique. — Le témoignage 
historique est le témoignage écrit. Il est aussi un. 
témoin dont la science et la véracité se prouvent en 
démontrant l'authenticité, Vintégrité et la véracité du 
livre (témoignage écrit) qui rapporte les faits. 

241. Authenticité, intégrité, véracité. — Un livre 
est authentique lorsqu'il a été réellement écrit par 
l'auteur à qui on l'attribue et à l'époque à laquelle on 
le fait remonter. Se nomme apocryphe le livre qui 
n'est pas authentique. Un livre est intègre lorsque les 
faits qu'il rapporte, n'ont pas été changés, du moins 
lubstantiellement. On appelle interpolé le livre qui n'a 
pas l'intégrité. Un livre est vcridique lorsqu'il raconte 
les faits tels qu'ils se sont passés. Est faux le livre 
qui n'est pas véridique. 

(1) Ch. Farge» et Barbedette, ouv. cité., p. 182. 



CRITIQUE 



113 



242. Critique historique. — La critique historique 
est la science qui a pour objet l'authenticité, l'intégrité 
et la véracité d'un livre. Elk dém ntre qu'un écrit 
possède ou ne possède pas ces trois caractères, 

243. La valeur du témoignage historique. - le 

témoignage historique, ou encore, le témoignage écrit 
un livre, par exemple, doit être accepté comme moyen 
d arriver a la certitude, si l'on peut prouver son authen- 
ticité, son intégrité et sa véracité. Et la valeur de ce 
témoignage .sera plus ou moins grande, suivant que 
es preuves apportées en faveur de l'authenticité, de 

cluantel ^^'""'^ '"""' ^'"^ "" ""''"'• '=°"- 

244. Les preuves de l'authenticité d'un livre — 

Les preuves sont de deux sortes : extrinsèques et intrin- 
sèques. Preuves extrinsèques : le fait que partout et 
toujours on attribue tel livre à tel auteur. Le Phédon 
par exemple, à toutes les époques de l'histoire, a été 
reconnu comme l'œuvre de Platon. Preuves intrin- 
sèques: le style, la doctrine et les opinions de l'auteur. 
Il est évident que, dans le cours des âges, la manière 
d écrire n a pas toujours été la même. Les classique» 
du XVIIe siècle ne s expriment pas de la même façon 
que les romantiques du XIXe. Aussi bien il faut en 
dire autant des doctrines et des opinions émises aux 
différentes époques. Avant Pasteur, certains croyaient 
a la génération spontanée (l'origine d'un vivant d'un 
non vivant). Depuis les immortelles expériences de 

a!2 ^'. l'r"'*:V''"' "P""'"" '"= *'^"* P'"' debout. 
Avant Galilée, et bien avant lui, on croyait à la rota- 
tion du solei autour de la terre. Aujourd'hui, c'est 1. 
rotation de la terre autour du soleil qui est scientifi- 
quement démontrée et. partant, définitivement admise. 



114 



LEÇONS OB LOGIQUE 



246. Les preuves de l'intégrité d'un Uvre. — Si 
l'original du document écrit existe, sa rnaemblanc» 
avec la copie est une première preuve de l'intégrité. 
L'original disparu, la confrontation des copies entie elle» 
fournit une preuve nouvelle de l'intégrité. Et d'ail- 
leurs, la diffusion du livre, son usage constant — diffu- 
sion et usage qui le font connaître par un très grand 
nombre — voilà encore autant de raisons qui empê- 
chent son interpolation et en assurent l'intégrité au 
moins subttantielle. 

246. Les preuves de la véracité d'un livre. — La 
véracité d'un livre isi celle de son auteur. Celui-ci 
est-il probe, instruit, son livre sera véridique. Or la 
probité et la science d'un auteur sont choses faciles à 
constater. Si l'auteur raconte des faits publics 
qui ont eu lieu au vu et au su de tout le monde, il 
lui sera quasi impossible de tromper. Si les faits 
relatés sont invraisemblables, sa probité sera mise en 
cause. La véracité de l'auteur est d'autant mieux 
Acceptée qu'il expose les questions avec impartialité, 
désintéressement et sans passions. 

247. Le témoignage historique produit la cer- 
titude. — Ce paragraphe est comme le corollaire 
obligé de tout ce qui a été dit précédemment sur l'au- 
torité humaine en général. Nous venons de voir que 
le témoignage humain, la tradition orale, les monu- 
ments sont des moyens qui nous conduisent à la certi- 
tude. Or le témoifcnage historique — ou l'histoire — 
se compose du témoignage humain, de la tra ,a 
orale et fait appel aux monuments. Nous sommes 
donc en droit d'sffirmer que le témoignage histonque 
conduit aussi à la certitude. 



CRITIQUE 



115 



248. Lft certitude du témoignage historique est 
une certitude morale. — La certitude morale est 
basée sur les mœurs, les usages, les coutumes. Or 
il est une loi morale qui veut que les hommes racon- 
tent toujours les choies telles qu'ils les ont vues ou enten- 
dues et ne mentent jamais, à moins de motifs exception- 
nellement rares. Et l'adhésion ferme que nous donnons 
au témoignage historique a cette loi morale pour appui. 
Cette adhésion ferme, qui est la certitude, est donc 
causée par cette loi, et, conséquemraent doit être de 
même nature qu'elle, c'est-à-dire, morale. 

249. Le témoignage doctrinal. — Le témoignage 
doctrinal a pour objet une vérité d'ordre spéculatif, ou 
mieux, une vérité scientifique. On rai)pelle encore 
l'autorité des savants. Le témoignage doctrinal cons- 
titue un argument de probabilité. Il s'agit ici de vérités 
que l'on croit sans savoir les démontrer par soi-même. 
A ces vérités, on adhère parce qu'un tel les en- 
seigne. Mais notre adhésion n'est qu'une opinion pro- 
bable et non une certitude. Pour qu'elle soit une cer- 
titude, l'adhésion doit exclure toute crainte d'errer. 
Et la crainte d'errer n'existe pas, lorsqu'on peut 
contrôler la science de celui qui parle. Et comment 
contrôler la science de quelqu'un au sujet de conclu- 
sions doctrinales qu'on ne peut pas démontrer par soi- 
même ? Le témoignage doctrinal ne produit donc que 
la probabilité. Cette probabilité, certes, est raison- 
nable et motivée puisqu'elle est basée sur le témoignage 
de gens sérieux et au courant de ce qu'ils disent ou 
écrivent. 






UfJ 



LEÇUNS DE LOGIQUE 

CHAPITRE XII 



L'autorité divine 



250. La réTéUtion. — La révélation est Vacte par 
lequel Dieu enseigne aux hommes àet vérités naturelles 
et surnaturelle». 

251. La réTéUtlon est possible. — Parce que tout 
puissant et omniscient. Dieu peut révéler aux hommes 
des vérités qu'ils peuvent comprendre ou qui dépassent 
leur entendement. Au reste, l'homme est un être sus- 
ceptible de recevoir un enseignement. Et pourquoi ne 
serait-il pas l'élève de Dieu, comme il l'est de son sem- 
blable ? 

252. La révélation est absolument et morale- 
ment nécessaire. — S'il s'agit des vérités surnatu- 
relles, leur révélation est absolument nécessaire. Ces 
vérités en effet dépassent complètement l'intelligence 
de l'homme. Et celui-ci ne peut jamais les connaître 
si Dieu ne les lui enseigne pas. Étant données les 
difiBcultés dans lesquelles se trouvent la plupart des 
hommes. Dieu vient à leur secours en leur enseignant 
en outre des vérités qui en elle-mêmes ne sont pas 
au-dessus de leur intelligence. Ces vérités, ce sont les 
vérités naturelles. Et, à cause de ces obstacles nom- 
breux qui rendent leur acquisition difficile, l'interven- 
tion de Dieu en quelque sorte s'impose. Et voilà 
pourquoi, on dit que la révélation des vérités natu- 
relles est moralement nécf -"ire. 

253. L'autorité divine produit la certitude. — 
Pour qu'un témoin détermine un assentiment ferme à 
ce qu'il dit ou écrit, il doit avoir la science et la véracité. 



CUTigUB 



117 



Ici le témoin, c'est Dieu. Qui pourrait contester m 
ictence et sa véraciUt Bien plu», Dieu est la science et 
a véracité mêmes. II possède donc à un parfait degré 
les conditions nécessaires pour produire la certitude. 

254. L» certitude divlae est une certitude mé- 
Uphyiique. — Lorsque nous croyons aux vérités que 
Dieu nous a révélées, c'est parce que nous savons qu'il 
connaît toutes choses et qu'il ne peut nous tromper. 
La icience et la véracité de Dieu sont bien ie» causes de 
cette adhétion ferme que l'on appelle certitude. 
Mais la ecience et la véracité di^inea sont l'essence 
même de Dieu. Notre assentiment est donc appuyé 
sur l'essence de Dieu, et pour ce motif, il est une certi- 
ttide métaphysique. 

255. Le rktionaUime. — Sont rationalistes ceux 
qui, exagérant les droits de la raison humaine, procla- 
ment qu'elle peut tout comprendre, et partant, qu'il 
n y apa, de mystère». Les prétentions du rationalisme 
se réfutent en démontrant que. dans l'essence divine, 
en Dieu, il y a des vérités connues de lui seul et dépas- 
sant toute intelligence créée, soit humaine, soit angé- 
lique. En ce monde, il y a certaines intelligences supé- 
rieures, d'autres moyennes, et beaucoup de médiocres. 
C est un fait indéniable. Les intelligences supérieures 
comprennent certaines choses qui échappent aux intel- 
ligences moyennes et médiocres. Tous l'admettent, 
b il y a des différences si grandes entre les intelligences 
humaines, de même nature, après tout, il doit en exister 
aussi de plus grandes encore, entre des intelligences 
qui n'ont pas la même nature, ou spécifiquement dis- 
tinctes. Or l'intelligence angélique diffère spécifique- 
ment de l'intelligence humaine ; les anges ont donc 
des connaiss .ces que ne possèdent pas les hommes. 



! M 



118 



LKV'ONS DE LOOlqUE 



Et rintplUgence divine est infiniment au-dei«us de 
l'intelligence angélique, elle eit d'une nature tout à 
(ait différente. A fortiori, l'intelligence divine est de 
beaucoup supérieure à l'intelligence de l'homme et 
doit contenir en elle-même des vérités que les humains 
ne peuvent pas comprendre. Ces vérités, ce sont les 
myttiret. 

250. Lft lOianoe et U (ol. — Toute» deux venant 
de Dieu, la science et la (oi ne sauraient se contredire. 
La science a pour objet les vérités démontrées, évi- 
dentes d'une évidence intrintique. La foi porte sur les 
vérités non démontrées, admises sur le témoignage 
divin, évidente» d'une évidence extrinsèque ou de cré- 
dibilité. Dans la scienre, l'intelligence donne »I^CM- 
lairement son adhésion : elle ne peut résister à l'évi- 
dence intrinsèque. Dans la foi, l'intelligence peut 
résister, parce que la vérité de foi n'est que i;rv.\ 'ble, 
ou évidente d'une évidence extrinsèque, et seule l'évi- 
dence intrinsèque est capable d'entraîner, d'une façon 
irrésistible, l'assentiment de l'intelligence. La science 
est un acte de l'intelligence seule ; la foi est un acte 
émis par l'intelligence obéissant au commandement de 
la volonté. Étant deux actes absolument distincts, 
la science et la foi, ne peuvent donc pas exister simul- 
tanément, dans une même intelligence, par rapport au 
même objet, mais successivement. — Pour être distinctes, 
la science et la foi ne s'excluent pas. La foi n'est pas 
contraire à la science, et partant, à la raison, mais elle 
est au-dessua. La foi rend un double service à la 
raison : elle élargit le champ de ses connaissances et 
elle lui est un puissant appui. Sans la foi, en effet, 
jamais la raison ne pourrait atteindre les vérités sur- 
naturelles Quant aux vérités naturelles, démontrées 



caiTiguB 



110 



por la raison, la foi les corrobore, les confirme, puisque 
plusieurs d'entre elles, comme l'immortalité de l'âme, 
l'existence de Dieu, sont aussi révélées. 



CIIAPITRK Xlil 



Le erilère de eérilê 

2.57. Définition du critère. — D'aprè» son étymo- 
logie, le critère est Y'instrumtnt dont noua nou» nenon» 
pour discerner la vérité de la fausnetf. En général, tout 
moyen de connaître la vérité, s'appelle critère. On ap- 
pelle encore critère tout ce qui détermine l'adhésion de 
l'esprit à une vérité ">. 

258. Différentes sortes de critères. — U-s critères 
sont intrinsèques et extrinsèques. Les critères intrin- 
sèques sont subjectifs ou objectifs. Les <Titères intrin- 
liques-subjectifs sont ceux qui sont inhérents au sujet 
qui connaît. Les critères intrinsèques-objectifs sont ceux 
qui sont inhérents à l'objet connu. Ainsi les facultés 
cognitives sont des critères intrinsèques-subjectifs — 
l'évidence est un critère intrinsèque-objectif. Les cri- 
tères extrinsèques sont ceux qui sont en dehors de celui 
qui connatt et de l'objet connu. L'autorité divine et 
l'autorité humaine sont des critères extrinsèques. 

239. Extension du critère. — Si par critère on 
entend tout moyen d'arriver au vrai, tout ce qui cause, 
tout ce qui détermine notre adhésion à une vérité, il 
est évident alors qu'il s'étend à toute vérité : médiate 

(1) Cfr. Fargea et Barbedette. ouv. cit., T. I, p. 148. 



120 



LEÇONS DE LOGIQUE 



et immédiate, naturelle et surnaturelle. La raison de 
cette affirmation est que dans toute vérité il y a un quel- 
que chose qui caute notre adhésion, et que toute vérité 
est perçue par nos facultés cognitives qui sont des 
moyens de connaître. Mais le critère de vérité pris 
pour cet « instrument judicatoire » dont parle Mon- 
taigne, pour ce moyen de distinguer la vérité de la 
fausseté, ne s'étend pas à toute vérité, mais seulement 
à celles qui n'excluent pas tout doute, c'est-à-dire aux 
vérités médiates, qui ont besoin d'être démontrées. 
Les vérités immédiates, s'imposant d'elles-mêmes à 
l'intelligence de chacun, excluent d'elles-mêmes tout 
doute, toute fausseté, et, par conséquent, n'ont pas 
besoin de critère. Celui-ci, en effet, dans l'hypothèse, 
a pour rôle de faire la séparation entre le vrai et le 
faux. Et là où la fausseté n'est pas même soupçonnée 
— c'est ce qui a lieu pour les vérités immédiates — le 
critère n'a pas sa raison d'être "'. 

260. Critère des vérités médiates. — Les vérités 
médiates sont celles qui sont démontrées. Ainsi les 
conclusions sont des vérités médiates. Quel est le cri- 
tère de ces vérités ? Quel est le moyen de se rendre 
compte de la vérité ou de la fausseté d'une conclusion f 
Ce moyen c'est de voir si réellement la conclusion dé- 
coule des principes de la démonstration, lesquels prin- 
cipes sont toujours vrais. Une conclusion en effet 
emprunte toute sa vérité aux prémisses d'où elle dé- 
coule. Et c'est à cause de cette dépendance de la con- 
clusion des prémisses que nous adhérons à elle sans 
crainte de nous tromper. Le critère des vérités mé- 
diates, c'est donc la liaison nécessaire qu'ont ces vérités 
avec les prémisses d'où elles découlent. N. B. — Dans 



(') Cfr. Lortie, Elemmta Philoiofhiœ Ckrùtianœ, T. I, p. 197. 



CRITIQUE 



121 



ce paragraphe le '•'■k 
lui donnons plus ,j>n. 



rr'i'^re n'a pas le sens que nous 



261. Le supré o( critère (.e TériM. — Quand il est 
question de supré;..e criiu.e de critère universel, nous 
cherchons si, entre autres motifs qui justifient nos ad- 
hésions, il y en a un qui l'emporte, un qui est applicable 
à toute vérité, et, pour cette raison, nommé critère 
universel, suprême critère. Tous admettent qu'il y a 
un motif capable de déterminer notre assentiment à 
n'importe quelle vérité, appelée suprême critère. Mais 
l'accord est loin d'exister lorsqu'il s'agit de dire en quoi 
consiste ce critère universel. 

262. Le fldéisme. — Pour les fidéistes, le critère 
unique et suprême de vérité, c'est la foi divine. — Disons 
que la foi divine ne peut pas être un critère universel 
de vérité, puisqu'elle ne s'étend pas à toutes les vérités. 
En effet il y a des vérités certaines basées sur le témoi- 
gnage du sens intime, des sens externes, de la raison. 
Il n'est pas besoin de recourir à la révélation pour les 
admettre. Au reste, ce système confond les vérités 
surnaturelles avec les vérités naturelles. 

203. Le traditionalisme. — Selon ce système la 
tradition est le suprême critère de vérité. — Les par- 
tisans du traditionalisme partent d'un faux principe : 
l'incapacité radicale de la raison humaine. Pour eux, 
la tradition est l'enseignement des vérités /ait par Dieu 
à l'homme et transmis de vive voix de génération en 
génération. Voulant réagir contre le rationalisme, 
ils sont tombés dans l'excès contraire dont les consé- 
quences ne sont pas moins funestes. 

264. Le mennésianlsme. - De Lamennais (1782- 
1854) auteur de ce système, enseignait que le consente- 



122 LEÇONS DE LOGIQUE 

ment universel est l'unique et suprême critère de vérité. 

— Le consentement des peuples n'est pas applicable 
à toutes les vérités. Bien restreint est le nombre des 
vérités qui sont de son ressort. Quelle autorité a le 
consentement des peuples lorsqu'il s'agit des vérités 
d'ordre purement scientifique ? Dans ce domaine, il 
constitue tout au plus une probabilité, mais non un 
motif de certitude. 

265. L'instincti invincible. — Thomas Reid, phi- 
losophe écossais (1710-1796) a enseigné que le suprên>» 
critère de vérité réside dans un instinct invincible, 
aveugle que l'on ne peut comprendre ni expliquer. — 
Comment attribuer à cet instinct invincible, inexpli- 
cable, mystérieux, le rôle si important échu au critère 
suprême ? Celui-ci n'est-il pas le motif pour lequel 
nous adhérons à toute vérit. ? Il remplit la fonction de 
guide. Et, pour ce faire, il ne doit pas être aveugle, 
mais voir clair et bien connaître. 

266. Le sentimentalisme. — Un sentiment, une 
impulsion de sympathie ou d'amour c ue provoque la 
présence de la vérité et qui nous attache à elle, voilà, 
d'après Jocobi, philosophe allemand, (1743-1814), le 
suprême critère de vérité. — Le sentiment de Jacobi 
appartient à la faculté appétitive, laquelle suppose, suit 
la connaissance, mais ne connaît pas. Or le critère, 
et a fortiori, le critère suprême, fait voir la vérité, l'in- 
dique. Le sentiment, aveugle de lui-même, est cer- 
tainement incapable de jouer ce rôle. 

207. L'évidence est le suprême critère de vérité. 

— Encore une fois ici, par critère, nous enteftdons le 
motif qui détermine notre adhésion à une vérité. — L'évi- 
dence est la splendeur de la vérité, la manifestation de la 



CBITlQtTE 



123 



vérilè à rinUîlîgtni»^ splendeur et manifestation ii;;:;- 
quelles la faculté intellectuelle ne peut pas résister. — 
Le critère suprême de vérité doit réaliser trois condi- 
tions : " Il doit s'étendre à toute vérité, c'est-à-dire 
être universel ; => il doit être le dernier motif pour 
lequel nous adhérons à une vérité ; » en lui-même,. 
et par lui-même, il doit être infaillible. — Or l'évi- 
dence remplit ces trois conditions. — » La vérité devient 
évidente lorsqu'elle brille, se manifeste à l'intelligence. 
L'évidence, c'est donc la vérité elle-même qui s'impose 
à Vesprit, soit d'une façon immédiate, soit d'une 
façon médiate. Par conséquent toute vérité — sans 
exception aucune — se fait admettre à l'intelligence 
parce qu'elle lui apparaît clairement, sans ombre, bref, 
parce qu'elle est évidente. L'évidence s'étend donc à 
toute vérité, elle est universelle. N. B. — Il va sans 
dire qu'il s'ac'" ^eulement des vérités naturelles. ■> 
Lorsque nous .1 . une démonstration, nous n'avons 
qu'un but, c'es \.iriver à la certitude, ou encore, à 
la possession parfaite de la vérité. Et la conclusion, 
nous l'acceptons parce que, grâce à la démonstration, 
elle s'impose, elle est évidente. Là s'arrêtent nos 
recherches. Pourquoi aller plus loin ? Nous avons ce 
que nous voulions. L'évidence de la conclusion est 
donc le dernier motif. •> Parce que dernier motif l'évi- 
dence est infaillible en elle-même et par elle-même. Si 
cette infaillibilité, c'est-à-dire, l'impossibilité de trom- 
per, l'évidence ne l'a pas en elle-même, et par elle-même, 
elle l'emprunterait d'un autre qui, lui, serait le dernier 
motif de notre adhésion. 



124 



LEÇONS DE LOGIQUE 

CHAPITRE XIV 



La science 



2â8. Définition de la science. — La science est une 
connaissance par les causes. C'est ce qu'a exprimé 
Aristote lorsqu'il écrivait : « Nous savons une chose 
d'une manière absolue lorsque nous savons quelle est 
la cause qui la produit, et pourquoi cette chose ne sau- 
rait être autrement.» 

269. Caractères de la science. — Les caractères '!e 
la science sont la certitude et V universalité. La certi- 
tude : le propre de la certitude est d'exclure toute crainte 
d'erreur. Et cette peur de se tromper, quand on sait 
la cause, le pourquoi d'une vérité, n'est plus possible. 
Or la science donne la cause, le pourqoui de ce que l'on 
connaît, h' universalité : la science, étant une con- 
naissance certaine, suppuse de la part de l'intelligence 
un assentiment ferme, stable à la chose connue. Celle- 
ci, pour produire dans l'esprit cette adhésion qui exclut 
toute possibilité d'erreur, doit être aussi stable, im- 
r 'able. Or, dans les choses, ce qui est stable, immuable, 
r ■ ae sont pas leurs qualités extérieures, lesquelles 
changent sans cesse, mais bien leur essence, ce par quoi 
elles sont a qu'elles sont. Cette essence, universellement 
la même, est l'objet de la science. Celle-ci a donc 
l'universalité comme caractère. Ainsi avoir 'a science 
de l'homme, ce n'est pas connaître sa forme extérieure, 
son nom, le milieu où il vit, mais bien, son animalité 
et sa raisonnabilité, les deux caractères essentiels qui 
le constituent comme homme, caractères immuables, 
indépendants de ce qui le fait un tel et qu'on retrouva 
dans tous les hommes. 



CRITiqUE 



12« 



270. La i>ci«nce et les sciences. — La connaissance 
de la vérité par ses causes, s'appelle la science. Mais 
l'ensemble des vérités connues par leurs causes et par- 
tagées en différents domaines se nomme les sciences. 
Ainsi nous avons les sciences théologiques, les sciences 
naturelles, les sciences physiques, les sciences historiques, 
etc., etc. Chacune de ces sciences forme une science 
particulière, laquelle se définit comme suit : un en- 
semble de connaissances certaines, universelles, métho- 
diques, se rapportant à un même objet. 

271. Avant^jes de la science. — Les avantages 
que procure la science sont théoriques et pratiques. 

I. Avantages théoriques.— La science met l'intelli- 
gence en possession de la vérité. Celle-ci, méditée, 
coiâtemplée sans aucune préoccupation d'ordre pratique, 
est pour l'esprit humain une source de jouissances indi- 
cibles, puisqu'elle nous rapproche de Dieu la vérité 
même. La simple vision de la lumière, dit Bacon, est 
quelque chose de plus beau et de plus grand que toutes les 
utilités que nous en retirons. 

II. Avantages pratiques.— Auguste Comte énonce 
les avantages pratiques de la science dans la formule 
suivante : savoir pour prévoir, afin de pouvoir. 

a) La sience nous rend capables de prévoir. — Comme 
la science est ur^e connaissance des choses par leurs 
causes, du moment que les causes sont connues, on peut 
prédire, prévoir les effets qui en découlent nécessaire- 
ment. 

b) La science augmente notre pouvoir. — C'est le pro- 
pre de la science de nous faire connaître les causes. Or 
la connaissance de la cause d'un effet, c'est la connais- 
sance du moyen de produire cet effet, puisque la cause 



126 



LEÇONS DB LOQIQVE 



est ce qui produit ou est capable de produire l'effet. 
Voilà pourquoi, selon Bacon, savoir, c'est pouvoir ">. 

272. Division des sciences. — La raison distinctive 
des sciences c'est le point de vue (objet formel) sous 
lequel elles étudient la matière (objet matériel) qui fait 
le sujet de leurs investigations. Et tout ce qui cons- 
titue l'objet des recherches scientifiques peut être con- 
sidéré sous cinq aspects différents. Les sciences se 
divisent donc en cinq grandes classes bien distinctes 
qui sont la Physique, les Mathématiques, la Métaphy- 
sique, la Logique et la Morale. Chacune de ces classes 
se divisent en plusieurs autres qu'il serait trop long 
d'énumérer ici <•>. 



CHAPITRE XV 

La méthode 

273. Définition de la méthode. — La méthode est 
la marche que doit suivre l'esprit humain pour arriver à 
la possession de la vérité. 

274. Méthode générale et méthode particulière. 

— La méthode générale est'ceWe qui convient à toutes 
les sciences, quelles qu'ellesjsoient. Ex. : Le raisonne- 
ment, la définition, la division. La méthode particu- 
lière est celle qui ne convientfquà certaines sciences. 
Ex. : L'expérience, l'induction. 

275. Méthode analytique et méthode synthéti- 
que. — La méthode analytique est celle qui va de l'effet 



(1) Lahr, Ëlémenta de philosophie scientifique, p. 11. 12. 

(2) Cfr. Lahr., ouv. cit., p. 13 et «uiv. 



CBITIQCE 



127 



à la cause, du particulier à l'universel. Ex. : Quand, au 
tableau noir, le professeur, par un exemple, veut faire 
comprendre à l'élève une règle de grammaire, il em- 
ploie la méthode analytique. La méthode synthétique est 
celle qui va de la cause à l'effet, de l'universel au parti- 
culier. Ex. : Le professeur qui explique d'abord la 
règle de grammaire et se sert ensuite d'exemples pour 
la faire comprendre, emploie la méthode synthétique. 
La méthode analytique s'appelle aussi méthode induc- 
tive, et la méthode synthétique, méthode déductive. 

276. Avantages de la méthode. — La méthode est 
un auxiliaire précieux pour l'intelligence et un excellent 
promoteur de la science. 

" Un auxiliaire précieux. — A l'intelligence ordinaire, 
la méthode rend la tâche moins ardue, elle lui épargne 
des pertes de forces et de temps. A l'intelligence supé- 
rieure, capable par elle-même de trouver plus sûrement 
la voie, elle fait éviter bien des erreurs auxquelles l'ex- 
.pose sa grande facilité. 

'> Un excellent promoteur de la science. — Immenses 
sont les services rendus à la science par la méthode. 
Qui dira tous les progrès réalisés en ces dernières années 
par les sciences expérimentales surtout ? Ne devons- 
nous pas attribuer ces progrès à la méthode inductive ? 
Au dire de Fontenelle (littérateur français, 1657-1757), 
« l'art de découvrir la vérité est plus précieux que la 
plupart des vérités que l'on découvre.» 

Si nécessaire que soit la méthode, n'allons pas dire 
qu'elle prend la place du talent ; celui-ci, elle le sup- 
pose, elle le guide. Les anciens dispient : Les préceptes, 
les règles ne peuvent rien, sans le concours de la nature. 
« D'autre part, le talent ne saurait se passer de méthode. 
Dans la science, 'îomme en toutes choses, le succès 



il 

:ltS 



1:^8 



LEÇONS DE LOOiqCE 



suppose le concours de l'un et de l'autre. . . Toutefois, 
s'il fallait choisir, mieux faudrait encore un peu moins 
de talent avec un p?u plus de méthode.» i" 

277. Lti conditloni d'une bonne uiéthode. — 
■) La méthode doit procéder avec lenteur. La précipita- 
tion est une mauvaise conseillère. Parce qu'ils veulent 
arriver trop vite à la certitude, certains esprits impa- 
tients n'ont jamais des convictions bien fermes. Une 
lage lenteur opère souvent des merveilles. " La mé- 
thode doit être conforme à la nature de la vérité cherchée. 
Il est évident qu'on ne peut pas procéder toujours de 
la mime manière ni exiger, dans toutes les questions, la 
même certitude . Là où seule la probabilité plus ou 
moins grande est possible, contentons-nous de la pro- 
babilité ; dans les questions où une certitude soit mé- 
taphysique soit morale peut être trouvée efiForçons-nous 
d'arriver à ces différentes sortes de certitudes. " La 
méthode doit être brève, claire. Les cliemins trop 
longs et obscurs découragent vite et conduisent rare- 
ment au but désiré. 



(*) Labr, ouv. cit., p. 27. 



CRITIQUE 129 

CHAPITRE XVI 

Let méthode» paTticulière» 

278. Déflnitian do U méthode pkrtlcuUère.— La 

méthode particulière est la marche que doit suivre l'et- 
prit humain pour arriver à la potseasion de telle ou telle 
vérité. La méthode particulière conduit non à la cer- 
titude en général, mais à une certitude spéciale, soit 
métaphysique, soit physique, soit morale. 

279. Lei diairent«8 méthodes particulières.— II 
y a autant de méthodes spéciales qu'il y a différentes 
espèces de vérités à conquérir. Or les vérités peuvent 
se diviser en deux groupes : les vérités d'ordre abstrait 
et les vérités d'ordre concret. A ces deux groupes de 
vérités correspondent deux méthodes distinctes: au 
premier, la méthode déductive, au deuxième, la méthode 
inductive. Celle-ci en effet part du particulier, du 
concret, celle-là part de Vuniversel, de Vabstrait, pour 
arriver, toutes dei'K, àdes conclusions quantitativement 
différentes. 

280. Emploi des méthodes déductive et induc- 
tive. — Dans les sciences abstraites comme les mathé- 
matiques, on fait usage de la méthode déductive. On 
part d'un principe, d'une définition, d'un axiome (l'uni- 
versel) pour résoudre tel problème (particulier). Dans 
les sciences concrètes, comme les sciences physiques, 
naturelles, c'est la méthode inductive qui est en hon- 
neur. Ces sciences sont basées sur l'observation des 
cas particuliers, et de ces cas rigoureusement expéri- 
mentés, on infère une loi générale qui peut s'appliquer 
à tous les phénomènes non encore constatés. Quant 
aux sciences morales, soit sociologiques (science de la 



130 



LEÇONS DE LOGIQUE 



société humaine, de sa constitution, de ses lois), soit 
hUinriquea, elles font usage et de l'induction et de la 
déduction. En résumé nous pouvons dire que les 
sciences métaphysiques sont déduciivei, lea sciences 
physiques inductites, et les sciences morales inducO' 
déductives. 

281. La meilleure méthode. — Quelle est la meil- 
leure méthode ? Les uns voient dans Vinduction, la 
uule, la rraie méthode. En général, c'est ce que 
croient les physiciens, les naturalistes, et tous ceux qui 
ont voué un culte aux sciences expérimentales. D'au- 
tres donnent leurs préférences & la déduction. Ce sont 
les mathématic' 'is, et, en> générai, ceux qui ne voient 
dans la leule e' :i ire raison que l'unique moyen d'ar- 
river au vrai. Ces deux opinions extrêmes ne sont 
pas l'expression exacte de la vérité. Celle-ci réside 
dans un juste milieu. Aussi, bien que l'induction 
convienne à certaines sciences, et la déduction à d'au- 
tres, cependant la meilleure méthode est celle qui est à 
la fois inductive et déductive. En effet, la méthode induco- 
déductive répond le mieux à la nature humaine. Com- 
posés de corps et d'âme, nous percevons par nos sens 
d'abord et par notre intelligence ensuite. Les sens 
connaissent k sensible, le concret et l'intelligence perçoit 
l'abstrait, l'universel. A la connaissance sensible cor- 
respond l'induction, à la connaissance îiitellectuelle, la 
déduction '". 

La méthode induco-déductive est employée dans la 
première et la plus utile des sciences, la philosophie. 

282. La méthode scolastique. — La méthode 
scolastique — méthode de l'école — est celle qu'ont 



(1) Cfr. FargM et Barbedette, ouv. c pp. 236-237. 



CRITIQUE 



131 



«mployée les grands docteurs du moyen âge dans l'ex- 
position et la défense de la vérité. Elle ron.si.ite à faire 
usage tour à tour et de Vinduction et de la déduction. 
Elle est basée .sur ce princi|)C : La connaimance intel- 
lectuelle suppose toujours la connaissance sensible. Son 
procédé est généralement le syllogisme qui, sagement 
employé, rend de précieux services. Il ne faut pas 
confondre la méthode scolastique avec la philosophie 
ecolastique. On peut faire de la philosophie scolastique 
■ans se servir de la méthode scolastique, et réciproque- 
ment. La philo.S()phie scolastique se caractérise par les 
solutions données aux différents problèmes qui intéres- 
sent Dieu, le monde et l'âme humaine '". La méthode 
scolastique est la manière d'exposer ces solution; 
Cette manière est ordinairement le syllogisme. Parte 
que inductive et déductive, la méthode scolastique est 
donc la meilleure méthode. 



CIr. A. Robert, HUtoire de U philoiophie, pp. 131-137. 



Fin 



TABLE DES MATIÈRES 



Av«nt-Prop« y 

INTRODUCTION 

No» ,40„ 

1. Définition de I* pliilosopliie 1 

2. Objet de U philoaophie 1 

8. Utilité de la philoaaphie 2 

4. Division de la philoaophie 5 

LOGIQUE OU PHILOSOPHII' KATIONXELLE 

5. Définition de U Logique q 

6. La logique : science et art 

7. La logique e«t une science pratique 6 

8. Objet de la logique 7 

9. l ulitÉ de la logique 7 

10. Uiviiion de la logique Q 

LOGIQUE FORMELLI-; OU DIALECTIQUE 

11. Définition de la Dialectique 10 

12. Diviaion de la dialectique 10 

CHAPITRE PREMIER 

La nmfU apprlheiuion 

13. Définition de la limple appréheniion. , , H 

14. Définition de l'idée ,', u 

Ifi. Idée et image H 

16. Compréheniion et eztenaion de l'idée 12 



134 



TABLE DES MATIÈRES 



Noi PAOBB 

17. Idie intuitive 12 

18. Idée sbatractive 12 

19. Idée directe 13 

20. Idée réflexe 13 

21. Idée positive 13 

22. Idée négative 13 

23. Idée abstraite 13 

24. Idée concrète 14 

26. Idée réelle 14 

26. Idée logique 14 

27. Idée distributive 14 

28. Idée collective 14 

29. Idée univoque 14 

30. Idée analogue 15 

31. Idée transcendentale ' 15 

32. Définition du terme 15 

33. Terme en philosophie et en grammaire 15 

34. Emploi des termes 16 

APPENDICE 

Un peu d'analyse 18 

Définition des prédicables et des prédicaments 18 

H y a cinq prédicables 19 

II y a dix prédicaments 20 

Classification des prédicables 21 

Genre suprême et genres subalternes 22 

Espèces et différences 22 

A quoi se résume la théorie des prédicables et des prédi- 
caments 23 

CHAPITRE II 

La Définition 



35. Nature de la définition 24 

36. But de la définition 24 

37. Définition nominale 24 

38. Définition réelle 24 



TABLE DES MATIÈRES 



135 



Nos PAGES 

39. Définition essentielle., 24 

40. Définition descriptive 25 

41. La définition doit être claire et juste 26 

42. La définition ne doit pas être négative ni trop longue. . . 25 

43. La définition essentielle doit être formée du genre pro- 

chain et de ta différence spécifique 26 

CHAPITRE m 



La Division 

44. Nature de la division 27 

45. Le tout 27 

46. Le tout actuel et potentiel 27 

47. Le tout moral 28 

48. La division doit être complète 28 

49. Les parties du tout doivent être distinctes entre elles 28 

50. La division doit être brève et immédiate 28 



CHAPITRE IV 



Le Jugement 

51. Définition du jugement 29 

52. Rêle du jugement 29 

53. Le jugement immédiat 29 

54. Le jugement médiat 29 

55. Le jugement analytique 30 

56. Le jugement synthétique 30 

67. Comment se i jrme le jugement 30 

58. La proposition 30 

69. Opposition des propositions 31 

60. Opposition contradictoire 31 

61. Opposition contraire 31 

62. Opposition sous-contraire 31 

63. Opposition subalterne 32 

64. Tableau des^quatre oppositions 33 



136 



TABLB DE8 If ATI^RES 



Nos PAon 

55. Règlea de l'opposîtion des propositions 32 

66. Lft conversion 33 

67. La conversion simple 33 

68. La conversion par accident 33 

60. La conversion par contrapositîon 34 

70. Règles de la conversion des propositions 34 

CHAPITRE V 



Le roMonnemenf 

71. Définition du raisonnement 35 

72. Le raisonnement est un acte parfait et imparfait 36 

73. La matière du raisonnement 36 

74. La forme du raisonnement 36 

76. Différences entre la conséquence et le conséquent d*un 

raiwnnement 36 

76. Principes du raisonnement 37 

77. Le raisonnement suppose une vérité immédiate 37 

78. Espèces de raisonnements 37 



CHAPITRE VI 



79. 
80. 
81. 
82. 

83. 



84. 



86. 



Le ej^logisme 

Définition du syllogisme 30 

Terminologie du syllogisme 30 

Lois du syllogisme 40 

Première loi des termes : Trois termes sont exigés : le 

grand, le p'^tit et le moyen terme 41 

Deuxième loi des termes : Les termes, dans la conclusion, 

ne doivent pas avoir une extension plus grande que 

dans les prémisses 41 

Troisième loi des termes : Le moyen terme ne doit jamais 

être dans la conclusion 42 

Quatrième loi des termes : Le moyen terme doit être 

universel au moins une fois 43 



TABIiB DES MATliBES 



137 



Nm 



87. 



80. 

90. 
01. 
92. 
93. 
94. 
96. 
96. 
97. 



PAOU 

Première loi dei propoeitîoiu : Si les deux prémUies lont 

négmtivea, pu de concliuion pouibte 44 

Deuxième loi de> propoiitiou : De deux prémiuei 

affirmatives on ne peut déduire une conclusion négative 44 
Troisième loi des propositions : On ne peut rien con- 
clure de deux prémisses particulières 45 

Quatrième loi des propositions ; La conclusion suit la 

partie la plus faible 40 

A quoi sert le syllogisme 47 

Figures du syllogisme ^ 47 

Différentes espèces de figures 47 

Première figure du syllogisme 48 

Deuxième figure du syllogisme 48 

Troisième figure du syllogisme 48 

Modes du syllogisme 48 

Conclusion directe et indirecte 49 



CHAPITRE VII 



Différentes egpice» de tyllogitmeg 

98. Syllogisme scolastique 49 

99. Syllogisme oratoire 49 

100. Syllogisme simple SO 

101. Syllogisme composé 50 

102. Syllogisme absolu 50 

103. Syllogisme modal 50 

104. Syllogisme mixte 51 

106. Syllogisme catégorique 51 

106. Syllogisme hypothétique 51 

107. Lois du syllogisme conditionnel 51 

108. Lois du syllogisme disjonctif 52 

109. Lois du syllogisme conjonctif 54 

110. Enthymène 54 

111. Épichérème 55 

112. Sorite 55 

118. Polysyllogisme 55 

114. Le dilemme 58 

116. Lois du dilemme. 56 



138 



TABIjIS des MATlJlBBIt 



CHAPITRE VIII 

L'induction 
vT vAtta» 

116. Définition de l'induction * 

117. Induction complète ™ 

118. Induction Incomplète ^ 

119. Induction scientifique ^ 

120. Induction vulgaire *? 

121. Les phases de l'induction scientifique » 

122. Lois de l'induction scientifique 80 

123. Fondement de l'induction scientifique w 

124. Induction et déduction 

CHAPITRE IX 

Le tyllogiim' démonttratif 

A2 

125. La démonstration •" 

126. Démonstration parfaite ** 

127. Démonstration imparfaite °* 

128. Démonstration à priori.. ^ 

129. Démonstration à posteriori ^ 

130. Démonstration directe ™ 

131. Démonstration indirecte ^ 

132. Rétorsion de l'argument ^ 

133. Démonstration rationnelle °* 

134. Démonstration empirique ** 

135. Démonstration mixte ** 

136. La démonstration produit la science <>* 

CHAPITRE X 



ie êyllogitme probatU et tophiriique 

137. Le syllogisme probable 

138. L'analogie ^ 

139. L'hypothèse 

140. La statistique 



TABLB Om MATliBUS 



13» 



rAoa 

Nos ga 

141. Valeur dei «gument» prob»blM 

142. Le «ophisme gg 

143. DivUion dei aophùmei ^ 

144. L'équivoque.. " g^ 

146. L'amphibologie ^^ 

146. Sophiime de «en» compo»* ^^ 

147. Sophi»me de «em divi«* 

148 SopIii«me d'accident i "■" 1 

149. L'affirmation relative priae pour l'affirmation .b«lue et ^ 

réciproquement -g 

160. Igrnoraj'îedelaqueition ^ 

161. Pétition de priucipe ^ 

162. Cercle vicieux gj 

163. La fausse coniéquence ^ 

164. Ignorance de la cause ^ 

156. L'interrogation captieuse ^^ 

166. Lespréjugés ^^ 

167. Le paradoxe 

LOGIQUE APPLIQUÉE OU CRITIQUE 

72 
158. Définition de U «antique ^ 

169. Importance de la critique ^ 

160. Divisions de la critique 

CHAPITRE PEEMIEE 



La ttriU 

73 

161. Définition de U vérité V,;.!;" ' lli" " tu 

162. Vérité ontologique - Vérité logique - Venté morale. ...73 

163. La vérité conmate dans un rapport '° 

164. La vérité est l'objet du jugement 

165. Toute vérité dépend de Dieu 

166. L'opposé de la vérité 76 



140 



TABLB DM MATliBBa 



CHAFITBE II 

Lu iiftrerUt» attitudft de Veaprii Auniatn en préeenee de ta eiriti 

No* PAon 

167. liCt niioiu de cei diSirentea attitude* 76 

168. Ln ànq «ttitudei de l'intelligence 76 

169. L'igDonnce 77 

170. Ignorance négative et privative 77 

171. Ignorance vincible et invincible 77 

172. Ignorance coupable et excuaable 77 

173. Lei cause» de l'ignorance 78 

174. Ledoute 78 

17fi. Le doute négatif et positif 78 

176. Le doute méthodique 78 

177. Les causes du doute 78 

178. Leioupion 79 

179. L'opinion 79 

;80. La probabilité 79 

181. Probabilité intrinsèque et extrinsèque 79 

182. Probabilité mathématique et morale 80 

183. La certitude 80 

184. L'erreur 81 

186. Les causes de l'erreur 81 

186. Remèdes à l'erreur 82 

CHAPITRE m 



La certitude 



187. Définition de la certitude 83 

188. Certitude et vérité 83 

189. Cause de la certitude 83 

190. L'évidence 84 

191. Svidence immédiate et médiate 84 

192. Ëvidence intrinsèque et extrinsèque 84 

193. Certitude métaphysique 84 

194. Certitude physique 85 

196. Certitude morale 85 

196. Certitude de sdence 86 



TABLB DES MATliBBS 



141 



Noi FAOn 

197. Certitude de (oi 8S 

198. Certitude vulgaire et philosophique 86 

199. Lei degrés dani )« certitude 85 

200. Certitude et erreur 86 

301. A quoi se ramèue le problème 86 

CHAPITRE IV 

La tolution agnottique 

202. L'agnosticisme ,-i' ST 

203. Agnosticisme et certitude 88 

204. Critique de l'agnosticisme 88 

CHAPITRE V 
La totulion Keftique 

205. Le scepticisme 89 

206. Le scepticisme dans l'histoire 90 

207. Critique du scepticisme 90 

208. Quelque ; objections 91 

209. Le doute cartésien 92 

210. Le doute cartésien est un doute réel 93 

211. Critique du doute artésien 94 

212. Le scepticisme absolu et le scepticisme hypothétique .... 95 

CHAPITRE VI 

La solution dogmatique 

213. Le dogmatisme 96 

214. Les preuves du dogmatisme 96 

216. Les vérités qui s'imposent 97 

CHAPITRE VII 

£es faculté» eogniiive» tetuibUs 

216. Les facultés 89 

217. Les facultés cognitives sensiblu. 89 



É 



142 



TABLB DIS MATliRia 



Nos rAon 

218. Objet propre de chaque md* M 

218. Leeeniible 9b 

220. Emura do Mni 90 

221. Véracité de» khi externei 100 

222. Vérmcité des sens internes 102 

223. Vinciti de U conscience 102 

CHAPITRE VIII 

Lêêfaeuttéi eogniiivft intetleetuelUê 

224. L'intelligence et U raison 103 

225. V«raciti de l'intelligence 103 

226. L'universel 104 

227. V«racit« de la raison 105 

CHAPITRE IX 

L'auloriU 

228. Définition de l'autorité 100 

229. Les éléménU de l'autoriti 106 

230. L'autorité divine et l'autorité humaine 106 

231. Foi, témoignage, témoin 106 

232. Fait, dogme 107 

233. L'autorité produit la certitude 107 

234. Importance du témoignage 107 

CHAPITRE X 

L*autoriii humaine 



235. Le consentement universel 100 

236. Objet du consentement universel 109 

237. Le consentement universel est un moyen d'arriver à la 

certitude 109 

238. Lé témoignage oral produit la certitude 111 

239. Le témoignage monumental 112 



TABLB DBB MATIÈRCS 



143 



CHAPITRE XI 

L'ttuloriU humain» (âuilt) 

Noi ,^,„ 

240. Le Mmoignage hUtorique 112 

241. AuthenticiU, inUgrité, vtnciU [ 112 

242. Critique hiitoriqne 113 

243. La valeur du témoignage hiatorique 113 

244. Lea preuvea de l'authenticité d'un livre 113 

246. Lea preuves de l'intégrité d'un livre 114 

246. Lea preuvea de la véracité d'un livre 114 

247. Le témoignage hiatorique produit la certitude 114 

248. La certitude du témoignage historique eit une certitude 

morale jjr 

249. Lé témoignage doctrinal II5 

CHAPITRE XII 

L'auloriU dirine 

250. La révélation Hg 

251. La révélation est possible Ug 

262. La révélation est absolument et moralement nécessaire. . 116 

263. L'autorité divine produit la certitude ng 

264. La certitude divine est une certitude métaphysique 117 

266. Le rationalisme Hy 

266. La science et la foi Hg 

CHAPITRE XIII 



Le critèrt de ttriU 

267. Définition du critère Hg 

268. Différentes sortes de critères II9 

259. Extension du critère Hq 

260. Critère des vérités médiates 120 

261. Le suprême critère de vérité 121 

262. Le fidéisme 12i 

263. Le traditionalisme 12i 



144 



VABUI BH MATIÉBM 



Nm ' ' WAum 

9M. 1 ««■■fcimli»» Ul 

TU. LlullMt iaviadbU m 

aiM. LamUarataUnu 113 

387. L'érMmn Mt le supiém* critin d* tMU UB 



CHAnTRK XIV 



9S8. DMaitioa de U Hinm IM 

,9W. CaneUm de U KieiiM IM 

370. L* Mieiioe et les •cieoeei 136 

371. ATanUfea de U ecieBce 136 

373. Divieion dei icieDcee ^ U6 

CHAPITBS XV 

Im mMuiilf 

378. DéSiiitkm de U mMliode <*« 

374. lUtbode géDinle et mithode perUcnlUra ) 

375. liéthode siialjrtique et m<thode lynthMique ^t 

376. Avuitafei de U méthode l37 

377. IiCi conditiou d'une bonne métliode 198 

CHAPITRE XVI 

Lu mH kti f ê pariietUiint 

378. Oifinition de U niétiiode putienlièra 138 

379. Le* diCétente* ithoda puticuliènt 138 

380. EmpM dei métu,id«* déductiTe et indniitive 139 

381. Ln mefllenn mMbode 180 

383. La mCtliode ecohutique 180